Le syndrome de Peter Pan

Chapitre 7 : 7 Juin

Par DarkSpielberg

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- T’es vraiment trop nul !

- Merci je suis au courant.

- T’a eu plus d’occasions que dans une vie entière et tu les a toutes laissées s’échapper comme du vent. J’y crois pas !

- Martin, tu sais que j’aurais foncé si j’étais sur qu’il y avait une continuité après cela.

- Les relations durables se font rares maintenant, c’est déjà assez dur de trouver quelqu’un.

- On trouvera bien, sur 60 millions y’a bien quelqu’un pour toi et quelqu’un pour moi.

- Oh oui, des milliers, mais des moches !

- Au point où on en est je crois qu’il ne faut plus trop compter sur l’apparence.

- Autant se taper une pute !

- Fais ce que tu veux de ton argent mais moi je préfère attendre.

- Tu peux attendre longtemps alors !

- Si le destin en décide ainsi.

- Il faut le bousculer ton maudit destin, on a rien sans rien !

- On ne peut pas, tout est prévu d’avance, c’est comme ça !

- Ouais, que la Force soit avec toi.

- Je suis sérieux.

- Je n’ai jamais cru au destin et je n’y croirais jamais. Je fais ma vie, un point c’est tout.

- Mais quand tu regarde le passé, tu ne te dis pas que tout ce que tu a vécu, tous ces virages dans ta vie qui t’ont conduit ici t’ont rendu heureux ?

- Ca n’a rien à voir.

- Pose toi la question : si tu n’avais pas fait ou dit telle chose à tel moment, que serais-tu aujourd’hui ?

- Je préfère ne pas y penser.

- Tu devrais.

- T’arrive pas à accepter ce que tu es alors tu te projette toutes ces alternatives.

- En fait je voudrais revenir dans le passé pour changer quelques détails, mais je dois vivre au présent.

- Si tu regrette ton passé et que tu a peur de l’avenir, tu ne pourra rien faire de bien et tu gâchera ta vie.

- J’ai peur de changer.

- Tu ne changera pas si tu ne le veux pas !

- Mais les épreuves de la vie nous changent tous.

- Ce n’est pas écrit. Tu oublie une chose dans ton raisonnement Thomas, une chose capitale : tu a le choix.

- C’est vrai.

- Notre amitié n’est pas un hasard.

- Un peu.

- Non, je dois bien l’avouer, sans toi je ne sais pas où j’en serai à présent.

- Tu es gay ?

Nous éclatons de rire.

- Je suis sérieux, dit-il. T’es le seul à me comprendre dans les moments les plus sombres. Si ça se trouve je te dois la vie.

- Arrête.

- Tu sais quand tu aura 18 ans…

- Arrête tout de suite !

- Il faut bien en parler, c’est inévitable.

- Je n’ai rien à dire là-dessus.

- Mais qu’est-ce qui t’angoisse tellement avec ça ? Tout le monde crève d’envie d’être majeur, moi le premier !

- Je ne serai plus un enfant.

- C’est dans la tête que ça se passe.

- C’est entrer dans un autre monde. La tristesse, la colère, la haine, voilà ce qui m’attend.

- Et l’amour alors ?

- L’amour ? Quel amour ? Enfin merde, t’a vu les filles de maintenant ? Si tu reste avec un seul jour t’a battu le record du monde.

- Hélas, mais à part ça tu n’a aucune raison de t’inquiéter, tu travaille, tu es sympa…

- Oui.

- Dis-toi que 18 ans ce n’est qu’un nombre de plus au compteur !

Il se lève.

- Allez on y va.

- Où ?

- En boite !

- Tu va en boite toi ?

- Qu’est-ce que tu crois c’est le meilleur endroit pour choper.

- C’est dangereux aussi.

- C’est toujours mieux que de rester devant son p.c à attendre une réponse de Meetic !

- Je n’ai rien à faire là-bas !

- Tu veux quelqu’un oui ou non ?

Je ne réponds rien.

- Viens.

- Ils me laisseront pas entrer.

Il me regarde.

- Ouais c’est vrai il faut faire quelque chose pour les fringues, je dois avoir ce qu’il faut.

- Je le sens mal ton coup.

- T’a pas le choix, c’est la solution d’urgence.


