Les Chroniques du Cirque de Verre

Chapitre 1 : L'Archipel des Échos

Par ClairDeLouve

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Chapitre écrit pour répondre au Défi Mots improbables (Juin 2016) en seconde chance.

Niveau 1 : Insérer 12 mots ou expressions (que vous retrouverez en gras dans le texte)

Niveau 2 : introduire à un moment donné de votre récit un extrait de type journalistique (coupure de presse ou extrait retranscrit de journal télévisé)



Chapitre 1 - L'Archipel des Échos



Le TARDIS avait littéralement trébuché dans la réalité. Dans un gémissement métallique de pignons agonisants qui fit vibrer la structure jusque dans ses fondations, la capsule fut expulsée du Vortex. À l’intérieur, la gravité sembla s'oublier une seconde avant de revenir en force. La console centrale, cet enchevêtrement chaotique de cadrans en laiton patiné, de leviers de trains à vapeur et d’écrans cathodiques grésillants, oscilla violemment sur ses amortisseurs hydrauliques. Le Docteur fut projeté contre le panneau de commande, son épaule percutant un commutateur de navigation dans un craquement sec. Ses lunettes de lecture furent arrachées de son nez par l'inertie, tournoyant comme des oiseaux blessés à travers la salle de contrôle avant d’aller s’échouer dans les méandres obscurs des câbles corail qui tapissaient le sol. Un silence relatif retomba, seulement troublé par le cliquetis d'un ventilateur fatigué et le sifflement d'une fuite de vapeur dorée. Puis, une porte claqua au loin.

« Docteur ! »

Le cri venait des profondeurs du vaisseau, précédant une foulée lourde et furieuse.

« Si tu as encore essayé de garer cette cabine en marche arrière sans regarder les rétros, je te jure sur ma mère que je te fais manger ton tournevis ! »

Donna Noble déboula sur la passerelle supérieure. Elle s'arrêta net, réajustant sa veste en cuir noir d'un coup d'épaule sec. Ses yeux étincelaient d'une colère volcanique, une fureur magnifique qui semblait faire pulser les piliers de lumière orange de la salle de concert avec elle. Elle pointa un doigt accusateur vers l'homme en costume froissé qui tentait de retrouver sa dignité. Le Docteur, lui, se redressait déjà avec une souplesse de chat, ignorant la douleur dans son épaule. D'un geste machinal, il passa ses mains dans ses cheveux bruns pour leur redonner cet aspect de « tempête maîtrisée ».

« On ne recule pas avec un TARDIS, Donna ! » répliqua-t-il, la voix un peu trop aiguë pour être totalement crédible. « On glisse à travers les strates du temps. On négocie avec les dimensions. C’est une forme d’art, très complexe, très délicate. Et techniquement... »

Il tapota un écran du bout des doigts, faisant défiler des lignes de code gallifreyien.

« ...nous sommes arrivés. »

« Arrivés où ? Dans un mixeur géant ? »

Donna descendit les marches, époussetant ses manches avec un mépris manifeste.

« À Londres ! Enfin... une version de Londres. L'intention y était. »

Il s'approcha des doubles portes en bois, marqua une pause théâtrale, puis fit jouer le verrou. L'ouverture fut brutale. Instantanément, une gifle d'eau glacée s'engouffra dans la chaleur cuivrée de la nef. Le vent hurla, s'engouffrant dans la pièce comme un intrus malpoli, faisant voler les papiers qui traînaient sur la console. Le Docteur fit un pas courageux dehors, fut instantanément transformé en une éponge humaine, ses cheveux s'aplatissant sur son front en une seconde. Il rentra d'un bond, claquant la porte derrière lui avec un bruit sourd. Il resta là, ruisselant, l'eau dégoulinant de son nez.

« Bon. Changement de programme. Il pleut comme vache qui pisse, et la vieille fille a décidé qu’on avait besoin d'un bain forcé. »

« Londres ? » hurla Donna.

La voix de la Londonienne monta d'une octave, perçant le vacarme de l'orage qui tambourinait maintenant contre la coque. Elle contempla avec horreur les rigoles d'eau qui commençaient à stagner sur le plancher métallique.

