L’équipe d’infiltration de Roka s’était enfoncée dans les profondeurs du palais royal d’Arkylia. Ils avancèrent prudemment dans les couloirs du palais, de longs corridors majestueux faits de marbre d’un blanc étincelant, rehaussés par des moulures et des dorures en or pur. Le long des murs, d’immenses fresques et des peintures d’une finesse rare retraçaient l’histoire oubliée du royaume, célébrant les époques de paix et les glorieuses batailles menées côte à côte par les Shinas et les Shinigamis. Pourtant, toute cette splendeur était gâchée par une atmosphère étouffante. L’air y était lourd, saturé par la magie résiduelle d’Arata et la terrible tension née de sa trahison.
Kisuke Urahara gardait l’extrémité de sa canne-épée pointée vers le sol, les yeux plissés sous son éternel chapeau, tandis que Yoruichi avançait à pas de loup, prête à bondir au moindre bruissement.
Mais alors qu’ils traversèrent la salle d’archives, une immense pièce circulaire bordée de milliers de parchemins et d’ouvrages magiques flottant dans des halos de lumière argentée, le piège se referma. Des ombres jaillirent des coursives supérieures : plusieurs Shinas arrivèrent pour leur bloquer la route, leurs armes et leurs catalyseurs brillant d’une lueur d’hostilité. C’étaient les gardes d’Arata, chargés de protéger l’accès direct aux appartements de la grande prêtresse.
-Roka, murmura le leader des gardes, un sorcier à la mine sévère. Le conseil t’a condamné. Tu n’as plus ta place ici.
Le prince fit un pas en avant, ses magnifiques yeux émeraude brillant d’une détermination royale qui fit hésiter une seconde les soldats en face de lui. À ses côtés, Joben fit cliqueter ses bracelets de feu, impatient d’en découdre, tandis que Nambo serrait ses barrettes runiques.
-Tu oublies à qui tu t’adresses, lâcha Nambo d’une voix glacial, faisant remarquer au leader qu’il manquait de respect au prince en l’appelant par son prénom. Un tel manque d’éducation est indigne de la garde royale.
Le chef des gardes d’Arata ricana, mais son arrogance fut de courte durée. Joben décide de lui rappeler la hiérarchie à coup de poings en engageant le combat avec Nambo face aux ennemis. Ses lourds bracelets de fer forgé s’embrasèrent instantanément. D’une puissante charge, le colosse projeta un garde contre un pilier dans une explosion de braises, tandis que Nambo, d’un geste fluide sur ses barrettes runiques, fit jaillir des ronces magiques des étagères pour entraver le reste des assaillants.
Ce déchaînement d’énergie végétale et de flammes créa une brèche parfaite, laissant le champ libre au prince, Yoruichi et Urahara de continuer leur course à travers les archives en direction des appartements privés de la grande prêtresse.
Roka jeta un dernier regard de gratitude envers ses deux fidèles protecteurs avant de s’engouffrer dans le couloir royal avec le duo de la Soul Society, le flacon de magie ancienne scellé bien à l’abri. Le dénouement approchait à grands pas.
Alors qu’ils approchaient des appartements de la grande prêtresse, de nouveaux gardes arrivèrent, coupant net leur élan dans une dernière tentative désespérée de protéger les plans d’Arata. C’étaient les ultimes défenseurs du tyran, des guerriers armés jusqu’aux dents.
Et cette fois-ci, c’est Yoruichi qui se mit à combattre, laissant Roka et Urahara continuer leur chemin. Un large sourire féroce illumina le visage de l’ex-déesse de la vitesse.
-Ne vous arrêtez pas, Kisuke ! Roka ! Je m’occupe de débarrasser le couloir ! s’écria-t-elle.
Dans un éclair de Shunpo d’une rapidité incroyable, Yoruichi disparut avant même que les gardes n’aient le temps d’activer leurs catalyseurs. Elle réapparut instantanément au milieu d’eux, enchaînant des frappes au corps à corps dévastatrices d’une précision chirurgicale, envoyant les sorciers mordre la poussière les uns après les autres sans qu’ils puissent esquisser le moindre sort.