La discothèque se situe à environ 500 mètres de chez Martin, au cœur du centre-ville. Il y a du monde mais la file d’attente se décompose rapidement grâce aux deux armoires à glace postées devant l’entrée.

- Allez viens, dit Martin.

Nous nous mettons dans la file, j’entends le rafut régnant à l’intérieur, je prie mentalement. Notre tour arrive.

- Foutez le camp on accepte pas les minos.

- Mais…

- Dégagez !

Nous sommes mis à l’écart.

- Et bien comme ça le problème est réglé !

- Eh, vous voulez rentrer les gars ?

Nous levons les yeux sur des jambes magnifiques, une peau de velours, une petite poitrine parfaite et un visage angélique aux cheveux blonds.

- Euh…oui, dit Martin avec peine.

- Venez avec moi j’ai personne.

Martin et moi nous regardons.

- D’accord.

Nous l’accompagnons jusqu’aux videurs.

- Fallait le dire qu’ils étaient avec toi Laure, bonne soirée !


Pour la première fois de ma vie (et j’espère bien la dernière) j’entre dans ce temple infernal qui ressemble plus à une usine robotisée qu’à un lieu de divertissement. Je sens que mes oreilles vont tomber et que mes yeux vont exploser. Je veux sortir.

- Je veux sortir.

- Quoi ? Demande Martin en hurlant.

- Je ne me sens pas bien.

- J’entends rien !

- C’est pas grave.

Tout en avançant à travers la foule agitée je remarque bon nombre de jeunes une bouteille à la main, ivres de luxure et d’autres cherchant à abuser ou à se débarrasser de la poudre blanche névralgique. L’enfer !

Je transpire, mon cœur bat la chamade. Je vais mourir !

Je me retourne vers Martin mais il n’est plus là, ni la jeune fille. Le con ! Lui il s’éclate au moins !

J’avance péniblement, espérant le retrouver au moins par accident, au passage je bouscule un jeune.

- Pardon.

- Eh conneau tu veux ta branlée ?

- Non, merci.

Je continue d’avancer, les multiples faisceaux lumineux m’aveuglent, je bouscule une autre personne, une brune très bien foutue.

- Pardon.

- Pas grave, eh ! C’est toi Thomas ?

- Oui, comment…

- Laure m’a parlé de toi, elle avait raison t’es plutôt mignon.

- Ouais ?

- Oui, tu veux pas venir avec moi dans un coin plus tranquille ?

- …bien sûr.

Elle me guide jusqu’aux toilettes, très sales mais bon, à côté j’entends des cris de joie. C’est Martin !!

- Ton copain s’occupe de Laure, tu t’occupe de moi ?

- Je…

Elle enlève son t-short, elle n’a pas de soutif, sa poitrine est magnifique. Elle prend ma main pour la poser dessus. Elle baisse mon jean et voit mon engin, elle commence à l’entretenir, l’enfer se transforme en paradis, mais pas pour longtemps. Elle s’arrête.

- Qu’est ce qu’il y a ?

- J’espère que t’en a profité.

Elle quitte alors les toilettes en feignant de pleurer. Je me rhabille et sors, plusieurs jeunes se mettent face à moi.

- Salut.

Pour réponse je reçois un coup de poing dans la tempe droite, je tombe sur le dance-floor.

- Sale fils de pute tu va crever pour ce que tu lui a fait.

- Qu…

Je reçois un enchaînement de coups de pied, quelqu’un d’autre souffre : Martin est aussi à terre.

- On va vous montrer ce qu’on réserve aux gens de votre espèce.

Martin se relève et se bagarre avec le mec le plus proche, il a le nez éclaté. Les videurs arrivent, un l’emmène tandis que l’autre me relève.

- Merci mon Dieu !

Martin se débat encore.

- Lache-moi, lâche-moi !!

Nous sommes jetés douloureusement hors de la boite. Martin se relève vite, ivre de colère.

- Sale pute !!

Je me relève à mon tour et repense à la brune.

- Dommage.

Martin se retourne vers moi.

- C’est de ta faute tout ça, si je ne t’avais pas eu dans les pattes j’y serais arrivé.

- Quoi ? Tu déconne ! T’a bien vu que c’était des allumeuses. J’ai rien à voir avec ça !

- Dégage, arrête de dire que t’es mon ami.

Il s’en va.

- Parfait !





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