Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 120 : Un jour de plus

Par bzllrose

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Chapitre 120 : Un jour de plus


Je me réveille avant lui et dès que j’ouvre les yeux, je cherche mon téléphone à tâtons immédiatement. Je me souviens qu’il l’a jeté quelque part dans le lit avant de me combler, mais puisque nous nous sommes endormis juste après, je n’ai pas eu de nouvelle de mon nouveau joujou.

Dès que je mets la main dessus, je roule sur le ventre pour m’installer sur les coudes, les jambes croisées en l’air, toute euphorique. Je sais bien sûr ce que j’ai envie d’aller regarder… les photos érotiques que nous avons prises hier soir, la vidéo de ses baisers sensuels dans mon cou puis agressifs sur mes lèvres…

Je suis déjà toute fébrile lorsque j’ouvre l’application de photos privées, et dès que j’ai un visuel sur les images, je rougis si fort que je la ferme. Elles sont parfaites, un seul coup d’œil m’aura permis de le constater mais je n’ai pas envie qu’il me trouve en train de les regarder de bon matin comme une perverse… j’aurai tout le loisir de les contempler à l’infini lorsque je serai seule chez moi… si je décide un jour d’arrêter de dormir chez lui, ce qui a l’air mal parti.

Je suis dans son appartement depuis samedi dans la nuit, c’est dingue… Nous sommes déjà mercredi matin et je n’ai pas une once d’envie de repartir d’ici, je m’y sens pratiquement plus chez moi que dans mon logement étudiant, et j’ai beau adorer Julia, sa compagnie n’est même pas dans la même échelle de bonheur que celle d’Hunter.

Je parcours mes nouvelles applications avec curiosité en attendant qu’il se réveille et j’adore découvrir tout ce qu’il a pensé à m’installer plutôt que de m’offrir le téléphone neuf sans prendre le temps de le personnaliser. Je découvre que mes livres préférés sont téléchargés dans une application de lecture, et à l’image de mes chansons dans notre playlist partagée, Hunter est visiblement lié aussi à ma bibliothèque. J’aime encore plus à quel point il a lié tous nos petits hobby, j’adore imaginer trouver un livre qui me plaise et savoir qu’Hunter l’aura automatiquement sur son étagère virtuelle.

En fait, ce que j’aime le plus, c’est cette impression que nous sommes un tout, qu’il me montre par tant de détails à quel point il se lie à moi sans le moindre doute, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde et que nous ne nous séparerons effectivement jamais. Tout ça me rend trop heureuse et je lui saute finalement dessus pour le réveiller avec perte et fracas en riant comme une gamine.

Il sursaute forcément, avant de hausser les sourcils, sans ouvrir les yeux :

-         Comme tu es agréable dès le matin mon cœur…. Merci pour ce réveil doux et bienvenu, raille-t-il malgré l’humour dans sa voix.

-         Debout paresseux ! Je dois me préparer pour la fac dans un petit quart d’heure et j’ai envie de profiter de toi ! gazouille-je.

-         Tu sais que tu reviens après les cours ? ronchonne-t-il en se reblottissant dans son oreiller, pas décidé à ouvrir un œil.

-         Je sais… mais ça ne veut pas dire que tu ne vas pas me manquer pour les quelques heures de la journée…, explique-je d’une petite voix.

Ça déclenche un beau sourire sur ses lèvres et il ouvre un bras pour m’inviter à me glisser en cuillère contre lui. Je m’exécute avec bonheur et je ronronne lorsque ses bras se referment sur mon buste pour m’emprisonner dos contre son torse alors qu’il glisse ses lèvres dans mon cou pour m’y embrasser tendrement. Ce ne sont pas des baisers intéressés, simplement de l’amour pur qu’il déverse contre ma peau en me câlinant.

-         Reste avec moi aujourd’hui…, murmure-t-il finalement.

-         J’ai cours, et permets moi de te rappeler que tu travailles Hunter, tu m’as même dit que tu avais une rencontre très importante en fin d’après-midi.

