LE MERCENAIRE

Chapitre 58 : Les Voyageurs de la tempête

Par Beauvais

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Polack tendit l'oreille, retenant son souffle, et perçut distinctement dans les hurlements de la tempête ce qui lui sembla être le martèlement de sabots sur le pont-levis. Puis des coups puissants retentirent contre le grand portail.

« Qui diable nous amène ? » chuchota-t-il. Plutôt que d'allumer les lumières et de reprendre son travail sur les livres de comptes, il quitta précipitamment la pièce et se dirigea vers le hall. La comptabilité fut oubliée, les registres abandonnés.

Polack éprouvait ce frémissement de l'être, de la matière et du temps qui lui signalait, à peine perceptiblement, qu'il se trouvait à un point de bascule — ce point zéro où le premier domino, dont la chute entraînerait tous les autres, commençait à vaciller. À moins que ce ne fût simplement la curiosité qui, tout en étant un vilain défaut, demeurait le ressort du progrès, qui le portait en avant.

En quelques minutes, il gagna le hall où une certaine effervescence régnait. Léopold distribuait ses instructions, des domestiques s'affairaient avec les bagages, tandis que les femmes de chambre débarrassaient les voyageurs de leurs manteaux détrempés. Les visiteurs étaient au nombre de trois : une femme de haute stature, accompagnée de deux hommes — l'un petit et corpulent, l'autre nettement plus grand et large d'épaules. De l'endroit où il se tenait, Polack ne pouvait distinguer clairement leurs visages, seulement leurs silhouettes. Il lui était impossible de se prononcer sur leur âge ou leur condition — les vêtements, après ce périple à travers la tempête, tenaient davantage de la guenille que d'une mise convenable.

Soudain, la femme releva la tête et planta son regard dans celui de Polack. L'espace d'un bref instant, il eut la sensation que le sol vacillait sous ses pieds, comme si la terre cherchait à se dérober. Ces yeux noirs, d'une profondeur troublante, encadrés de longs cils — il les avait déjà croisés quelque part, sans parvenir à situer ni le moment ni les circonstances. Peut-être les avait-il entrevus en songe ; mais dans ce rêve-là, ils rayonnaient d'une gaieté légère, puis d'une ardeur brûlante, bien loin de cette froideur de lame qu'ils arboraient à présent. Comme sous l'hypnose, il fit un pas vers l'étrangère, mais à cet instant elle frissonna et baissa les yeux, et le charme fut rompu. Polack ne voyait plus qu'une voyageuse fatiguée et transie de froid. Il secoua la tête pour chasser les restes de rêverie dans laquelle ce regard l'avait plongé, puis rejoignit Léopold au milieu du hall, qui fit les présentations : 

— Permettez-moi de vous présenter mon époux, Die Clotaire Runs !

Polack s'inclina avec courtoisie, tout en continuant d'observer les visiteurs avec une attention soutenue, sans cacher son intérêt.

Léopold poursuivit :

— Clotaire, voici Mistresse Adélaïde Vikc, ma très lointaine cousine et plus lointaine encore voisine. Son domaine s'étend aux confins de l'Empire — les mauvaises langues affirment même qu'il en franchit les limites.

Polack prit conscience que la dame n'était pas aussi jeune qu'il l'avait d'abord supposé. Les fines rides au coin des yeux et de la bouche, quelques mèches blanches s'échappant d'une coiffure par ailleurs d'un beau châtain — tout portait à croire qu'elle avait atteint, voire dépassé, la cinquantaine.

— Elle est accompagnée de son fils Sergin…

Il esquissa un geste pour inviter le grand gaillard à s'avancer. Polack tressaillit. Cet homme ne lui était pas inconnu, et pourtant — non, il en était certain — il ne l'avait jamais rencontré auparavant. Quelque chose, néanmoins, dans le maintien, la façon de se mouvoir, la silhouette, lui semblait décidément familier.

