Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 117 : La gaffe d'Hestia

Par bzllrose

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Chapitre 117 : La gaffe d’Hestia


Mon réveil sonne et nous y sommes, mon premier réveil chez Hunter alors que j’ai cours. Je ne me sens pas du tout stressée, j’ai de toute façon tellement explosé mon seuil d’anxiété ces dernières semaines qu’il serait difficile pour moi de n’avoir que la moindre petite inquiétude à l’idée de me réveiller dans le lit de l’homme de ma vie.

Je suis étonnée d’être seule, il ne me semblait pas qu’il avait prévu de se lever avant moi, mais c’est pourtant bien le cas. Je remue donc et je prends le temps de m’étirer un peu au bord de son lit, ce doux lit où je le câline si fort… quel bonheur.

Je me lève pour gagner la cuisine, où je mets en marche la machine à café sans apercevoir l’ombre de mon beau prince charmant, jusqu’à ce que la porte s’ouvre et se referme derrière moi. J’attrape ma tasse mais je n’ai pas le temps de me retourner qu’il est déjà dans mon dos, en train d’embrasser mon cou avec tendresse. Je dois déjà réprimer l’immense sourire qui veut étirer mes lèvres alors que je prends ma première gorgée de mon breuvage, les yeux fermés, en savourant ses baisers appuyés qui remontent le long de ma nuque jusque derrière mon oreille.

-         Bonjour ma merveille, murmure-t-il contre ma peau.

Je ne résiste plus, je fais volte-face dans l’intention de l’embrasser et je reste stupéfaite quand je vois le joli bouquet qu’il me présente dans sa main.

-         Étonnée ? s’amuse-t-il.

-         Euh… oui, c’est en quel honneur ? demande-je en l’attrapant alors que mes joues rosissent de plaisir.

-         En notre honneur je dirais, répond-il mystérieusement.

J’hausse simplement un sourcil mais je suis déjà trop absorbée par mes fleurs, qui sentent divinement bon, alors je ne me formalise pas qu’il ne réponde pas. Il sait que c’est un de mes péchés mignons, et le sourire heureux qu’il affiche en me voyant heureuse est sans doute l’une des plus belles choses au monde.

-         Merci mon amour, tu sais comme j’aime ça, roucoule-je en me dressant pour l’embrasser.

-         Je sais, et je sais que tu aimes quand je vais te chercher le petit déjeuner, répond-il avec un grand sourire éclatant.

Je n’ose y croire, mais lorsque je me penche, j’aperçois pourtant le sachet de viennoiseries sur la table et je porte mes doigts à mes lèvres pour réfréner le sourire encore plus immense qui me fend le visage. 

-         Mais que se passe-t-il ?! Pourquoi est-ce que je suis gâtée comme ça aujourd’hui ?! m’exclame-je d’une voix aiguë.

-         Parce que je t’aime, tout simplement.

J’attrape un vase dans un placard pour y mettre mes fleurs, puis je trottine joyeusement pour me percher sur une des chaises en attrapant un croissant. Ma surprise ne cesse de croitre, parce qu’il sort du frigo une carafe pleine de jus d’orange pressé, et cette fois, je ris :

-         Hunter ?! Ce n’est quand même pas parce que j’ai dormi chez toi en semaine ?! glousse-je. 

-         Mais non petite bêtote, c’est parce que je t’aime, répond-il en me servant un verre.

-         Je t’aime tout autant, mais je n’ai rien préparé pour toi, désolée ! pouffe-je avec euphorie.

-         Je m’en fiche, je t’ai toi, c’est tout ce que je veux.

-         Tu es bien charmeur ce matin !

Il me sourit et nous prenons notre petit-déjeuner d’humeur très amoureuse, puisqu’il vient à côté de moi pour me câliner alors que nous discutons de choses et d’autres.

Il tient ensuite à m’emmener à la fac en partant au travail, ce dont je suis évidemment toujours plus qu’heureuse. Lorsqu’il se gare devant le bâtiment dans lequel j’ai mon premier cours, mon portable vibre et je le tire de ma poche.