-         Mh… Envoyons les tous bouler… restons simplement tous les deux aujourd’hui… J’ai juste envie d’être avec toi…

-         Je ne manquerai plus de TD, surtout que je ne pourrai pas justifier mon absence et il est hors de question que je prenne le risque de me faire virer de l’université. Une fois m’a suffi, j’ai eu la peur de ma vie.

-         Je te ferai un mot, rit-il contre ma nuque.

-         Ça ne marche pas comme ça ! glousse-je.

-         Tu es brillante… Rate au moins les cours magistraux de ce matin… tu n’en as que deux petits, ce ne sont même pas des matières principales…

-         Comment tu sais ça ? demande-je en lui lançant un coup d’œil par-dessus mon épaule.

Il attrape mon téléphone qui traine toujours sur le matelas et il pianote dessus sous mes yeux puisque je suis toujours calée entre ses bras. Il ouvre l’application de l’université, que je connaissais sans avoir pris le temps de l’installer sur mon ancien téléphone puisque le tout était accessible via internet. Pourtant, je dois reconnaitre que l’application est drôlement plus adaptée, tout est plus lisible.

Je lui prends le téléphone simplement pour connecter mon compte étudiant à l’application, puis il me fait une petite crise pour que j’avoue que mes cours de ce matin ne sont pas importants.

-         Je sais bien Hunter, mais je suis traumatisée d’avoir eu des zéros et des absences…

-         Je te parie que tu as déjà rattrapé ton retard en brillant à tes exams de rattrapage de lundi… ce qui annule tes zéros. Si tu as des bonnes notes, tu restes ce matin avec moi ?

-         Je ne peux pas le savoir, réplique-je.

-         Tu rigoles ? Vous étiez combien au rattrapage… une petite dizaine ? Il y a fort à parier que les copies sont déjà corrigées, c’est loin des partiels où ils ont des centaines de copies…

-          Tu penses ?

-         J’en suis sûr. Si tu as plus de quinze au deux, tu restes ? demande-t-il joyeusement.

-         Allez… vendu…

Il ouvre rapidement la section note, et j’explose largement le seuil de quinze, ce qui rend Hunter tellement heureux qu’il arrive à sortir du lit en sachant que je passe la demi-journée avec lui.

*

En fin de matinée, nous sommes sur la terrasse, nos chaises collées pour faire un petit banc alors que nos têtes sont posées l’une sur l’autre. Nous buvons des cafés en discutant et en observant les nuages, une activité plus que fleur bleue mais qui est effectivement formidable quand nous sommes avec notre grand amour.

-         On dirait une molécule de cystéine…, murmure-je.

-         Quoi… ? demande-t-il d’une voix perdue.

-         Le nuage, on dirait la représentation 3D d’une molécule de cystéine… Les deux petites excroissances forment les atomes d’oxygène et il y a même le soleil pour la molécule de souffre, m’enthousiasme-je en lui pointant du doigt. 

-         Je te crois sur parole mon cœur, répond-il en retenant un rire.

-         Tu peux, la ressemblance est frappante, affirme-je en hochant la tête.

Il n’arrive plus à retenir son petit rire cette fois et il me serre contre lui amoureusement pour embrasser ma joue :

-         En parlant de ton… affinité avec la biochimie, Eden m’a envoyé un message. Il rentre à midi…

-         Oh non…, gémis-je. Je n’ai pas envie d’avoir à tout lui raconter… J’ai honte et c’est une histoire triste qui concerne majoritairement la vie privée de Kai… Je ne veux pas ressasser tout ça.

-         Je peux me charger de lui expliquer pour toi… Dans les grandes lignes, sans rentrer dans les détails illégaux et personnels de ton ami, juste pour qu’Eden comprenne que nous n’avons pas eu de nouvelle parce que tu étais heureuse de retrouver ton ami, qui a une vie compliquée, que tu as dû l’aider à gérer… Je saurai exactement quoi dire à Eden, ne t’en fais pas.

-         C’est vraiment gentil de ta part… ça me soulage d’un poids énorme Hunter, vraiment.

