Entres les mondes, entres nous

Chapitre 14 : Vacances

Par marine.mazallon

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Après le mois, qu’il venait de vivre, John avait estimé qu’il avait tous les deux grandement besoin de vacances. Il avait donc organisé en secret un voyage. Un endroit qu’il avait toujours voulu lui montrer quand il voyageait encore ensemble. Sur une toute petite île perdue proche de l'Irlande, se déroulait un rituel qui se produirait dans quelques jours. Enfin il l’espérait car la vie de ce monde avait pas mal chamboulé ses convictions. 

Jonathan préparait la valise de Rose, mais il avait du mal à s’y retrouver parmi les cartons de Rose qui occupait chaque recoins de la pièce. L’appartement convenait parfaitement à une vie solitaire, mais désormais qu’ils partageaient le même toit, l’espace paraissait étroit. Les cartons s’empilaient dans le salon, les couloirs semblaient rétrécir, et chaque geste du quotidien leur rappelait qu’ils avaient besoin de plus.

Alors, un soir, ils ont pris la décision ensemble. Chercher un nouveau lieu, plus grand, plus lumineux. Non pas seulement pour ranger des cartons, mais pour se protéger des ombres du passé et marquer un cap dans leur relation : construire un véritable foyer, à deux.


Les valises étaient enfin prêtes. Il était temps : un peu plus, et Jonathan aurait été en retard pour aller chercher Rose. Pourtant, ce n’était pas le voyage qui le rendait nerveux… mais ce qu’il avait prévu d’y faire.

Depuis des jours, il portait en lui une décision qui le troublait. Au début, il n’était pas spécialement pour le mariage. Ayant déjà été marié plusieurs fois, il n’en voyait plus le symbole comme assez fort pour exprimer ce qu’il ressentait pour elle. Mais Jackie avait su trouver les mots : — N’oublie pas que, contrairement à toi, Rose n’a vécu qu’une seule vie. Elle n’a jamais été mariée. Et puis, je sens que tu cherches le bon mot pour la présenter aux autres… en la désignant comme ta femme, ce sera certainement plus facile.

Jonathan n’était pas dupe : il savait que Jackie rêvait d’organiser ce mariage. Mais ses paroles avaient fait leur chemin dans son esprit. Suffisamment pour qu’un jour, en passant devant la vitrine d’un bijoutier, son regard s’arrêta. La bague parfaite était là. Il n’hésita pas. Une bague en or rose, ornée d’un rubis taillé en forme de fleur. Depuis, la petite boîte ne le quittait plus, glissée dans la poche intérieure de sa veste. 

Quand il arriva, elle l’attendait sur le trottoir. Il prit ensuite la route de l’aéroport. – Tu sais que ce n’est pas par-là, la maison ?. Il ne répondit pas car il arrivait sur le tarmac où l'attendait le zeppelin de Pete. 

– John pourquoi on est là ?

– Parce que je t’emmène en voyage 

– Maintenant ? Et où vas-t-on ? 

– Tu verras”

Quelques heures plus tard, ils arrivèrent sur l'île. L'avantage des zeppelins est qu’ils n’avaient pas besoin de beaucoup de terrain pour décoller ou atterrir contrairement aux avions. John avait réservé une voiture ainsi qu’une charmante petite maisonnette en plein centre du seul village. Elle voyait qu’elle était sceptique, elle ne pensait sûrement pas passer une semaine en mer d’Irlande mais il était sûr qu’elle apprécierait le séjour surtout avec la surprise qu’il lui montrerait. La semaine passa assez vite, il avait beaucoup marché car l'île offrait des paysages somptueux si on savait où se promener. Heureusement pour eux, il avait rencontré Yann, un homme d’une quarantaine d’années, dont la famille habitait cette île depuis de nombreuses générations. Il leur avait servi de guide durant ce voyage. Yann lui confirma que le rituel avait bien lieu en fin de semaine.

Le grand soir arriva enfin, officiellement Yann les avait invités à une surprise en haut d’une colline (il avait promis d’aider Jonathan à faire sa demande). Elle avait protesté car la surprise se déroulait à minuit pile et qu’il fallait marcher deux bonnes heures pour y arriver mais ce dernier avait promis que cela en valait la peine.  En attendant leur guide, il l’avait invité à un restaurant en bord de plage. Il avait essayé de faire sa demande mais sans succès. Il avait d’ailleurs essayé toute la semaine, en vain. A chaque fois qu’il pensait trouver le bon moment, un événement inattendu le gâchait, ça allait d’un coup de téléphone de Jake, a un mec qui la draguait, au serveur maladroit, même la pluie était contre lui. Ce souvenir lui fit monter une vague de plaisir. Ils étaient sur la plage, devant le coucher de soleil quand ils ont été surpris par une violente averse. Ils s’étaient alors réfugiés dans un abri de pêcheur. Ses vêtements détrempés leurs collaient à la peau. S’il était encore un seigneur du temps, il aurait réprimé, non sans difficulté, le désir qu’il lui brûlait les entrailles. Mais non seulement il ne l’était plus mais en plus ils étaient ensemble, il y céda donc avec plaisir. Oui ce voyage n’aurait définitivement pas été le même s’il n’était pas en partie humain. Pour en revenir à la soirée, Yann les attendait à la sortie du village, ils marchèrent deux bonnes heures pour atteindre le sommet de la colline sous la multitude d’étoiles qui brillaient.


