Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 154 : Irina au bal

Par bzllrose

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Chapitre 154 : Irina au bal


Je passe une soirée horrible et je pèse mes mots.

Dans un premier temps, j’essuie la première vague, les gens de l’entreprise d’Hunter, des hommes dans la cinquantaine, tous très étonnés de trouver une femme au bras de leur directeur. Ils me dévisagent avec des regards hautains, dédaigneux et partagent même des petits rires entre eux quand Hunter ne les regarde pas. Ils me prennent de haut, pour une femme que je ne suis pas, pour l’être vénal pour lequel je refuse de passer. Certains font des remarques sexistes, d’autres des blagues très limites sur ma chance d’avoir tiré le « gros lot » et leurs yeux en disent long, terriblement long.

Hunter ne réagit pas, je sais que c’est parce qu’il s’en moque et qu’il est largement au-dessus de tout ça, qu’il s’y attendait sans doute, mais ça n’empêche que je suis blessée jusqu’au fond du cœur. Il réagit finalement quand les remarques sur mon apparence commencent, quand ces hommes qui se pensent tout puissants imaginent qu’ils peuvent me traiter comme une chose jolie qui sert d’accessoire à Hunter. Dès que ce dernier me défend farouchement en me redonnant une place d’être humain, ils jouent tous les étonnés, en assurant avec toute leur sincérité qu’ils plaisantaient, mais je ne suis pas dupe et je crois qu’Hunter non plus. Nous ne pouvons guère faire grand-chose à part rire poliment à leurs « blagues » de mauvais goût et je me laisse bien malheureusement placer dans la case de la femme objet.

Dans un deuxième temps, la seconde vague de rapaces arrive, des gens de l’entreprise Alimentaire qui viennent traiter Hunter en roi et imaginent qu’ils donnent l’impression de me traiter en reine alors que leurs yeux crient le contraire. Je crois que personne dans cette salle à part Winston ne peut croire que la jeune fille timide et terriblement gênée au bras d’Hunter représente une petite-amie sérieuse.

Dans un troisième temps, le plus long, Hunter discute constamment avec des hommes de passage, jamais les mêmes. Ils parlent de chiffres, de rendements et de pléthore de sujets auxquels je ne comprends rien. Ils adorent d’ailleurs le souligner, me dire que ces discussions « d’hommes » doivent m’ennuyer, que je préfèrerais sans doute qu’on me parle de sac à main et de bijoux. Je suis abasourdie, tellement que je ne me défends pas et qu’Hunter caresse ma hanche doucement pour me réconforter en envoyant se faire voir de façon plus ou moins polie les hommes qui me manquent de respect. Ces derniers n’en ont que faire, ils rient grassement des remarques d’Hunter, comme s’il plaisantait et qu’il était impossible qu’il soit sérieux. Avec le temps, je me désintéresse totalement des hommes qui passent et de leurs discussions.

Je me mets à complexer également, parce que l’intégralité des femmes que nous rencontrons sont habillées de haute-couture des escarpins jusqu’à leurs boucles d’oreilles, en passant par leurs robes luxueuses. J’observe la mienne, achetée après le lycée grâce à l’argent obtenu pour ma mention « très bien » au baccalauréat, que je trouvais jolie jusque-là et qui m’apparait maintenant comme un torchon ridicule.

Plus la soirée passe et plus être au bras de « Monsieur Grimmal » devient pesant. L’image d’« Irina » me revient en tête, ce rôle que j’avais joué avec Eden… la femme trophée du grand et puissant Monsieur Grimmal… ce rôle qui est devenu ma vie… et plus j’y pense, plus tout ça me perturbe.

Je vois notre avenir, des soirées sans fin comme celle-là, des regards déplacés ou dédaigneux à chaque sortie publique, des articles sur moi dans des revues problématiques comme le souligne un des hommes désagréables que je rencontre. Une vie de femme trophée, alors que je suis très loin d’être un trophée dont Hunter peut être fier. Je ne suis pas une mannequin, ni une riche héritière et pas encore une grande avocate… Je ne suis qu’une pauvre étudiante fauchée, dans sa robe à cinquante euros et ses chaussures à trente… Je ne suis rien, alors qu’Hunter n’est pas loin d’être un homme du sommet de ce pays. Il est beau, il est riche, il est intelligent… et je ne suis que moi.