-         Il faudra tout de même que tu t’occupes d’Alma… Eden lui expliquera les grandes lignes à son tour, mais passer un coup de fil à ta meilleure amie me semble tout de même important…

Je pose mes mains sur mes yeux, déjà rongée par la culpabilité :

-         Bon sang tu as raison, elle doit me détester… Elle m’a trouvée ici il y a quatre jours et je n’ai même pas pris le temps de lui donner des nouvelles…, m’angoisse-je.

-         Finalement tu sais quoi… ? Je gèrerais Alma aussi…, dit-il pensivement.

-         Quoi… ?! m’étonne-je en tournant la tête vers lui avec des yeux ahuris.

-         Fais-moi confiance, ils risquent de toute façon de débarquer ici ensemble… Alors je leur ferai l’histoire à tous les deux et surtout, je sais très bien comment expliquer à Alma ton comportement, ne t’en fais pas.

-         Comment ça ?

-         Ne t’en occupe pas mon cœur, je gère.

-         Mais enfin… qu’est-ce que tu vas lui dire qui pourrait faire passer mon comportement odieux ? demande-je en plissant les yeux.

-         Laisse-moi tranquille ou je croque ton nez.

Je plisse un peu plus les yeux et lorsque j’ouvre la bouche pour insister, il se jette sur mon visage pour me manger, ce qui nous fait rire et déclenche une petite lutte amoureuse, où nous nous agressons à coups de dents et de baisers. Notre douce chamaillerie éloigne complétement le sujet initial de ma tête, puisque je flotte déjà dans le merveilleux monde d’Hestia, où rien ne compte plus que le moment présent avec lui.

Après notre bagarre, nous rentrons poser nos tasses dans l’évier et je remarque que j’ai un message en passant.

K : « Je peux passer te voir avant le boulot ? »

K : « S’il te plait bébé. »

Je soupire en reposant mon téléphone, tellement lasse que je ne sais pas si j’ai la force de répondre. Hunter vient dans mon dos en voyant ma réaction et il lit silencieusement le message, sans commenter mais je sens à quel point il est énervé.

-         Je l’ai vu mardi, il est venu au campus entre midi et deux…, soupire-je.

-         Qu’est-ce qu’il voulait ?

-         Me voir, qu’on passe la soirée ensemble et…

Je m’interromps subitement, lorsque je réalise que je n’ai pas remboursé Hunter et je file dans la chambre à la recherche de mon sac de cours tandis qu’il me suit en râlant :

-         Oh c’est étonnant ! Il voulait passer la Saint-Valentin avec toi ! Comme c’est étrange ! raille-t-il avec mauvaise humeur.

Je lui tends la liasse de billet, ce qui a le mérite de le faire taire.

-         Il voulait surtout me rendre cet argent, précise-je.

-         Je ne pensais jamais en revoir la couleur, je dois bien l’admettre…, avoue-t-il en haussant les sourcils.

-         Je sais que Kai a l’air très… très Kai… mais c’est un homme bien dans le fond, je te l’assure. Il est gentil avec moi, fiable, et il a tout fait pour pouvoir me rembourser au plus vite pour que je n’ai pas de problème, puisqu’il savait que cet argent ne m’appartenait pas… Il n’est pas très sympa avec les autres mais il l’est avec moi, il ferait tout pour moi et c’est réciproque, nous sommes de la même famille Hunter, c’est un lien contre lequel tu ne pourras jamais lutter… Il faut simplement l’accepter, je t’en prie.

Il m’observe de longues secondes, l’air d’intégrer ce que je lui dis malgré la contrariété que ça provoque en lui, mais comme d’habitude, il pense à moi avant ses sentiments :

-         D’accord… Mais si tu ne veux pas que je t’embête ou que je « t’empêche » de le voir, réponds simplement à une petite question pour moi… Est-ce que tu es en sécurité avec lui ? Est-ce que tu te sens en sécurité absolue ? Est-ce que tu penses que ce type instable pourrait un jour péter un vrai plomb avec toi ou non ?