-         Ce téléphone est une horreur, soupire-t-il.

-         Ne critique pas mon dinosaure ! Il me dépanne ! ris-je.

Il lève les yeux au ciel et je constate que c’est simplement Julia qui me demande quand est-ce qu’elle aura l’occasion de me voir. Hunter lit par-dessus mon épaule et tourne des yeux un peu inquiets sur moi :

-         Pas ce soir, nous allons au restaurant, annonce-t-il vivement.

-         Non… ? Tu as vraiment réservé un restaurant pour ce soir ?

-         Oui, et il te faudra une jolie robe, habillée j’entends, puisque toutes tes robes son ravissantes mais…

Il passe ses doigts sur mon collant en dentelle avant de reprendre :

-         J’adore ta façon de t’habiller, mais je pense qu’il serait plus adapté que tu sois plus… sobre, enfin plus classique…

Je glousse déjà comme une hystérique :

-         Pourquoi ?! Nous allons dans un restaurant où mon petit look « gothique romantique » pourrait faire tâche ?! m’excite-je.

-         Peut-être un peu, tout comme je n’irai pas dans mon éternel sweat…, confirme-t-il en fronçant le nez avec humour.

-         Vraiment ?! piaille-je.

-         Pour quelqu’un qui ne voulait pas aller au restaurant, tu me sembles bien heureuse finalement ! s’amuse-t-il.

-         Évidemment, maintenant c’est réservé ! m’exclame-je en me jetant à son cou.

Il rit de plus belle et je l’embrasse avec application, en savourant les regards médusés de mes camarades de licence qui doublent la voiture par dizaines en observant avec curiosité l’Aston Martin au milieu d’un campus. Et encore, s’ils voyaient le type ahurissant qui la conduit… Ma vie est un rêve.

-         Je t’aime, murmure-je en le regardant avec tout mon amour.

-         A ce soir mon petit cœur… Sur ton trente-et-un pour un restaurant à ta hauteur…

-         Je ne comprends décidément pas ce qu’il se passe aujourd’hui…, pouffe-je.

-         Et c’est l’une des raisons pour lesquelles je t’aime de tout mon cœur. Tu es aussi drôle qu’amusante sur ce coup ! réplique-t-il avec un sourire en coin.

-         Les deux veulent dire la même chose, souligne-je.

-         C’est te dire à quel point la situation me fait rire… J’ai hâte de voir ta tête, ou d’avoir ta réaction par message si tu le réalises avant.

-         Comment ça ?

Cette fois, je fronce les sourcils franchement mais il rit en me fichant dehors, et après un ultime baiser, je sautille comme une bienheureuse jusqu’à mon amphithéâtre. Dès que je suis installée dedans, j’active le mode concentration et je m’absorbe entièrement dans le cours dispensé.

Ce n’est qu’en fin de matinée que je mets sur pause ma concentration en recevant un message d’Hunter.

Hu : « Ici le futur, votre téléphone reçoit-il ce sms ? »

He : « Arrête ! Ce portable ira très bien en attendant que je puisse m’en acheter un autre. En tout cas, tout va bien depuis le passé, comment se passe ta journée beau voyageur temporel ? »

Hu : « Très bien et la tienne ? Pas de réalisation particulière… ? »

He : « C’est donc pour ça que tu viens aux nouvelles ! Pas de réalisation, si ce n’est que je sors avec le meilleur homme du monde, ce qui est déjà pas mal. Ps : Je dois imprimer une feuille pour la fin de semaine, tu as de quoi t’en occuper ou je vais à l’imprimerie du campus ? »

Hu : « Tu es à mourir de rire, j’ai hâte d’être ce soir ♡. PS : Je m’en occupe, tu peux me faxer ton document puisque je doute que tu connaisses les mails dans le passé. »

Je ris comme une imbécile en lui envoyant mon document par mail et en me dirigeant vers le restaurant universitaire. Pourtant, dès que je relève le nez, une mustang bien connue attire mon attention. Je me fige un peu en apercevant Kai qui fume appuyé contre sa portière en observant les étudiants qui sortent du bâtiment. Ça me fait un drôle de choc, déjà de le revoir, mais encore plus ici…

Je trottine vers lui, toute inquiète malgré la colère que je ressens encore contre lui après notre dispute de samedi soir. Dès qu’il me remarque, son visage passe d’une assurance infinie à une crainte plus que visible.