Une fois arrivés, Ils découvrirent un cercle de pierres dressées d’au moins 3 mètres, la plus grande se trouvant en son centre. Ces pierres étaient gravées de ruines probablement celtiques.  Yann les attendait plus bas, Rose et Jonathan se cachèrent dans les hautes herbes pour pouvoir admirer le spectacle. A minuit pile, d'étranges êtres surgirent de nulle part, elles ressemblaient à des femmes mais possédaient ce qui semblaient être des ailes au niveau de la taille. Elles se mirent alors à danser. Lorsqu’elles tournoyaient leurs ailes virevoltaient avec elles, leurs donnant l’impression qu’elles volaient réellement. On pouvait voir qu'aucune d’entre elles ne jouaient d’un instrument mais on entendait très clairement une mélodie très envoutante. Chacune d’entre elles portaient des flambeaux de différentes couleurs. Aussi étrange que cela puisse paraitre, la lumière de ces flambeaux restaient dans le ciel noir et dessinaient petit à petit des cercles de couleurs. Leur danse était magnifique et extrêmement mystérieuse.  

– Elles viennent de la planète Kalagore, je sais que dans l’autre monde, un de leurs vaisseaux s'échoua sur cette île il y a plusieurs années de ça. Je suppose que c’est pareil ici. Elles ne sont visibles que pour ce rituel, le reste du temps elles se cachent dans les autres herbes. Les gens du coin les ont souvent confondus avec des fées. Le rituel qu'elle pratique est une célébration au nouveau-né de la reine qui est resté vivre sur leur planète

– C'est sublime dit Rose 

A ce moment la musique s’accéléra, tous les cercles lumineux se mélangèrent au-dessus de la pierre centrale dans une flopée de couleurs absolument grandiose. Personne n'aurait pu décrire avec des mots ou en peinture la beauté du paysage qu'ils voyaient. Le ciel étaient illuminés de jaune, bleu, orange, marron, violet, rouge... La musique accéléra encore et toutes les lumières dans le ciel se mirent à tournoyer pour ne former qu'un seul vaisseau en direction du ciel. La célébration prit fin aussi vite qu’elle avait commencé et les Kalagores disparurent. 

– C’était magnifique

– En effet, j’en avais beaucoup entendu parler mais je n’aurais jamais imaginé que cela puisse être aussi beau.

Le silence était revenu sur la colline. En contrebas, Yann s’était endormi dans l’herbe, preuve qu’ils avaient été seuls témoins d’un spectacle normalement invisible aux humains. Rose tournait autour des pierres, fascinée, comme si elle voulait reproduire la danse des Kalagores.

— Rose…, commença-t-il, la main glissée dans sa poche où se trouvait la petite boîte.

– Je sais ne dois pas toucher les pierres, Je t’assure que je n’ai pas envie de finir dans un autre siècle. (Elle faisait référence à une série qu’elle regardait en ce moment). John, viens voir. 

Rose s’approcha de la pierre centrale, fascinée. 

— On dirait le symbole qui était gravé sur la porte de ma chambre dans le TARDIS…

Jonathan fronça les sourcils. 

– Non, ce n’est pas le même. Il lui ressemble, mais… Rose, ne touche pas !

Trop tard. Du bout du doigt, elle effleura le symbole. Ses yeux se révulsèrent, et son corps se figea. Elle partit en transe.


La neige tombait sur Londres. Dans une rue déserte, une silhouette se tenait immobile. Son visage était flou, mais derrière lui, une forme familière se dressait : le TARDIS. La lumière bleue pulsait doucement, rassurante et hypnotique.

Rose sentit son cœur bondir. 

— C’est lui… c’est le Docteur. La silhouette parlait à une femme blonde âgée. 

Ses mots étaient confus, mais un fragment résonna clairement : — Personne ne peut m’arrêter désormais. 

Rose recula dans sa vision, glacée. Avec le sentiment que cela n’aurait pas dû se produire. Pas de cette façon.

Jonathan, paniqué, attrapa la main de Rose pour la ramener à lui. Au moment où leurs doigts se touchèrent, il fut happé à son tour.

Il contempla un gouffre sans fin. Au centre, une silhouette familière se dressait, mais ses yeux brûlaient d’une lueur dorée, inhumaine. Des chaînes de pure lumière l'enserraient, comme si le Temps lui-même cherchait à le maintenir emprisonné.

Sa voix résonna, puissante, rocailleuse et terrifiante :

—J’étais le Voyageur... Je suis devenu le Cauchemar. Et je ne resterai pas enfermé. Les murs ne tiendront pas éternellement, car ma clé est ici.

Jonathan recula, épouvanté. Ce n’était pas une illusion. C’était une menace bien réelle.

Rose reprit ses esprits, haletante. 

— John… je l’ai vu. Le Docteur, le TARDIS, il était à Londres, il neigeait. Il discutait avec une femme blonde assez âgée. Je ne comprenais pas ce qu’il disait. Mais je crois qu’il l’a sauvée alors qu’il n'aurait pas dû. Il disait que personne ne pouvait l’arrêter maintenant. 

Jonathan secoua la tête, pâle. — Non, Rose. Ce n’était pas le Docteur. C’était quelqu’un un autre Seigneur du temps… celui qui, içi, est devenu le Cauchemar.


Ils échangèrent un regard, bouleversés. Deux visions, deux avertissements. L’une trompeuse, l’autre terrifiante. Ensemble, elles annonçaient que les murs du temps ne tiendraient pas éternellement.

Ils redescendirent vers le village, chacun hanté par ce qu’il avait vu. Rose, persuadée d’avoir reconnu le TARDIS, Jonathan, certain d’avoir affronté la vérité. La petite boîte dans sa poche resta fermée. Ce n’était pas le bon moment.

Mais ailleurs, loin de l’Irlande, une autre présence s’éveillait déjà. Le Cauchemar avait tendu ses chaînes invisibles vers son premier instrument.






Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés