Ombre et Lumière

Chapitre 0 : Prologue

447 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 21/11/2020 16:30

Prologue


La dernière sorcière avait péri sur un bûcher près de deux cents ans auparavant. Elle était l'ultime représentante du peuple magique soigneusement éradiqué pour des raisons politiques. Les hommes de pouvoir n'aiment pas voir leurs plans contrariés par des êtres qu'ils ne peuvent pas maîtriser. Ils avaient donc soigneusement monté les populations contre toutes les créatures magiques, les accusant de tous les maux habituels : la guerre, les maladies, les mauvaises récoltes, la famine… 


Chaque fois qu'un problème se posait quelque part, un comité se réunissait et désignait des coupables, la plupart du temps des bouc-émissaires ayant pour torts réels d'avoir des capacités différentes et de les mettre, généralement, au service des autres. Bien-sûr, comme chez les humains, certains de ces êtres exceptionnels usaient sans scrupules de leurs pouvoirs pour leur unique cause mais ils n'étaient néanmoins pas la majorité.


La magie était à présent considérée comme disparue, si tant était qu'elle eût réellement existé. Son souvenir perdurait essentiellement à travers les contes et légendes dont les enfants sont si friands. Bien-sûr, certaines personnes présentaient des sensibilités particulières mais on se gardait bien d'en parler et ces personnes exceptionnelles vivaient généralement recluses ou dissimulant soigneusement leurs capacités. Il arrivait également que des phénomènes inexplicables aient lieu : mouvements d'objets inanimés, apparition de créatures inconnues, voire monstrueuses, mais là encore chaque affaire était soigneusement étouffée, quand on ne l'expliquait pas simplement par un état d'ébriété ou halluciné de la personne l'ayant vécue. 


Les différents mondes qui cohabitaient se différenciaient par le niveau social : les plus pauvres connaissaient la misère et le labeur sans fin, ponctionné par ceux qui avaient plus de moyens. Différents corps de métiers se complétaient pour répondre aux besoins des humains : agriculture, manufacture, commerce, éducation, médecine et sécurité. 


La plupart des gens travaillait dur pour vivre chichement, seul un faible pourcentage de privilégiés menait une vie d'oisiveté essentiellement occupée par le commerce ou la guerre pour garder leurs avantages. D'autres individus moins scrupuleux avaient décidé de recourir aux solutions les plus faciles et les moins morales pour obtenir tout ce que bon leur semblait. C'était une époque où, comme souvent, la loi du plus fort restait la meilleure et la Justice était corrompue par des personnes sans scrupules, ou portée par des âmes solitaires, qui essayaient tant bien que mal de rendre le monde un peu meilleur.


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