-         Coucou bébé…, dit-il avec hésitation.

-         Ça va ? Tu n’as… tu n’as pas… ? m’inquiète-je d’une voix blanche.

-         Non ! Je suis clean ! s’offusque-t-il.

-         Alors qu’est-ce que tu fais là ?

-         Je venais te voir… je ne supporte pas quand tu me fais la gueule… J’étais vraiment déterminé à attendre que tu reviennes vers moi mais… J’avais un truc pour toi… On peut passer la soirée ensemble ce soir… ?

-         Non, on ne peut pas, j’ai des projets.

Il se tend d’une seconde à l’autre, des pieds à la tête, je jurerais même que la veine sur sa tempe tressaute. Inutile de lui faire du mal, je sais qu’il est très tatillon vis-à-vis d’Hunter, autant éviter le sujet.

-         Je mange au restaurant avec des copines, invente-je rapidement.

Et miracle, il se détend en un claquement de doigts, c’est dingue.

-         Ah ouai, je vois le genre, une sorte de contre-soirée entre filles, se marre-t-il.

-         Oui, oui, élude-je sans rien comprendre. Je peux savoir ce que tu avais pour moi ?

Il hoche la tête avant de sortir de sa poche sous mes yeux ébahis une liasse de billets qui ressemble drôlement à celle qu’Hunter m’avait tendu.

-         Quoi… ? murmure-je.

-         Tu peux la prendre un peu plus vite que ça bébé ? s’agace-t-il. J’ai déjà l’air louche, mais alors si quelqu’un me voit avec une liasse de billets pareille, je suis foutu.

Je l’attrape à toute vitesse pour la fourrer dans ma poche en jetant des coups d’yeux inquiets autour de nous, déjà complétement dépassée par ce qu’il se passe alors que Kai est là depuis deux foutues minutes.

Je grimpe donc dans sa voiture à toute vitesse, pour nous donner de l’intimité, et il me rejoint tout de suite.

-         Tu as replongé ?! Tu as revendu ?! Qu’est-ce que c’est que ce foutoir Kai ?! Je ne peux pas te laisser trois jours sans surveillance ?! J’ai des études bon sang ! Je ne peux pas passer mon temps à te materner ! Je suis à peine en train de reprendre le rythme et tu débarques avec une liasse à la main au lieu d’être au travail ! aboie-je.

Il ouvre des yeux ronds en se faisant crier dessus aussi violemment, mais il reste calme, ce qui est déjà un très bon point, qui indique sans doute qu’il n’a pas replongé.

-         Calme-toi bébé, je vais t’expliquer. Déjà rassure-toi, je suis passé en coup de vent pour te rendre le pognon et te proposer qu’on se voie ce soir. Je prends le travail dans moins d’une heure, tout roule là-bas, les gars sont cool. Je n’ai pas rechuté, mais après ton départ… Je sais que j’ai merdé, que je n’aurais pas dû être si agressif et vulgaire… Le lendemain, quand j’ai vu que tu n’étais pas là, je suis devenu complétement dingue. Pour être honnête, j’ai eu envie de me faire une ligne direct, mais je me suis tellement énervé que j’ai décidé de jouer au con encore plus fort.

-         Mais qu’est-ce que tu racontes ? couine-je d’angoisse.

-         Je me suis dit que je n’allais pas céder, pour toi. J’en avais tellement envie, ça me rendait fou, et j’étais encore plus fou de voir à quel point ça me rendait taré. Alors j’ai combattu le feu par le feu, j’ai appelé un fournisseur du réseau qui m’a filé de la came à revendre. Putain si tu m’avais vu, j’étais tellement fier de moi, je l’avais sous le nez bébé, sous le nez ! Et je n’ai pas craqué ! Toute la frustration, la colère, le dégoût que je ressentais, j’ai tout pris, tout subi, je me suis flagellé de t’avoir fait ce que je t’ai fait, j’étais heureux de souffrir, heureux de me confronter à la came et de ne pas craquer.

