Histoire écrite en réponse au défi Nocteller de Entrelaceur : Et si raconter une histoire correctement devenait… interdit ? Votre mission (si vous l’acceptez)
Tout commence dans un palais étincelant de la côte méditerranéenne, rempli de colonnes en marbre et de banquets où l'on sert beaucoup trop de vin tiède. Un jeune prince au brushing impeccable et à la mâchoire si carrée qu'elle pourrait servir d'équerre, décide que la meilleure façon de remercier son hôte est de s'enfuir avec sa moitié. La dame en question, dont la beauté est censée avoir lancé mille navires (un budget carburant colossal), accepte ce « kidnapping consenti » avec un enthousiasme suspect. Forcément, le mari délaissé, un barbu colérique vivant dans une demeure un peu austère, n'apprécie pas la plaisanterie. Il appelle son grand frère, un monarque dont le hobby principal est de conquérir tout ce qui possède un code postal et de porter des cuirasses en or massif pour masquer un complexe de supériorité évident. Ensemble, ils louent une flotte de bateaux de pêche customisés pour une opération de récupération un peu musclée.
Quelques temps plus tard (le temps de trouver une place de parking sur la côte), l'ambiance sur la plage est devenue franchement électrique. Le décor ? Des milliers de tentes poisseuses, des barbecues de campagne qui fument et une odeur persistante de sueur et de défaite. Le meilleur combattant de l'équipe, un athlète blond aux pectoraux d'acier qui passe son temps à s'entraîner avec des sacs de sable pour la gloire éternelle, fait une crise existentielle monumentale. Parce qu'on lui a piqué sa captive préférée, il décide de se mettre en retrait dans sa tente pour bouder. Il peaufine son bronzage avec une arrogance olympienne, écoutant le bruit des boucliers qui s'entrechoquent dehors. C'est l'histoire d'un homme qui refuse de retourner au bureau tant qu'il n'a pas reçu d'excuses écrites sur parchemin, laissant ses collègues se faire laminer sous un soleil de plomb par des locaux qui défendent leur jardin avec une hargne de syndicalistes.
L'intrigue prend un tournant tragique à cause d'un problème d'usurpation d'identité dans la zone industrielle des remparts. Un cousin un peu trop fan de cosplay, espérant booster le moral des troupes, enfile l'armure du gréviste. Mauvaise idée. Dans la poussière étouffante du champ de bataille, il tombe sur le champion local, un prince sérieux, père de famille exemplaire et expert en maniement du bronze. Le champion local ne fait pas dans la dentelle et renvoie le stagiaire au vestiaire, de manière définitive. La suite ? Une crise de nerfs du gréviste blond qui sort enfin de sa tente pour organiser une séance de running extrême. Cela ressemble plus à un rallye sauvage autour d'un parking qu'à un duel héroïque, se terminant par un traitement de faveur assez rude pour les articulations du perdant, traîné derrière un char comme un vulgaire sac de courses oublié sur le toit d'une voiture.
Épuisés par ce camping sauvage sans accès aux sanitaires, les visiteurs décident de jouer la carte de la psychologie inversée. Ils construisent un grand jouet en bois, une sorte de poney géant en kit, le déposent devant la porte monumentale de la ville et font semblant de rentrer chez eux. Les gardes de la cité, dont le sens critique a été sérieusement émoussé par dix ans de privation de sommeil, admirent le travail de menuiserie. Ils se disent que c'est une excellente idée de faire entrer ce meuble massif de 15 tonnes dans leur salon fortifié sans passer par la case rayons X. La suite prouve qu'un bon verrou à l'intérieur ne sert à rien si on laisse entrer le loup (ou une escouade de barbus armés) dans la bergerie. La ville finit en barbecue géant, et tout ça pour un litige de voisinage qui aurait pu se régler avec un simple médiateur.
Moralité : Ne jamais accepter une livraison gratuite, même avec l'option « montage inclus », si vous n'avez pas commandé l'article sur Amazon-Antique.
Tu as reconnu ce blockbuster plein de muscles, de sandales et de menuiserie créative ?