Rin Akamé ouvrit la porte et fit entrer Ryô. Son air paisible, sûr de lui et il faut le dire, content, qu’elle n’avait pas l’habitude de lui voir… et même serein… lui apprit que son dur labeur avait enfin abouti.
« Nous avons… conclu, avec Kaori », l’informa le nettoyeur lorsqu’elle lui demanda comment s’était déroulée sa semaine.
« Cela semble s’être bien passé », commenta Rin, « j’en suis ravie pour vous.
- enfin ça ne pouvait pas mal se passer ! Je suis l’Etalon de Shinjuku quand même ! » répliqua Ryô avec une dose de suffisance.
Rin cligna des yeux. Ainsi c’était lui le fameux Etalon de Shinjuku ! ! !
Qu’une partie de ses patientes portait aux nues comme le meilleur amant d’un soir qu’elles aient jamais eu… le parfait gentleman doublé du parfait amant et du meilleur fêtard…
Pour d’autres, c’était un minable pervers coureur, voyeur, lourdingue et juste bon à se faire gifler la figure avec un sac à main…. ! !!
Des rumeurs couraient aussi sur son habitude de voler des sous-vêtements et de les tresser sous forme de guirlandes pour les planquer dans ses poches. Mais cette aptitude relevait certainement plus du fantasme que de la réalité, trancha Rin, on dirait une attitude de personnage de manga ! Elle réprima un sourire. Décidément ce nettoyeur était célèbre dans tout le quartier... Et plein de surprises.
Après avoir fait le bilan de toutes ces séances d’évolution, de difficultés surmontées et de réussites, Ryô prit congé, plein de gratitude, en laissant dans la main de Rin tout le reste des billets qu’il lui restait, de ceux qu’il avait confisqués aux dealers…
Rin referma la porte sur cette belle histoire, heureuse et fière de son travail patient et intransigeant. Le cabinet marchait plutôt bien. Avec l’argent gagné depuis quelques mois, elle allait pouvoir acheter un canapé neuf.
Elle sortit ensuite la fiche d’un nouveau patient et ouvrit la porte de la salle d’attente en appelant : « M. Ijuin ? »