Il me lance un regard heureux et je suis abasourdie :

-         Tu attends de moi que je te félicite d’être retombé dans le deal… ? murmure-je en le prenant pour un dingue.

-         Mais non. J’ai déjà tout vendu ces derniers jours, je n’ai plus rien. Je voulais juste te rembourser le pognon que tu m’avais prêté, pour te… je sais pas, te montrer que tu peux compter sur moi… Comme ça, tu peux rembourser ton amie et tu n’es plus dans la merde. J’ai redonné sa part à mon fournisseur, et j’avais même une marge pour mon patron, pour mes dettes… Tout le monde est content, et je n’ai pas touché à la came. Je n’en vendrai plus, j’ai mon travail dorénavant, mais je voulais te rembourser vite. Maintenant, je vais tranquillement attendre ma première paye pour t’acheter un téléphone.

-         Inutile, j’aime le mien, il est très bien, ronchonne-je. Et je ne te dirai pas que je suis fière de toi Kai, tu as encore trempé dans l’illégalité… Enfin, au moins c’est fini et tu n’as pas retouché à cette cochonnerie alors…

Je tourne la tête vers lui et il m’observe, un immense sourire aux lèvres :

-         Alors tu es fière de moi bébé ! rayonne-t-il.

-         Non !

-         Bien sûr que si ! réplique-t-il en venant embrasser ma joue.

-         Ne me touche pas, bougonne-je en croisant les bras.

-         C’est noté… reviens-moi vite quand même bébé… je ne peux pas supporter que tu me fasses la gueule, insiste-t-il. Mais je l’ai mérité alors j’attendrai un peu… Bon allez, sors de ma caisse que j’aille au boulot comme un petit citoyen modèle. 

*

Je sors de cours à six heures, et je n’ai qu’une heure devant moi avant la réservation au restaurant. Je file donc en quatrième vitesse dans mon appartement où je ne trouve malheureusement pas Julia, que j’aurais été très heureuse d’apercevoir un petit coup, surtout maintenant que ma vie est redevenue un bonheur sans nuage.

Je me douche rapidement en prenant un peu soin de moi en vue de mes nuits chez Hunter, puis je sèche mes cheveux avec application pour bien définir mes longues ondulations. Je prends le temps de me maquiller légèrement, simplement pour faire un peu mieux ressortir mes grands yeux et je ris toute seule devant mon miroir en me souvenant du jour où Hunter m’a dit que j’avais des yeux de « hibou grand-duc ». Nous ne sommes définitivement pas nets, ni l’un, ni l’autre.

J’enfile ma robe en satin, mes magnifiques boucles d’oreilles papillons, et mes sandales à talons quelques minutes avant l’heure convenue, et pourtant, quand je sors de mon bâtiment, Hunter m’attend devant. Je manque de tomber à la renverse en le voyant, en le retrouvant en costume, avec sa chemise blanche impeccable et son allure de mannequin… Seigneur, cet homme n’appartient pas à la vie réelle…

Son look habituel lui va à ravir, j’adore la contradiction qu’il représente à lui tout seul, entre sa voiture de PDG d’une grande entreprise et son look « rock » de mauvais garçon, en sweat et rangers, tatoué jusqu’en haut de la nuque… Le tout est mystérieux, fascinant, insaisissable… ce qu’Hunter est.

Mais lorsqu’il porte un costume, il devient un autre, il devient cet homme élégant qui colle à la voiture qu’il conduit, mon James Bond en personne, mon Monsieur Smith, depuis le tout début…

Je rayonne de bonheur, mon cœur vibre d’amour alors que je le rejoins, et chavire lorsqu’il me penche légèrement en arrière pour m’embrasser en me couvrant de compliment. Il m’ouvre la portière, comme toujours, et me voilà partie pour cette soirée mystérieuse alors que je ne peux pas quitter Hunter des yeux.