Son aura explose comme elle ne l’a jamais fait et je ne peux que constater qu’il est à sa place. On ne voit que lui, comme partout, tous les yeux sont rivés sur l’extraordinaire Monsieur Grimmal, James Bond, dans son costume luxueux et son charisme qui dépasse les sommets… Il est impressionnant et creuse le fossé entre lui et son Irina…

Plus le temps passe et plus je doute, plus je me questionne sur notre couple, sur ma vie, sur ma place… J’en arrive même à penser à Kai, à me demander si ma place n’était pas plutôt dans cette drôle de vie à boire de la tequila sur ses escaliers tous les soirs, à veiller sur mon frère, à vivre dans le danger, la peur et la tristesse…

 Comment ce monde d’apparences, de fortune et de business pourrait-il plus être ma place ? Je n’y connais rien, je n’y comprends rien et tout le monde me juge… Dans le monde de Kai, j’étais la princesse, les hommes me regardaient comme un bijou dans leurs soirées de dégénérés alors que je ne suis que le crapaud de celle-ci… Où est donc le juste milieu ? Où est donc ma place si je ne me sens à l’aise ni dans un monde, ni dans l’autre ? Suis-je une femme qui loge dans un hôtel cinq étoiles ou celle qui se fait masser à l’huile piquante de pizza dans un motel ? Je ne sais plus quoi penser de tout ça.

La panique me submerge, puis l’angoisse s’installe, les ténèbres m’engloutissent et je n’arrive plus à reprendre pied toute seule, à me sauver moi-même de la noyade. Dans un appel à l’aide silencieux, j’appuie sur mon bracelet alors qu’Hunter est en pleine discussion avec deux hommes. La réaction est immédiate, il coupe sa phrase net pour se tourner vers moi, il resserre son étreinte sur ma taille pour me serrer contre lui et il pose ses lèvres sur ma tempe avec tout son amour tandis que je ferme les yeux.

Et en un instant, il chasse tout. Il me prouve où est ma place, il me ramène en sécurité au sein du soleil qu’il est pour moi, il réchauffe mon cœur froid, il illumine mes pensées sombres, et plus ses lèvres restent en contact avec ma tempe, plus je me remplis. Il n’a aucune gêne, aucun problème à m’embrasser aussi longuement alors qu’il était en pleine discussion, à manquer de respect à ses interlocuteurs juste pour venir à mon secours et me prouver que ma place est avec lui, où qu’il soit et quoi que nous ayons à affronter. Lorsque je suis prête, c’est moi qui me détache de ses lèvres pour lui lancer un regard empli à ras bord de gratitude.

-         Ça va ? murmure-t-il.

-         Mieux, souffle-je.

Il m’offre un sourire éblouissant, embrasse furtivement ma joue, et reprend sa discussion où il l’a laissée il y a une minute en me tenant plus fermement que jamais contre lui.

*

Une grosse demi-heure plus tard, j’entends des bruits de couloir qui m’inquiètent un peu puisque la partie « cocktail » semble terminée et que l’étape suivante est « un bal ». Je ne savais même pas que les bals étaient possibles mis à part dans les histoires de princesses et ma pire crainte se réalise lorsqu’il semblerait que la salle entière attend d’Hunter qu’il aille danser. Je ne peux pas croire ce qu’il est en train d’arriver, je panique une seconde fois, parce qu’il est plus ou moins évident que je vais être sa cavalière et que je n’ai pas une seconde en tête à tête avec lui pour lui signaler que je ne sais absolument pas danser.