Léopold se tourna vers le petit homme, en se massant le front. Il semblait dérouté, comme si les mots lui avaient soudainement échappé et que l'identité de son interlocuteur lui était devenue étrangère. Il fronça les sourcils, l'expression « Qui diable êtes-vous ? » se lisait presque sur son visage. Le voyageur le fixa droit dans les yeux, et il sembla à Polack qu'il articulait silencieusement quelques mots. Léopold se détendit aussitôt et reprit :

— Comme je le mentionnais, ma cousine voyage en compagnie de son fils et de Christobald, le Mass de sa famille.

— Bonjour, mes enfants, que la bénédiction des dieux des Cimes soit avec vous pour votre hospitalité.

La voix de Mass Christobald était mielleuse — si mielleuse qu'elle semblait laisser un goût sucré dans la bouche de ses interlocuteurs. Polack inclina la tête avec courtoisie, mais dès que le personnage se détourna pour s'adresser à Léopold, il s'essuya discrètement les lèvres et cracha même dans son mouchoir, cherchant à se débarrasser de l'arrière-goût qu'une seule phrase de cet homme avait suffi à provoquer.

— Je n'ai jamais eu connaissance de cette cousine, ni de ce domaine ! fit entendre une voix désagréable et sèche. Ces mots semblèrent briser l'envoûtement. 

C'était Maître Gnous, qui fit son entrée. Polack l'aurait embrassé. Il lui sembla que l'air s'éclaircissait, que ses pensées retrouvaient leur netteté, comme si l'on avait arraché un voile ou dissipé les toiles d'araignée qui encombraient son esprit.

Léopold clignait des yeux et paraissait désorienté ; les domestiques s'entre-regardaient avec stupeur. 

Mass Christobald, sans plus chercher à se dissimuler, leva les bras vers le plafond — dans ses mains, il tenait une petite pyramide dorée. Elle flamboya, et la lumière inonda toute l'assistance. Dans l'esprit de Polack, des pensées contradictoires se mirent à tournoyer avec frénésie : « Bien sûr, c'est une cousine… Mais non, je ne la connais pas. Pourtant, Léopold en a parlé il y a deux jours. Mais non, jamais… » Puis il ressentit une secousse mentale vigoureuse venue de l’exterieur, et le sortilège s'évanouit. « Merci, Kamelio, c'était moins une ! » songea-t-il.

Polack était en sueur. La lutte contre l'attaque psychique avait été rude. Il promena son regard alentour : Mass avait déjà rangé son artefact, les serviteurs souriaient, Léopold donna une tape amicale sur l'épaule de celui qui se nommait Sergin ; et Maître Gnous saluait respectueusement les nouveaux venus :

— Bonjour, Mistresse Vikc, votre cousin m'a beaucoup parlé de vous, et toujours avec une grande chaleur.

Polack se contraignit à afficher un air légèrement hébété mais affable, priant en son for intérieur de ne pas éveiller le moindre soupçon :

— Bonjour, cousine Adélaïde, vous permettez que je vous appelle ainsi ? Je suis heureux de faire enfin votre connaissance.


***


Le dîner qui suivit l'arrivée des voyageurs comptait parmi les plus étranges auxquels il lui avait été donné d'assister. Polack l'aurait volontiers comparé au thé chez le chapelier fou, mais ce dernier en serait sorti perdant. Si l'un et l'autre partageaient cette touche de folie surréaliste, le dîner revêtait une teinte bien plus sinistre.

Les convives évoquaient des pantins dont un marionnettiste tire les ficelles pour les animer, avant de les laisser s'affaisser dès que son attention se détournait. Polack voyait la consternation et l'incompréhension se peindre sur les visages, puis ces mêmes visages s'illuminer sous le regard perçant de Mass Christobald. Léopold s'interrompait au milieu d'une phrase portant sur le domaine de sa chère cousine, la contemplait avec hébétude, puis, comme s'éveillant d'un songe, reprenait son propos avec une assurance retrouvée. Tous les convives semblaient ployer sous le poids d'un sortilège qui, même lorsqu'il fléchissait, les enlaçait dans ses méandres ténébreux et oniriques.