*

Du moment où nous sommes montés en voiture, jusqu’à ce que j’ai les fesses posées sur ma chaise, j’ai été incapable de détourner mes yeux de lui. J’ai plus ou moins conscience qu’il vient de m’emmener dans le restaurant le plus côté de la ville, mais c’est comme un envoûtement, je ne peux pas regarder ailleurs. Je ne peux pas m’empêcher de le dévorer des yeux dans son costume, de me pincer le bras toutes les trois minutes pour être sûre que je ne rêve pas, que c’est bien en train de m’arriver à moi.

-         Tu comptes me dévisager comme ça toute la soirée ou commander un plat ? s’amuse-t-il sans lever le nez du menu qu’il consulte.

-         Je prendrai la même chose que toi, réplique-je en continuant ma contemplation.

J’ai les jambes croisées, le menton dans une main et je suis penchée vers lui autant que je le puisse pour être plus proche de son beau visage.

-         Arrête de me regarder comme ça… j’ai envie de te sauter dessus quand tu me fais ces yeux séducteurs…, chuchote-t-il toujours sans lever le nez.

Je souris comme un gros chat bienheureux en mordillant mon petit doigt et c’est le moment où ses yeux se relèvent.

-         Bon sang Hestia… arrête ! s’étrangle-t-il à moitié dans le petit rire qu’il essaie de garder pour lui.

-         Je ne peux pas faire autrement, je te trouve… tellement séduisant… j’ai l’impression de diner avec James Bond, c’est… Ça me…

Je mords encore mon doigts et il rit pour de bon en jetant des coups d’œil autour de lui, avant de poser les coudes sur la table pour se pencher vers moi :

-         Si tu es sage et que tu te tiens bien, James Bond te ramènera chez lui… En attendant, s’il te plait Hestia, arrête de me lancer ce regard brûlant, tu vas mettre le feu au restaurant…, chuchote-t-il.

Je mords ma lèvre cette fois, et je savoure ses yeux qui se posent dessus avec luxure dans la seconde. Malheureusement ou heureusement, nous sommes interrompus par le serveur et je prends effectivement la même chose qu’Hunter. Le restaurant est tellement chic que je n’ai de toute façon pas la moindre idée de ce qu’il y a dans les plats vu les noms compliqués et alambiqués qu’ils portent… Tout est à base de « velouté », de « crème de » sur « son lit de » assortis de tout un tas de je ne sais quoi.

En tout cas, le plat est délicieux. C’est sans aucun doute possible le meilleur que je n’ai jamais mangé de ma vie, qui ferait passer mes plats de l’hôtel luxueux à la montagne pour des fastfood. Les saveurs sont dingues, elles se mêlent par dizaines, elles s’associent parfaitement et je découvre un véritable voyage gustatif sous les yeux attendris d’Hunter. 

-         Un petit dessert mon amour ? demande-t-il.

-         Avec plaisir, choisis-le… Je te fais confiance, le plat était complétement dingue.

Il nous commande des desserts dont je ne saisis pas la moitié du nom, mais lorsque le serveur s’éloigne, il sort de je ne sais où deux petites boites noires rectangulaires, plutôt plates, avec des jolies rubans noirs autour. Ce sont assurément les cadeaux les plus classes que je n’ai jamais vu, aussi classe que lui et que le restaurant où nous sommes… Il n’y a que lui pour me faire une chose pareille, il est un cliché à lui tout seul, et je le regarde glisser les boites dans ma direction, puisqu’il me les offre visiblement.

-         Quoi… ? Mais qu’est-ce que c’est que ça… ? chuchote-je.

Son sourire devient aussi malicieux qu’immense et il reprend ses yeux les plus taquins :

-         Tu es unique Hestia, unique… Si je n’étais pas en train de le vivre, je te jure que je ne pourrais jamais y croire…, dit-il en souriant avec humour.