Il décline pour l’instant les invitations des gens qui le poussent à aller valser, mais je suis horriblement inquiète puisque ce sont des refus polis et rieurs, comme s’il savait qu’il allait devoir finir par y aller… Les hommes de son entreprise le poussent encore plus que nos hôtes, en soutenant qu’il a désormais une femme à faire valser et je ne peux y voir qu’une tentative de leur part de me mettre la honte puisqu’il est évident quand on me regarde que je ne sais pas faire. Hunter n’a pas l’air de s’en inquiéter, même lorsque je couine une ou deux fois avec détresse que « je n’oserais pas ».

Ils finissent par avoir raison de moi, puisqu’Hunter lâche ma hanche pour attraper ma main et m’emmener vers le coin où les gens dansent avec leurs attitudes hautaines et coincées.

-         Je ne sais pas valser Hunter ! couine-je à voix basse en essayant de le retenir.

-         On s’en fiche ! réplique-t-il en me souriant.

-         Toi peut-être, pas moi ! Je me fais déjà assez juger ce soir sans en rajouter une couche !

Il pose des yeux différents sur moi, plutôt tristes, comme s’il avait espéré que je ne m’en rendrais pas compte.

-         J’ai des yeux Hunter, chuchote-je en baissant le nez.

Il pose deux doigts sous mon menton pour le relever et je m’exécute pour me plonger dans ses beaux yeux verts.

-         Et moi j’ai très envie de danser avec toi, de te faire passer une soirée un peu meilleure et d’avoir un petit temps tous les deux, murmure-t-il.

-         Je ne sais pas danser, insiste-je.

Il ne m’écoute pas, il m’attrape le creux du dos et une main en retrouvant le sourire :

-         Pose tes pieds sur les miens, ordonne-t-il.

-         Quoi ? Mais je vais t’écraser, et puis je vais salir tes chaussures et…

-         Pose tes pieds sur les miens, insiste-t-il plus fermement en me tirant plus près de lui.

Je lui lance un regard timide, mais lorsque je vois derrière lui que tout le monde a les yeux rivé sur nous, je choisis de lui écraser les pieds plutôt que de me fiche plus la honte que je ne l’ai déjà. J’y grimpe donc et il me stabilise de son bras dans mon dos. La seconde suivante, il se déplace avec légèreté, comme si je ne le gênais pas et il penche son visage vers le mien :

-         Je me fiche de tout ce que ces gens peuvent penser mon amour, oublie-les, profite juste.

J’hallucine de me voir valser avec lui, comme si je dansais moi-même, nous ne détonnons pas parmi les danseurs, nous glissons en toute harmonie, il me fait tourbillonner en me souriant et j’oublie complétement le contexte. Je lui souris, je ris, je penche la tête en arrière en me laissant entrainer dans son sillage, aussi hilare qu’heureuse. Il rit avec moi, simplement heureux de me rendre heureuse et le moment qui se promettait d’être affreux devient merveilleux, ce qui est l’un des plus grands talents d’Hunter. Plus nous valsons, plus je ris, plus je me plonge dans ses yeux avec amour et plus il répare mon cœur meurtri par ce début de soirée.

Lorsque la musique change pour devenir plus lente et plus douce, un slow visiblement, je descends de ses pieds, puisque j’arrive à gérer le petit piétinement qu’il nécessite. Il me tire tout contre son torse où je pose ma tête, et il ramène nos mains enlacées juste à côté d’elle, pour me balancer doucement sur le rythme doux de la musique. Ainsi calée contre lui, je ferme les yeux, et il embrasse mon front plusieurs fois avec douceur.

Mes peurs, mes doutes, ma honte… tout s’envole définitivement. Je me fiche de ce que ces gens peuvent bien penser de moi, il a raison, nous nous aimons et nous sommes heureux. Ces soirées sont loin d’être notre quotidien, mon quotidien est d’être ainsi blottie dans ses bras, dans l’aura de douceur qu’il dégage avec moi… Je profite donc simplement.

