Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 167 : Le livre d'enfance d'Hunter

Par bzllrose

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Chapitre 167 : Le livre d’enfance d'Hunter


Ce n’est qu’une fois que nous sommes calés dans le lit après notre douche revigorante que mon cerveau se remet en marche.

-         Je n’en reviens pas…, murmure-je.

-         Moi non plus… mon petit chat qui se lance dans les affaires ! rit-il.

-         Arrête, je ne me lance dans rien du tout, ce sont tes affaires, c’est toi qui as tout fait, qui va tout gérer et qui récupèrera l’argent… Mais quand même, c’est dingue… Et je suis si heureuse pour les Sinclair, merci de leur permettre de prospérer.

-         Il faudra que tu les appelles dans les jours qui arrivent. Ils étaient très étonnés d’apprendre que c’était toi qui achetais des actions chez eux, je leur ai expliqué que tu croyais en eux, que tu ne voulais pas les laisser tomber et que j’ai donc écouté ma fiancée

Il me regarde en souriant et je rougis jusqu’en haut des pommettes :

-         Je dois passer pour une fille pourrie gâtée… Quelle horreur… Princesse Hestia désirait alors Prince Hunter lui a vite acheté ses douze poneys… J’ai honte, on parle de centaines de milliers d’euros… je n’en veux pas…, chuchote-je.

-         Bien sûr que non, tu es leur sauveuse, ils veulent simplement te remercier… et il faudra bien que tu les appelles régulièrement, ils risquent de te convier à venir voir leurs nouvelles machines, à toutes les futures grandes étapes de l’entreprise…

-         Comment ça ?

-         Je possède des tas d’entreprises, mais tu n’as des parts que dans celle-là, qui est en plus une entreprise très chaleureuse… il y a fort à parier qu’ils t’inviteront sans cesse à la menuiserie… Est-ce que tu imagines que tu es la personne qui leur permet de poursuivre leur activité familiale ? Est-ce que tu réalises que tu es leur marchande de rêve… ?

-         Non… absolument pas… Ils te le doivent entièrement Hunter, je n’ai rien fait…

-         Si tu n’avais pas été là, j’aurais choisi les Alimentaires et l’histoire aurait été terminée, évidement que tu as eu un énorme rôle là-dedans… j’aurais sans doute fait un testament pour couvrir tes arrières et voilà… Alors que tu as passé des jours à me parler d’eux, à me démontrer à quel point il était important que j’investisse en eux…

-         Ça suffit, je ne sais même pas pourquoi nous abordons des choses pareilles. Tu n’aurais jamais dû avoir à me mettre dans ton testament, ni à m’acheter des actions chez eux… c’est n’importe quoi Hunter, plus nous en parlons et plus je panique… je ne veux pas être une princesse pourrie gâtée, ton argent est à toi, je n’ai rien à voir là-dedans, tu n’as pas à me mettre à l’abri ! couine-je.

-         Bien sûr que si, tu es l’amour de ma vie Hestia. Nous ne sommes pas ensemble depuis très longtemps, mais je suis absolument sûr de moi, de nous, de ce que je ressens pour toi… Notre discussion sur ma mortalité m’a simplement fait ouvrir les yeux, mais en soit, mon armée de Winston me pousse à faire un testament depuis bien longtemps.

-         Pourquoi ça ?

-         Parce que c’est ce qui se fait lorsqu’on a autant d’argent que moi… mais je n’avais pas envie de me pencher là-dessus. Je savais que si je venais à mourir, l’entreprise reviendrait entièrement à Winston et c’est très bien comme ça. En revanche, ce déclic m’aura permis de mettre les gens que j’aime à l’abri au cas où, et puis je verrai un jour ou l’autre pour un testament… Nous serons peut-être mariés d’ici là… Nous verrons bien.

-         Les ? m’étonne-je.

-         Bien sûr, je n’ai pas acheté des poneys uniquement à mon petit cœur d’amour, j’ai aussi assuré Eden et ses parents.

Je tourne la tête pour le regarder, la mâchoire décrochée et des étoiles plein les yeux :

-         Vraiment ?! couine-je.

-         Evidemment, Eden est comme mon frère et ses parents comme les miens… Ils prenaient soin de moi quand j’allais les voir régulièrement pendant le lycée et ils le font toujours maintenant que j’y vais moins… J’ai encore eu sa mère au téléphone ce matin…

-         Je trouve ça… tellement adorable de ta part. Quelles entreprises ont-ils eu ?