-         Mais à quoi ? Mais qu’est-ce que c’est que ces boites ? souffle-je timidement en les repoussant vers lui, gênée au possible d’avoir des cadeaux alors qu’il m’emmène déjà dans un restaurant pareil.

Il repose les coudes sur la table pour me tendre les mains, et j’y pose les miennes sans hésiter alors que nous nous penchons l’un vers l’autre. Il m’embrasse très sagement et peu de temps, vu le contexte ça me parait normal, mais je sens pourtant son amour m’envahir des pieds à la tête, comme s’il me le criait de toutes ses forces.

-         Hestia, mon cœur… Je ne peux même pas te décrire à quel point je t’aime… Je ne croyais pas particulièrement au grand amour avant de te rencontrer, je n’arrivais pas à trouver une femme vraiment intéressante, fascinante… une femme qui me donne envie de l’aimer, tout simplement. Puis je suis tombé sur toi, et là…

Il hausse les sourcils en observant la table, les yeux plongés dans ses souvenirs alors que je dois être en train de devenir aussi rouge que les roses sur notre table. Il relève les émeraudes qui lui servent d’yeux pour me lancer son regard qui tue, celui qui m’attrape et ne me relâche jamais.

-         Je sais ce que j’ai ressenti, je sais que ce je ressens, je sais ce que tu ressens Hestia… Je sais que nous finirons nos vies ensemble, peu importe les épreuves, les étapes, les hauts, les bas… Je sais que je t’aimerai toute ma vie et après les derniers évènements, je voulais juste que tu saches que je suis tien, pour toujours, que je serai toujours là.

-         Moi aussi Hunter, je… je ne peux pas répondre sans pleurer, croasse-je en forçant sur ma gorge nouée.

-         Ne réponds pas, je sais.

-         Tout est réciproque, articule-je quand même.

Il se repenche en avant, tout près de moi :

-         Je sais, répète-t-il avant de m’embrasser une fois de plus avec douceur. 

Je suis complétement étourdie lorsqu’il relâche mes lèvres, plus ensorcelée encore alors que je ne pensais pas ça possible. Il repousse les deux boites dans ma direction avant de croiser les mains devant ses lèvres pour me cacher son sourire immense :

-         Et maintenant, le moment que j’ai attendu toute la journée avec impatience, bon sang, je ne peux pas attendre de voir la bouille que tu vas me sortir…, dit-il en secouant la tête comme s’il n’y croyait pas.

Son euphorie et son humour me contamine, j’ai déjà un grand sourire aux lèvres, je glousse comme une pintade en me tortillant sur ma chaise alors que je passe l’une des plus belles journées de ma vie.

-         Mais qu’est-ce qu’il y a Hunter ?! Pourquoi est-ce que j’ai encore des cadeaux ?! Qu’est-ce qu’il t’arrive aujourd’hui ?

-         Joyeuse Saint-Valentin mon cœur, répond-il simplement.

Mon immense sourire s’évanouit immédiatement sur mes lèvres, et j’ai l’impression que le ciel me tombe sur la tête. C’est comme si je sortais la tête du seau, que je redécouvrais le monde qui m’entoure. Ma tête tourne toute seule autour de moi, pour enfin remarquer les cœurs, les bougies, les couples amoureux par dizaines autour de nous… Je ne peux pas croire que j’ai été si absorbé par Hunter que j’en ai manqué l’évidence même…

En tout cas, ma tête choquée et abasourdie doit valoir des points, parce qu’Hunter a bien du mal à retenir ses rires en m’observant en temps réel réaliser la chose. Je me refais le film de ce matin, des fleurs, du petit déjeuner, de son hilarité depuis notre réveil alors que je ne comprenais pas ce qu’il se passait.

Je porte une main à mes lèvres, je réalise soudain les petits sous-entendus de mes professeurs, celui de Kai à propos de ma « contre-soirée entre copines », les panneaux publicitaires pour les fleurs et les chocolats que je vois partout depuis trois jours, la date, que j’ai pourtant vu passer sans la voir plusieurs fois sous mon nez aujourd’hui…




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