Notre baiser est de plus en plus dur, passionné, animal…
Mes nerfs s’enflamment, une urgence de vivre explose en moi, une urgence de lui, de nous, de douceur, de bonheur, de partage, de connexion... Alors malgré tout ce que je viens de lui faire subir, j’attrape son sweat pour le passer par-dessus de sa tête.
Il se détache de mes lèvres une seconde, pour me laisser lui retirer, avant de replonger férocement sur mes lèvres, qu’il dévore beaucoup plus avidement. Je jette mes mains à sa ceinture pour la défaire et il me reprend dans ses bras, pour m’emmener dans sa chambre cette fois.
Des larmes de bonheur glissent sur mes joues lorsqu’il me pose dans ses draps, lorsque je sens son matelas familier sous mon dos, que je vois sa chambre rassurante lorsque j’entrouvre les yeux, que la fragrance de son nid me réconforte. Je me sens enfin en sécurité totale, dans ma bulle de bonheur, où rien ne peut m’atteindre.
Il ne lâche toujours pas mes lèvres tandis qu’il détache mes bottes rapidement et brusquement. Nous sommes dans un vrai chaos, nous refusons d’arrêter de nous embrasser plus d’un quart de seconde alors que nous finissons de nous déshabiller en nous agitant dans tous les sens. Dès qu’il retire ma robe de nuit, que je me retrouve complétement nue dans ses draps, au creux de ses bras, sous son corps chaud, je réalise enfin ce qu’il se passe et mes larmes sèchent.
Toute la tristesse s’évapore de mon corps, de mon cœur, de mon âme, pour n’y laisser que de l’amour transcendant.
Nous n’y allons pas par quatre chemins, nous nous embrassons encore quelques minutes brûlantes, complétement envoûtés l’un par l’autre, en transe complète avant qu’il ne se glisse en moi. Et il me fait l’amour, l’amour avec un grand A.
Il est appuyé sur ses coudes, les avant-bras calés sous ma tête, pour être au plus près de moi sans m’écraser, juste ce qu’il faut pour que je respire tout en restant si proche que son corps entier est au contact du mien. Il se déhanche comme il sait le faire, sans avoir à se détacher de moi, sans rompre nos baisers passionnés. Parce que nous n’arrivons toujours pas à arrêter de nous embrasser, nous gémissons, nous soupirons, nous haletons sans arrêter de nous embrasser avec férocité. C’est comme si nous rattrapions trois semaines de baisers, trois semaines de proximité, nous sommes complétement fondus l’un dans l’autre et la ville pourrait bien être à feu et à sang que nous n’arrêterions sans doute pas ce que nous sommes en train de faire.
Nous n’avons jamais été aussi bruyants, je couine contre ses lèvres, il râle de plaisir contre les miennes et nos souffles sont sans doute largement audibles jusque dans la chambre d’Eden, alors que je n’en ai jamais eu aussi peu quelque chose à faire.
Lorsque nous grimpons trop haut dans le plaisir, nos baisers ralentissent enfin. Nous ne nous détachons toujours pas, mais ils deviennent plus brouillons, plus coquins aussi puisque nos lèvres s’ouvrent plus largement pour laisser passer nos gémissements. Nos lèvres s’effleurent surtout, nos dents les croquent à tour de rôle, plus vivement que nous ne l’avons jamais fait et nos nez se caressent lorsque nous expirons en même temps.
Nous nous fixons, de nos yeux complétement étourdis et brillants, nous ne lâchons pas le regard de l’autre, nous nous y raccrochons aussi fort l’un que l’autre tandis que nos corps se crispent et se tendent dans tous les sens, que mes bras deviennent si rigides autour de sa nuque que j’ai encore peur de lui faire mal, que ses poings se serrent si fermement derrière ma tête que c’en est inconfortable.
Nos orgasmes sont magistraux, ils se déclenchent pratiquement en même temps, avec une puissance exacerbée. Je suis plus secouée de plaisir que je ne l’ai jamais été et c’est sans doute son cas aussi, parce qu’il gémit presque aussi fort que moi pour la première fois. L’explosion est si intense que je soupçonne que ce soit lié à notre soulagement de nous être retrouvés, de nous toucher après tout ce temps, de coucher ensemble alors que nous avons sans doute cru dur comme fer tous les deux que tout était définitivement terminé dans les quelques heures qui viennent de s’écouler.
Après ce sexe plus qu’intense, il se laisse tomber à côté de moi et nous reprenons nos souffles toujours plus bruyamment, secoués par nos cages thoraciques qui s’agitent férocement. Je ferme les yeux, pour savourer les hormones qui se déversent par litres dans mon corps, qui me font tellement planer que j’en ai presque le tournis après des semaines d’inquiétude loin de lui.