*

Je suis ramenée à moi un moment plus tard, en fin de soirée, lorsqu’Hunter est demandé par nos hôtes pour découper une sorte de gâteau gigantesque. Je panique un peu à l’idée qu’il se détache de moi, je ne me sens pas d’affronter cette salle toute seule, mais il a à peine le temps de me lancer un regard inquiet et hésitant qu’une ombre surgit sur ma gauche :

-         Va Hunter, je m’occupe de ta douce, intervient gentiment Winston.

Hunter le remercie d’un regard et je lui souris en rougissant un peu, gênée de passer pour l’enfant qu’il faut garder à tour de rôle. Nous observons ensuite Hunter se diriger vers le gâteau en faisant l’homme gêné par cet honneur, alors que je sais que ça le gonfle au fond de lui. Il est tellement doué bon sang, je ne serais jamais capable de donner le change comme ça. On dirait presque qu’il se marie avec l’entreprise, il est entouré par les femmes des Alimentaires, qui pouffent comme des hystériques en le plaçant pour que tout le monde puisse le voir et en lui mettant un couteau dans la main.

-         Quel théâtralisme…, soupire-je sans m’en rendre compte.

Winston éclate de rire et je tourne un regard coupable vers lui :

-         Veuillez m’excuser… Hunter me souligne pourtant souvent que je dis à voix haute ce que je pense, bafouille-je.

-         Il n’y a pas de mal ma chérie… Tu as bien raison, mais les affaires sont les affaires… Tout ça doit te dépasser…, répond-il gentiment.

Il n’y a toujours pas la moindre trace de jugement dans sa voix chaude, simplement de l’empathie.

-         Oui…, murmure-je. Je suppose que c’est évident mais je … je ne suis pas habituée à ce genre de soirée, de milieu même… Je ne suis qu’une étudiante boursière, je ne m’attendais pas à … ça.

Il me lance un regard compatissant :

-         Tu ne savais pas ? demande-t-il avec douceur.

-         Non… Jusqu’à récemment je pensais qu’il avait un travail « normal » … Un travail sérieux, plus qu’un petit job étudiant mais… enfin… c’est complétement délirant, finis-je dans un souffle.

-         Ça doit l’être…

-         Je pensais que vous étiez son patron, dis-je en le désignant pour le faire rire.

Et ça marche, il éclate de rire en rejetant la tête en arrière. C’était bien prévu, j’ai compris leur relation, son amour pour Hunter, et je me doutais qu’il adorerait entendre les farces de son protégé.

-         Il t’a dit que j’étais son patron ?!

-         Oui, pour justifier vos appels à une heure du matin, réponds-je en souriant.

-         Sacré Hunter ! Et ça a marché ?!

-         Bien sûr… J’étais juste à deux doigts de vous envoyer aux prud’hommes pour harcèlement sur un pauvre petit étudiant…, plaisante-je.

Il éclate encore évidemment de rire, à s’en tenir le ventre, avant de poser des yeux attendris sur moi :

-         Tu es une fille bien Hestia, tu protèges farouchement mon neveu depuis le début… j’aime ça.

-         Je l’aurais fait, affirme-je en hochant la tête. Ça me rendait folle, je vous croyais abusif… Il a dû me donner des informations sur votre relation pour que je m’apaise, que je comprenne que vous l’aviez sauvé de la rue, je pensais que vous le formiez comme votre poulain.

-         C’est ce que j’ai fait dans le fond, mais l’écurie était pour lui dès le début…

Hunter revient vers nous sous les applaudissements stupides du public stupide.

-         Ça va mon chat ? demande-t-il immédiatement.

-         Mieux, confirme-je en lui souriant.

-         Quel bazard sérieusement, ils donnent tout…, soupire-t-il.

-         Et ils ne donnent pas tout pour rien, glisse Winston avec un regard sévère. Tu sais qu’il faut les choisir Hunter.

Mes poils se hérissent et je ne peux m’empêcher d’intervenir :

-         Les Bûcherons méritent tout autant ces fonds ! m’indigne-je.

-         Les Bûcherons ? s’étonne Winston.

-         Les Sinclair, précise Hunter. Je les appelle comme ça avec Hestia.