Polack s'efforçait d'afficher le même air hébété que ses voisins de table, sans être tout à fait convaincu d'y parvenir. La femme — mais où donc l'avait-il croisée, que diable ? — le couvait d'un regard soupçonneux, auquel il répondait invariablement par un sourire qu'il espérait suffisamment candide.


L'atmosphère était si pesante que Polack peinait à manger, boire et discuter avec légèreté — même si l'excellent vin servi au repas l'y aidait beaucoup.

En catimini, il observa attentivement les nouveaux venus. La femme semblait tendue à l'extrême — Polack pouffa intérieurement : dans son univers, on aurait dit « tendue comme un string », mais il doutait fortement que ce détail de toilette fût connu ici. Elle s'exprimait pourtant avec une aimable courtoisie, émaillant son discours de « cher cousin » et de « je suis fort aise de vous revoir ».


Son fils était renfrogné, ne prenait aucune part à la conversation, mangeait à peine et se tenait avec une rigidité exemplaire, droit comme un « I ». Polack pouffa de nouveau — non, décidément, il lui fallait modérer sa consommation : était-ce là la troisième ou la quatrième coupe ? — la comparaison s'imposa néanmoins avec force à son esprit : « Droit comme s'il avait le manche à balai planté dans le cul. »


Mass Christobald, quant à lui, parlait à peine. Ses réponses à Mass Eustache se limitaient à de courtes répliques, tandis qu'il s'employait, avec une concentration manifeste, à maintenir la toile d'araignée mentale qu'il avait déployée sur l'assistance. L'effort lui coûtait visiblement : il transpirait abondamment, mangeait et buvait avec une avidité peu reluisante, et fort malproprement qui plus est. Ce manque de manières s'expliquait aisément — il ne se servait que d'une seule main, la gauche, la droite demeurant dissimulée sous la table. Polack soupçonnait que ce n'était ni pour se livrer à quelque acte d'autosatisfaction — il ne put retenir un nouveau ricanement —, ni pour effleurer les genoux de sa voisine, l'intendante Mistresse Giselle, mais bien pour manipuler quelque chose sous la table. L'artefact, peut-être. 


Polack tenta de recourir à son don et eut la désagréable surprise de se heurter à quelque chose s'apparentant à un mur. Les personnes étaient bien présentes, mais si l'on se référait à sa vision intérieure, devant lui se trouvaient des failles béantes dans la trame du réel, et non des êtres vivants. De toute évidence, les visiteurs se trouvaient protégés soit par un puissant artefact, soit par un Mass tout aussi redoutable — bien plus puissant que Mass Christobald. À moins que ce dernier ne dissimulât adroitement la majeure partie de sa force.


Polack se sentait déconcerté : les invités, étranges et pourtant étrangement familiers (il avait le sentiment que s'il parvenait à se les remémorer, le charme se dissiperait), le repas digne d'Alice au pays des merveilles, et cette journée interminable — il avait ouvert les yeux à l'aube — tout cela commençait à produire son effet. Il bailla et se vit récompensé d'une légère pression sur le genou de la part de Léopold, suivie de cette réplique empreinte de sollicitude :

— Ma cousine, mon cousin, Mass Christobald, vous devez être extrêmement éprouvés par le voyage. J'ai fait préparer à votre intention des appartements dans l'aile des invités. J'espère sincèrement que vous y trouverez le confort qui vous est dû. Nous reprendrons cette conversation des plus agréables et instructives demain matin.

— Je vous en suis profondément reconnaissante ; nous avons tous un grand besoin de repos. Je ne saurais toutefois vous assurer que nous aurons l'occasion de nous entretenir demain, répondit avec un soulagement presque palpable Mistresse Vikc. Si le temps nous est favorable, nous reprendrons notre route dès le lever du soleil.