« Tu m’as promis les Plaines de Verre de l'Ood-Sphere ! L'horizon infini, les reflets d'émeraude... et on finit sous la flotte à Clapham ? »

Sans un mot, le Docteur attrapa son long manteau marron sur un porte-manteau de fortune. Il le fit claquer comme une cape de héros de tragédie avant de plonger à nouveau dans le déluge. Donna, jurant entre ses dents des noms d'oiseaux que peu de dictionnaires recensent, n'eut d'autre choix que de le suivre. Ils émergèrent dans une ruelle sombre et étouffante. L'espace était si étroit que leurs épaules frôlaient les murs. À gauche, des briques lépreuses couvertes de mousse noire. A droite, un bloc administratif à l’architecture tertiaire d’une laideur absolue, un monolithe de béton gris, suintant d'humidité, parsemé de fenêtres étroites comme des meurtrières médiévales. L'air était saturé d'une odeur complexe. Le soufre des vieux métros, le bitume mouillé, et, plus étrangement, un parfum de barbe à papa, inexplicablement sucré. Le Docteur était déjà au sol. Faisant fi de la dignité de son costume trempé, il s'était accroupi près d'une flaque d'huile. Ses doigts effleuraient une traînée luminescente qui serpentait sur le pavé, vibrant d'un bleu électrique surnaturel malgré la pluie battante. Il approcha son visage de la substance visqueuse, plissa les yeux, et en goûta une infime trace du bout de la langue.

« Oh ! Donna, regarde ! » s'exclama-t-il, un sourire radieux fendant son visage humide. « De la propolis ! Mais chargée en ions négatifs. C’est une glue interdimensionnelle de haute densité. On pourrait coller un requin sur la Lune avec un échantillon pareil ! »

Soudain, un bruit de griffes strident, scritch, scritch, scritch, déchira le rideau de pluie au-dessus de leurs têtes. Sur une corniche de béton, à quelques mètres, une silhouette agile se découpa contre la lueur blafarde d'un lampadaire défectueux qui grésillait. C'était un lémurien. Ses yeux, deux globes exorbités et brillants comme des billes de verre phosphorescentes, fixaient le Docteur. Il portait, de manière tout à fait improbable, un costume de trapéziste à paillettes dorées qui scintillait sous l'eau. D'un geste fluide et théâtral, la petite créature sortit de sa ceinture un minuscule sabre d'argent. La lame jeta un éclat blanc et pur dans la grisaille ambiante. Le lémurien poussa un petit cri aigu, un défi plein de panache, puis fit une pirouette arrière avant de s'évanouir dans les ombres d'un conduit d'aération. Donna resta un instant la bouche bée, une goutte de pluie suspendue de façon précaire au bout de son nez, incapable de formuler une pensée cohérente.

« Un singe en pyjama avec une épée ? » lâcha-t-elle enfin. « C'est ça, ta "version de Londres" ? »

« Un lémurien acrobate ! Et armé ! Quelle excellente initiative ! » s'écria le Docteur.

Il se releva d'un bond, les yeux pétillants de cette excitation enfantine et dangereuse.

« Il sait quelque chose, Donna ! Je le sens ! Allons-y ! »

Il s'élança dans le noir, ses baskets claquant joyeusement dans les flaques, tandis que Donna poussait un immense soupir de résignation avant de se lancer, elle aussi, à perdre haleine dans l'inconnu.