-         Ah, reprend Winston avec un air contrarié. Les Sinclair ont une belle histoire c’est vrai, mais leur rendement n’atteindra jamais la moitié de ce labo… Le choix est fait.

Hunter hoche la tête mais je ne lâche pas l’affaire :

-         Peut-être, mais le marché des compléments alimentaires pourrait bien s’écrouler d’une seconde à l’autre. Il vient à peine de décoller, une norme pourrait passer, un ingrédient phare devenir interdit, un effet de mode qui pourrait passer, de nouvelles formules d’autres laboratoire qui pourraient les surpasser… L’entreprise des Sinclair a des ventes stables depuis 1876, des ventes qui ont suivie l’inflation et donc l’augmentation du prix de leurs meubles… Les gens n’achètent pas le « meuble à la mode » comme ces fichus compléments. Ils achètent de la qualité, des promesses tenues depuis six générations, de menuisiers père en fils qui n’ont jamais changé de façon de faire… Peut-être que le rendement des compléments explosera mais il pourrait s’écrouler tout aussi vite alors que les Sinclair prouvent depuis six générations à quel point leur business est stable et solide… Non seulement ils méritent ces fonds, mais le placement serait judicieux selon moi…

Hunter me regarde avec des yeux complétement ahuris tandis que Winston m’observe pensivement, les yeux plissés :

-         Cette petite sera une brillante avocate…, affirme-t-il finalement. Passez une très belle fin de soirée les enfants, et à demain.

Il embrasse ma joue, serre l’épaule d’Hunter et s’en va alors que je rougis.

-         Tu crois que j’ai dépassé les bornes ? m’inquiète-je.

-         Tu ne dépasseras jamais les bornes avec Winston mon chat, il a été impressionné par ton argumentation. Ça ne l’empêchera pas de me pousser à choisir les Alimentaires, mais je pense qu’il est très surpris de voir à quel point tu comprends les choses et t’impliques…

-         J’espère…, murmure-je en me calant contre son torse où il me tire.

Quelques hommes s’approchent avec leurs regards qui signifient qu’ils viennent parler de choses soporifiques à Hunter et je soupire bruyamment :

-         Oh non… pas encore…

-         Tu veux rentrer ? me demande-t-il.

-         On peut ? murmure-je en relevant le nez vivement.

Il ne répond pas puisque les hommes arrivent, mais il nous excuse auprès d’eux, puis auprès du défilé qui vient lui dire au revoir alors qu’il nous dirige vers la porte. Je jette un dernier regard mauvais à toutes ces femmes en Chanel et aux balais enfoncés où je pense, aux hommes en costume hors de prix hautains, puis nous quittons les lieux.

Dès que je m’enfile dans l’Aston, je relâche le souffle que je retiens depuis des heures et Hunter s’insère dans la circulation. Je l’observe de mes yeux amoureux, dans son beau costume au volant de sa belle voiture… enfin redevenu mon Hunter après cette soirée dans la peau de Monsieur Grimmal.

-         Les gens ne doivent pas comprendre ce que tu fiches avec moi…, soupire-je.

-         Tu plaisantes ? Les gens doivent se demander ce que cette Belle fiche avec une Bête pareille, réplique-t-il.

-         Hunter, tu es vraiment très mignon je t’assure… mais de là à te qualifier de Belle…, plaisante-je.

Il éclate de son magnifique rire, et je le dévore des yeux, un peu plus lorsqu’il se penche vers moi à un feux rouge :

-         Tu es ma Belle et c’est tout, affirme-t-il avant de m’embrasser. 

Il se détache de mes lèvres uniquement lorsque le feu passe au vert, pour reprendre sa route et je suis déjà toute essoufflée, subjuguée par sa beauté irréelle.

-         Tu n’es pas ma Bête, affirme-je.

-         Pas encore… mais je peux vite le devenir…

Il me lance alors un regard en coin brûlant, remplit de promesses, qui remue les papillons dans mon ventre très efficacement.




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