— Dans notre contrée, comme vous le savez sans doute, le temps se montre fort versatile. Il se pourrait que je jouisse encore quelques jours de votre aimable compagnie, avant que les routes redeviennent praticables.

Léopold porta avec une courtoisie irréprochable les doigts de la dame à ses lèvres, s'inclina devant les autres convives, et Polack, dans son sillage, prit congé, confiant aux domestiques le soin de raccompagner les invités jusqu'à leurs appartements.


***


Polack s'était senti profondément épuisé durant le repas, convaincu qu'il s'effondrerait dès que les portes de la chambre qu'il partageait avec Léopold se refermeraient sur eux. Mais il n'en fut rien — bien au contraire, à chaque pas qui l'éloignait de la salle à manger et de leurs invités, les forces lui revenaient, comme si un poids considérable eût été ôté de ses épaules. Léopold, lui aussi, paraissait sensiblement plus alerte : sa démarche traînante et pesante au moment de quitter les lieux s'était métamorphosée, devenant plus légère et vive.

— Que penses-tu de notre cousine ? commença prudemment Léopold, dès que les portes de leur appartement se refermèrent derrière eux. Il m'a semblé que tu ne l'appréciais guère, pourtant elle est notre plus proche voisine et une personne des plus charmantes.

— Je n'ai pas bien saisi — où se trouve son domaine ?

Léopold esquissa un geste imprécis en direction approximative du nord :

— Quelque part par là, juste à la frontière septentrionale.

Polack laissa échapper un soupir. Le sortilège, malgré la distance, semblait tenir bon. Il se garda bien de signaler à son époux que le domaine le plus au nord était le sien et non celui de cette mythique cousine. Il redoutait que cette révélation n'eût une action néfaste sur l'esprit de Léopold, où deux visions de la réalité se seraient alors heurtées. Il préféra s'éventer de la main :

— L'air est bien lourd ce soir. J'espère que tu as fait installer nos charmants hôtes dans les appartements les plus aérés...

— Je suis heureux que tu te soucies d'eux ! Oui, leur logement se trouve juste au-dessus du nôtre et dispose d'un balcon formé par une excroissance naturelle de la roche.

Polack ouvrit la fenêtre et se pencha dans le vide. Les éclairs ne zébraient plus les cieux, le vent avait cessé de souffler en rafales à détuiler la toiture — la tempête s'était apaisée. La pluie fine elle-même avait cessé, laissant néanmoins les murs luisants d'humidité. Il leva les yeux. Un balcon se trouvait effectivement à l'aplomb, sa baie grande ouverte laissant filtrer des voix. Une dispute semblait se dérouler là-haut.


Polack, avec l'agilité d'un félin, se hissa sur le rebord de la fenêtre et entreprit de chercher une prise pour s'élever.

— Arrête ! Tu n'es pas un acrobate, tu vas te tuer ! Descends de cette fenêtre ! Mais où comptes-tu aller ?

Léopold s'élança vers Polack avec la ferme intention de le faire renoncer à son projet, de gré ou de force.

Polack se retourna et déclara avec une assurance tranquille, teintée d'un certain aplomb :

— Je vais simplement m'assurer que nos chers invités ne manquent de rien.

Il ignorait pourquoi il était persuadé qu'une affirmation et une action aussi absurdes trouveraient grâce aux yeux de Léopold, dont l'esprit demeurait voilé par les effets de l'artefact inconnu. Et il ne se trompait pas. Son époux recula d'un pas, puis demeura immobile, incapable de trancher — une lutte entre le bon sens et une perception onirique déforma fugitivement son visage. Mais au bout d'un bref instant, ses traits se détendirent :

— C'est fort aimable de ta part ! Vas-y, et transmets également mes respects à nos cousins.

Polack esquissa un sourire, adressa un bref signe de la main à Léopold, puis chercha une prise et entreprit son ascension. Fort heureusement, la distance demeurait modeste — quatre, cinq mètres tout au plus —, néanmoins il eut le temps de maudire sa témérité et son imprudence à dix reprises durant la montée : ses doigts glissaient, peinaient à trouver appui, et une fois même, la pierre qui paraissait pourtant solide se détacha sous son pied. À cet instant, il se plaqua contre la paroi et formula une brève prière pour que le bruit provoqué par cette chute ne parvînt pas aux oreilles des occupants. Les dieux semblèrent lui être favorables — ou peut-être les hôtes des appartements d'invités étaient-ils trop absorbés par leur conversation —, mais nul ne se montra sur le balcon pour s'enquérir de ce qui se passait.


Le souffle court, Polack parvint enfin à poser le pied sur le balcon. Il s'accroupit quelques instants pour recouvrer ses esprits, puis, sans se redresser tout à fait, s'avança avec une prudence méticuleuse vers la baie vitrée entrouverte qui donnait sur l'extérieur.

Il releva la tête et glissa un regard furtif à l'intérieur de la pièce. Mistresse Vikc était installée sur une petite chauffeuse et paraissait épuisée. Mass Christobald, de son côté, s'était affalé dans un fauteuil, les pieds négligemment posés sur une table basse — une posture désinvolte, peu digne de son rang. Sergin leur faisait face, les bras croisés sur la poitrine.

Ayant localisé chacun des protagonistes, Polack se repositionna de manière à demeurer hors de vue et prêta l'oreille.

— Quelle nécessité avait-il d'exposer ainsi vos pouvoirs et l'artefact ? lança la femme d'une voix irritée. Et pourquoi s'arrêter ici ? On aurait pu... On aurait dû poursuivre notre route !

— Ah, vraiment, quelle nécessité ? Voyons donc, nous aurions dû continuer sous une pluie battante et la grêle, dans cette contrée où il n'existe pas le moindre abri à des lieues à la ronde..., lui répondit son interlocuteur d'un ton railleur, Mass Christobald à n'en pas douter.

Le crissement des pieds d'un meuble que l'on déplaçait parvint aux oreilles de Polack.

— Nous avons tous besoin de reprendre des forces. De toute façon, ma chère, nul ne se souviendra de quoi que ce soit une fois que nous serons repartis.

— Mais le jeune Clotaire me semblait peu réceptif à votre pouvoir ; j'ai bien cru qu'il ne s'y soumettrait jamais, soupira la femme.

— Le jeune Clotaire ? Ce freluquet ? N'ayez aucune inquiétude, je connais fort bien ce genre d'individus. Il pense, dans la mesure où il en est capable, surtout aux fêtes, aux bijoux et aux habits. Et, peut-être, à ce qui se dissimule dans le pantalon de son époux. À moins que cela ne représente une réflexion trop complexe pour lui.

Polack réprima un ricanement — s'il savait ! — et, pour une fois, se félicita d'avoir l'apparence d'un jeune écervelé et de n'éveiller aucune méfiance. Puis il hasarda de nouveau un regard dans la pièce. La disposition des protagonistes n'avait guère évolué, si ce n'est que Christobald avait écarté la table basse et abandonné sa posture nonchalante pour une attitude plus tendue. Soudain, Sergin pivota vers la fenêtre, comme s'il avait perçu une présence.

Polack recula, le cœur battant la chamade — non seulement par crainte d'être découvert, mais sous l'effet d'une révélation foudroyante. Ce port altier de la tête, cette chevelure, cette stature... Non, il ne l'avait jamais rencontré auparavant. Pourtant, chaque trait de son visage, chaque mouvement, chaque inclinaison de la tête évoquait avec une précision troublante quelqu'un qu'il connaissait déjà.


Et soudain, il comprit.






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