-         De l’immobilier, mais je ne voulais pas t’imposer ça. En cas de problème, tu aurais dû gérer les visites, les locataires… je préférais que tu n’aies rien à gérer de ce genre, tu aurais paniqué… Alors qu’en te donnant ces parts, tu pourrais les gérer avec Winston et Lia, des gens que tu connais et apprécies… ça me paraissait moins terrifiant pour toi, explique-t-il en m’observant tendrement.

Je l’observe, muette, soufflée par l’homme prévenant en face de moi. J’ai beau parcourir son visage encore et encore, je ne peux toujours pas croire à ce qu’il m’est tombé dessus il y a quelques mois, à la chance inouïe que j’ai finalement eu après un départ difficile dans la vie.

-         Mais comment peux-tu être aussi parfait Hunter Grimmal… ? souffle-je finalement.  

-         Et vous donc ma future Madame Grimmal ? réplique-t-il avec un sourire jusqu’aux oreilles.

Je rougis encore plus vivement que tout à l’heure et je réceptionne en ronronnant ses joues lorsqu’il se penche pour m’embrasser. Il me fait déjà tourner la tête, je ne pense plus qu’à lui et à tout ce qui le caractérise lorsque je me détache de ses lèvres vivement :

-         J’ai une surprise pour toi moi aussi ! m’exclame-je.

-         Ah bon… ? Mais en quel honneur ? s’étonne-t-il.

-         Parce que je t’aime voyons !

Je me tortille pour ouvrir ma table de nuit et j’en sors mon cadeau, que je lui tends alors qu’il a les yeux immenses sous la surprise.

-         Je te préviens, ce n’est pas aussi incroyable que la moitié d’une entreprise ! pouffe-je.

Il me lance un regard rieur, mais je jubile de voir l’éclat d’excitation dans ses yeux lorsqu’il s’attaque au papier cadeau. J’ai la tête dans une main et nous sourions comme deux idiots tandis qu’il met un temps fou à l’ouvrir, sans doute parce qu’il est timide.

Lorsqu’il découvre le livre de son enfance dedans, il perd son sourire et le fixe une seconde ou deux avant de poser deux doigts sur ses lèvres. Je le laisse vivre son émotion sans moufter, je le laisse atterrir, intégrer ce qu’il a entre les mains et la tempête que ça crée visiblement en lui. Il finit par hocher doucement la tête, sans détacher son regard de la couverture :

-         Alors là… là Hestia… je ne sais même pas quoi te dire…, murmure-t-il d’une petite voix.

-         Ce n’est pas le tien… mais j’imaginais que si je te l’offrais… peut-être que ça lui donnerait une petite valeur sentimentale et que tu serais heureux de pouvoir le relire, explique-je d’une voix douce.

-         C’est… le cas, articule-t-il simplement de sa voix tremblante.

Je le sens au bord des larmes, je n’imaginais quand même pas que mon cadeau le toucherait à ce point et je me tortille pour aller me blottir contre lui. Il s’allonge dans les oreillers pour me prendre sur son flanc dans un bras, tandis que le deuxième tient le livre devant lui, qu’il fixe toujours. Je le câline au moins cinq minutes dans le silence, en passant ma main sur son ventre avec douceur et il me serre fort contre lui quand il retourne le livre pour en lire la quatrième de couverture, qui rallume sans doute tous ses souvenirs.

-         C’est vraiment mon livre préféré… Je te remercie du plus profond de mon cœur Hestia, pour avoir réussi à me remettre ce livre entre les mains de la seule façon que j’aurais pu accepter…

-         Mais de rien mon amour, je suis enchantée que tu sois si heureux…

-         Je suis plus qu’heureux, crois-moi, je n’ai même pas les mots pour te dire ce que je ressens. Je crois que… j’ai déjà envie de le lire… Ça te dérange ? demande-t-il timidement.

-         Absolument pas, et… si tu en avais envie… j’adorerais que tu me le lises, ose-je demander.

Il se penche pour embrasser ma tête avec force, puis nous nous calons un peu mieux l’un contre l’autre. Je ferme les yeux et je me laisse bercer par sa voix tandis qu’il commence sa lecture de son timbre grave qui me réconforte.

C’est d’ailleurs ce que nous faisons à partir de ce soir-là. Nous prenons l’habitude qu’il me lise un bout de son livre avant de dormir, et j’adore découvrir l’histoire qui a bercée son enfance, en apprendre sur cette civilisation fascinante, les histoires des grands guerriers qui y sont contées…

 




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