Ses yeux me scrutent et la réponse sort avant même que je n’ai pris le temps de réfléchir :

-         Oui, en sécurité absolue, affirme-je fermement.

Il hoche la tête au moment même où je me rends compte que je viens de mentir sans le vouloir, puisque cette affirmation était vraie jusqu’à samedi soir, premier soir de ma vie où j’ai eu peur de Kai et où je n’étais pas sûre à cent pour cent qu’il n’allait pas péter un vrai plomb… C’est trop tard, inutile d’inquiéter Hunter pour une petite peur de rien du tout, de quelques secondes, après une vie de confiance absolue.

-         D’accord, marmonne-t-il. Et tu penses qu’il pourrait t’emmener dans des trucs qui craignent vraiment ? Je veux dire, il est déjà insupportable pour moi que tu traines dans le quartier malfamé… Mais vous êtes chez lui… Est-ce que tu penses que ce débile serait capable de t’emmener dans un endroit qui craint ? Où ton intégrité est menacée ?

-         Non, affirme-je avec encore plus d’assurance. Chaque fois que je me retrouve par hasard dans une situation risquée, il donne tout pour m’en sortir le plus vite possible. Que ce soit quand je suis tombée par hasard sur sa bande de dégénérés ou quand il y a des gens sur son parking, je peux te dire qu’il m’évacue dans la seconde. Ma sécurité est importante pour lui, très importante.

-         Bon… alors je suppose que ça va… je lui laisse le bénéfice du doute… je lui laisse une seule chance, s’il t’emmène un jour dans un truc qui craint Hestia, je te jure que je vais le voir et que je ferai en sorte qu’il ne s’approche plus jamais de toi, je préfère être honnête.

Je lui saute dans les bras en riant, toute euphorique à l’idée que mon parfait petit ami accepte que je passe du temps avec mon imparfait Kai, ce que je trouve d’une gentillesse folle. Je l’embrasse passionnément tandis qu’il me serre contre lui.

-         Merci mon amour, couine-je.

-         Une seule chance, bougonne-t-il.

-         Oui, et il n’y aura besoin que de celle-là… il ne m’arrivera rien… je te le promets pour lui ! Je vais aller le voir à midi et je reviendrai te faire un bisou avant mes cours de l’après-midi… Plus de mensonge, ni de cachotterie Hunter, et je te remercie d’accepter sans faire d’histoire.

Ses yeux deviennent moqueurs :

-         Oui… enfin… si tu comptes le voir à midi, tu ferais bien de vite sauter sur ton téléphone vu ce que je viens de lui répondre…

-         Quoi ?!

Je saute de ses bras pour foncer à mon téléphone tandis qu’Hunter ricane.

He : « Non on ne peut pas se voir. Et arrête de m’appeler bébé, espèce de débile. »

Je soupire en lançant un regard réprobateur à Hunter, qui rit toujours. Je ne prends ensuite même pas le temps de lire les dizaines de messages inquiets de Kai que j’ai reçu, je l’appelle directement pour lui dire que je plaisantais et que j’accepte de le voir à midi, dans un petit quart d’heure.

Je laisse Hunter dans un sale état à la maison. Il est inquiet, agité et en colère, il hésite même à aller courir pendant que je passe du temps avec Kai, et je l’encourage à le faire pour qu’il se défoule.

Alors que je file nez au vent jusqu’à chez moi, lieu de rendez-vous, une idée de génie me traverse l’esprit et je sors mon téléphone de ma poche. Je suis fière comme un paon tandis que j’active mon partage de localisation pour Hunter, parce que je sais que ça va le rassurer jusqu’au trognon. J’attends avec un grand sourire aux lèvres le message que je sais qu’il va m’envoyer, et je ne suis pas déçue.

Hu : « Tu es un ange Hestia, tu viens de me permettre de respirer. Merci du fond du cœur, je t’aime plus que tout au monde ♡ »

He : « Plus de raison de t’inquiéter ! Tu veilles sur moi au mètre carré près ! 😊 »

Je range mon téléphone dans ma poche, tout sourire, et je me plante en bas de chez moi.




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