Ils déboulèrent sur la place de Covent Garden, mais le cœur battant de Londres semblait avoir subi un arrêt cardiaque. L'endroit, d'ordinaire saturé par les rires des touristes, le tintement des pièces dans les chapeaux des mimes et l'odeur du café frais, était plongé dans une atmosphère de ville fantôme, étouffée par un velours végétal. L'architecture néoclassique du marché couvert, avec ses colonnes majestueuses et ses arches de fer forgé, semblait s'affaisser, comme fatiguée de lutter contre le poids d'une végétation impossible. Des lianes épaisses comme des câbles de remorqueur s'enroulaient autour des piliers, étranglant les enseignes des boutiques de luxe. Partout, le goudron rendait l'âme. Des champignons géants, aux chapeaux larges comme des parasols et d'un rouge sang tacheté de blanc laiteux, perçaient la chaussée dans un craquement sinistre de gravier broyé. À chaque pulsation de l'air, ils exhalaient des nuages de spores ambrées qui flottaient dans l'air humide, créant un brouillard de pollen doré. La lumière du jour peinait à traverser cette soupe, donnant à la place une teinte sépia, un filtre de vieux film poussiéreux qui rendait le tout profondément onirique. Sous les arches, les pavés autrefois polis étaient soulevés, tordus par des racines noueuses qui pulsaient d'une faible lueur violacée, comme si le système nerveux de la Terre elle-même était remonté à la surface. Le Docteur s'arrêta net. Ses semelles de baskets glissèrent sur une plaque de mousse fluorescente qui recouvrait un banc, manquant de l'envoyer au tapis. Il se rétablit d'une pirouette et son regard fut attiré par un objet incongru. Un journal abandonné, dont le papier, déjà ramolli par la pluie et la moisissure galopante, semblait vouloir fusionner avec le fer forgé du banc. Il le saisit délicatement, les doigts tachés d'encre et de sève.


FLASH INFO : L'INVASION DU CIRQUE BOTANIQUE

Par Jean-Pierre Valon, envoyé spécial.

LONDRES – Un chaos sans précédent s'est emparé du centre-ville. Des experts en botanique de Kew Gardens, contactés en urgence, sont incapables d'expliquer la croissance fulgurante de champignons toxiques, notamment une variante colossale d'amanite tue-mouches, à travers le béton armé. Le Premier Ministre a déclaré lors d'une brève allocution que « la situation était sous contrôle », tout en étant lui-même aperçu par plusieurs témoins en train de danser une polka effrénée avec un buisson de fougères dans St. James's Park.


« Ils réécrivent la réalité », murmura le Docteur.

Ses yeux, d'ordinaire si vifs, parcoururent les lignes avec une vitesse inhumaine, captant chaque détail, chaque anomalie. Son expression passa d'une curiosité presque enfantine à une gravité soudaine, une ombre pesant soudain sur ses épaules.

« Ce n'est pas une invasion, Donna. Les invasions, c'est bruyant, ça tire des lasers et ça crie "Exterminez". Ici, c'est une superposition. Deux mondes qui essaient d'occuper le même canapé en même temps. Et Londres est en train de perdre la bataille du confort. »

C'est alors qu'un mouvement attira leur attention. Un homme en costume gris anthracite, la cravate impeccablement nouée malgré l'humidité ambiante, s'avançait d'un pas pressé. Sa mallette à la main et son parapluie noir tendu comme un bouclier, il enjamba avec une indifférence totale une racine géante qui barrait le trottoir tel un tronc d'arbre. Il ne regardait ni les champignons, ni le ciel sépia. Il regardait ses chaussures.

« Excusez-moi ! » l'interrompit le Docteur, se jetant sur son chemin avec une vivacité qui manqua de provoquer une collision. « Monsieur ! Une seconde ! Vous n'avez pas remarqué que votre ville ressemble à un mauvais rêve de Lewis Carroll qui aurait mal tourné ? »

L'homme s'arrêta net. Il ne parut ni effrayé, ni surpris. Il consulta simplement sa montre, un geste machinal et horriblement banal. Il poussa un long soupir, un souffle chargé de toute la fatigue urbaine de la City. Ses yeux étaient ternes, le regard fixé sur un point invisible, quelque part derrière l'épaule du Docteur, là où une fougère de trois mètres de haut était en train d'avaler une cabine téléphonique.

« Écoutez, j'ai un rapport annuel à rendre pour dix heures », lâcha-t-il d'une voix monocorde, dépourvue de toute émotion. « Si vous voulez des théories du complot ou faire votre numéro de théâtre de rue pour grappiller deux pounds, Google est ton ami. Moi, j'ai une carrière, monsieur. Ce n'est pas une sinécure de bosser quand la ligne Northern est bloquée par des champignons de la taille d'une Mini Cooper. On fait avec, c'est tout. »

Il contourna le Docteur avec une politesse glaciale, ses chaussures de cuir claquant sur le bitume déformé, et disparut derrière un rideau de lierre. Le Docteur resta pétrifié, le bras encore tendu vers l'homme qui s'éloignait. Il se tourna vers Donna, le visage décomposé par une sorte d'incrédulité tragique.

« Tu vois ? Le filtre de perception est si puissant qu'ils intègrent l'impossible dans leur routine ! Ils ne voient rien parce qu'ils refusent de voir ! C'est le mécanisme de défense ultime de l'humain. Ignorer l'apocalypse pour ne pas arriver en retard au bureau. »

Donna croisa les bras sur sa poitrine, ses cheveux roux commençant à frisotter furieusement sous l'effet de l'humidité tropicale qui régnait sur la place. Elle jeta un regard circulaire, observant un lierre géant qui commençait à escalader un lampadaire victorien, l'étouffant avec la lenteur implacable d'un serpent constricteur.

« Ne me regarde pas comme ça, martien. Ton discours est un peu trop dithyrambique pour un mardi matin sous la flotte », grogna-t-elle, nullement impressionnée par la métaphysique de la situation.

Elle pointa un doigt vers une boutique dont l'enseigne « James Lock & Co. Hatters » pendait lamentablement.

« On a un problème de jardinage interdimensionnel, d'accord, j'ai compris le concept. Mais on fait quoi pour le singe à paillettes ? Parce qu'il vient de s'enfiler dans ce magasin de chapeaux et, à en juger par son sabre, il n'avait pas vraiment l'air d'être là pour un essayage de haut-de-forme. »

Le tournevis sonique en main, projetant une lueur bleue oscillante qui découpait des ombres monstrueuses et distordues sur les parois, le Docteur guida Donna dans les entrailles de la ville. Les égouts de Londres étaient un labyrinthe de briques victoriennes et d'effluves de saumure. Les murs semblaient vibrer d'un bourdonnement qui faisait grincer les dents et hérissait les poils des bras. Ils pataugèrent dans une eau saumâtre jusqu'aux chevilles avant de déboucher enfin dans une salle voûtée monumentale. C’était un ancien réservoir oublié, une prouesse d'ingénierie du XIXe siècle où l'architecture de pierre s'effaçait désormais derrière une technologie organique et sauvage. Le spectacle était hypnotique. Des dizaines de lémuriens s'agitaient sur des passerelles de fortune faites de câbles et de racines. Leurs costumes à paillettes, incongrus dans cette fange, jetaient des reflets irisés, presque féeriques, contre la voûte sombre. Leurs mains agiles, aux longs doigts noirs, manipulaient des fils d'énergie pure. C’était une toile luminescente, un réseau dense de filaments dorés qui s'entrecroisaient dans l'air, vibrant à chaque contact.

« Ils essaient de stabiliser leur univers ! » comprit le Docteur.

Sa voix était presque étouffée par le vrombissement de la structure. Il s'arrêta net, les yeux écarquillés par une fascination mêlée d'horreur.

« Ils recousent les déchirures de leur propre réalité, Donna... Mais ils utilisent Londres comme une batterie géante. Chaque point de suture dans leur monde est un court-circuit dans le nôtre. Ils pompent l'inertie, le mouvement, la vie même de la ville pour alimenter leurs aiguilles ! »

Soudain, un sifflement strident déchira l'air. Sur un promontoire de détritus cristallisés, le chef des lémuriens se redressa. Sa cape de satin pourpre flottait dans un courant d'air inexistant et son sabre d'argent, levé vers la voûte, captait toute la lumière de la salle. Il fixa le Docteur d'un regard d'ambre, puis abattit sa lame. Dans un éclair de lumière ultraviolette si violent qu'il brûla les rétines, les créatures se volatilisèrent. Elles emportèrent avec elles le cœur de leur machine dans une implosion silencieuse, laissant derrière elles une faille béante. C’était une cicatrice dans le vide, un lambeau de rien absolu qui commença aussitôt à aspirer la réalité. L’eau sale s'y engouffra en siphons hurlants, les briques s'effritèrent, et même la lumière sembla s'y courber. Le Docteur ne perdit pas une seconde. Il se précipita vers les socles de contrôle restants, le visage baigné d'une sueur froide. Le tournevis vrombissait dans une plainte aiguë. Ses doigts dansaient sur les câbles d'énergie résiduelle avec une précision désespérée, cherchant à nouer les fils du temps avant que l'espace-temps ne s'effondre sur lui-même. Dans un fracas métallique déchirant, un dernier arc électrique scella la brèche. L'onde de choc fut brutale, un souffle invisible qui les projeta tous deux contre le mur poisseux. Le silence retomba, lourd, étouffant, seulement troublé par le goutte-à-goutte rythmique de l'eau sale retombant dans le bassin dévasté.

« Ils sont partis ? » demanda Donna dans un souffle.

Elle se releva lentement, grimaçant en frottant sa hanche. Elle inspecta son pantalon avec un dégoût non dissimulé ; une substance gélatineuse et bleuâtre, reste de la glue interdimensionnelle, maculait le tissu.

« Ils ont sauté ailleurs dans la ville », répondit le Docteur.

Il restait immobile, la silhouette sombre découpée contre l'ombre de la voûte. Son regard était fixe, ancré sur l'endroit précis où la faille s'était refermée.

« Ils n'ont pas fini, Donna. Ils ont juste déplacé leur campement. Ils cherchent un autre point d'ancrage, quelque chose de plus massif, de plus chargé d'histoire. Si je ne les retrouve pas avant le prochain cycle, Londres ne sera plus qu'un souvenir... le centre d'un trou noir de paillettes et de champignons. »

Il se dirigea vers l'échelle de sortie, les muscles des mâchoires contractés. Mais au pied des échelons de fer rouillé, il marqua un temps d'arrêt. Un geste machinal, presque craintif, l'amena à fouiller la poche intérieure de son manteau. Il en sortit la clé du TARDIS. Il la regarda avec une moue étrange, presque triste. La clé pulsait d'une chaleur résiduelle, émettant un faible tic-tac irrégulier. Il la rangea aussitôt, le visage se refermant.

« On ne remonte pas à bord ? » demanda Donna.

L'espoir d'un chauffage central, d'une serviette sèche et d'un thé brûlant s'éteignait lentement dans ses yeux.

« Impossible. La vieille fille est verrouillée, Donna. Elle est devenue l'ancre de la signature chrononique de leur fuite. Si j'essaie de forcer le décollage maintenant, les moteurs vont entrer en résonance avec leur trace. On n'irait nulle part, mais j'arracherais la moitié de Westminster en guise de souvenir. On doit y aller à pied. »

Il empoigna les barreaux froids et commença l'ascension. Ils émergèrent par une plaque d'égout dans une petite rue pavée, à l'abri des regards. La pluie tombait toujours, cette crachatine londonienne, fine, pénétrante et glacée, qui semble vouloir s'insinuer jusque sous les os. Le Docteur ajusta son long manteau marron, redressant le col d'un geste sec, une nervosité électrique émanant de toute sa personne. Ses yeux sondaient l'horizon noirci, les toits de la ville et les ombres qui dansaient entre les cheminées victoriennes.

« On est coincés ? » demanda Donna, serrant sa veste contre elle en frissonnant.

« On n'est jamais coincés. On est en chasse. »

Il fit quelques pas vers un vieux lampadaire dont la lanterne vacillait avec un cliquetis métallique. Là, sur le fer forgé froid, une traînée de propolis bleue scintillait faiblement, pointant vers le nord-ouest comme une boussole spectrale. Le Docteur esquissa alors un sourire, ce fameux sourire provocateur et un peu fou, celui qui annonçait que le danger venait de passer de « mortel » à « absolument brillant ». Il pointa la rue sombre d'un geste théâtral, le bras tendu vers les ténèbres.

« Et à en juger par l'odeur de sève ancienne et de poussière d'histoire qui remonte le vent... la quête commence par le British Museum. Allons-y ! »

Il s'élança dans la nuit, ses baskets claquant sur les pavés, laissant Donna souffler un juron avant de courir pour le rattraper.





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