Grâce à cette nouvelle démonstration de force, le prince Roka et Kisuke Urahara s’engouffrèrent enfin à travers les lourdes doubles portes dorées menant aux appartements privés de la souveraine. L’instant crucial était arrivé : le flacon d’argent à la main, ils se trouvaient désormais face au cœur du complot.
La grande prêtresse était debout au centre de la pièce, mais l’image de sagesse qu’elle incarnait jadis avait été totalement pervertie par l’usurpateur. C’était une femme d’un certain âge, majestueuse, dont les longs cheveux argentés flottaient autour d’elle comme mus par une force invisible. Elle portait une somptueuse robe de cérémonie émeraude et blanche, mais ses yeux, habituellement d’un bleu d’une pureté absolue, étaient désormais injectés de veines noires et brillaient d’une lueur sombre et vide, signe indéniable de la possession d’Arata. Une aura d’énergie instable et glaciale émanait d’elle, faisant léviter les objets légers dans les appartements royaux.
Elle leva lentement sa main droite, son catalyseur, une imposante bague ornée d’une labradorite, crépitant de sortilèges défensifs. Elle était prête à engager le combat face à son petit-fils.
Roka hésita, sachant que sa grand-mère n’était pas elle-même. Son cœur se serra en voyant celle qui l’avait élevé transformée en une marionnette de guerre. Mais en croisant le regard inquiet de Kisuke Urahara, il se rappela la gravité de la situation : il fallait absolument lui faire boire la potion contenue dans le flacon d’argent pour briser les verrous mentaux imposés par le chef du conseil.
-Grand-mère..., murmura Roka, ses propres yeux émeraude brillant de résolution. Pardonne-moi pour ce que je vais faire.
Urahara ajusta son chapeau, se positionnant légèrement sur le côté pour couvrir les arrières du prince. Le duel final pour l’esprit de la souveraine d’Arkylia commençait, nécessitait une précision absolue pour la neutraliser sans la blesser.
L’air des appartements royaux se mit soudainement à hurler. Le pouvoir de la grande prêtresse était lié à l’air, et sous l’impulsion du sort d’Arata, le vent se condensa dans sa bague de labradorite jusqu’à ce qu’une grande épée apparaisse dans sa main droite, forgée de courants translucides et mortels.
Au même instant, la porte dérobée vola en éclats. Des gardes arrivèrent dans la pièce, envoyés en ultime recours pour submerger les intrus.
-Je m’occupe de la réception, prince Roka ! Fais ce que tu as à faire ! lança Urahara en s’occupant d’eux d’un coup sec de sa canne-épée, érigeant un bouclier de Benihime pour les contenir à l’entrée.
Pendant ce temps, le combat commençait entre le grande prêtresse et le prince. Roka prit une profonde inspiration. Pour contrer l’allonge de la grande épée de vent de sa grand-mère sans relâcher son plein potentiel destructeur, il effleura sa boucle d’oreille. Dans un éclat mystique, Roka fit apparaître deux dagues, l’une blanche, l’autre noire, reliées entre elles par une chaîne d’argent.
La prêtresse s’élança avec une férocité inhumaine, abattant sa lame d’air qui trancha le tapis de soir dans un sifflement strident. Roka esquiva d’une pirouette, faisant tournoyer sa chaîne pour parer le coup suivant. Le métal et le vent s’entrechoquèrent dans un vacarme assourdissant, le prince luttant à chaque seconde pour trouver une ouverture et lui administrer le précieux flacon.
Le chaos du palais convergea enfin vers son point central. Dans un fracas de marbre et de magie, les Shinas et les Shinigamis finirent par se retrouver tous dans les appartements de la grande prêtresse. Ichigo, Taro, et la magnifique Emi Mori venaient de forcer le passage, suivis de près par Renji, Rukia, Hitsugaya, Yoruichi et Joben, qui avaient balayé les dernières lignes de défense extérieures.
La pièce était saturée d’une tension extrême alors que le duel entre Roka et sa grand-mère possédée atteignit son paroxysme. Voyant le prince acculé par les assauts de l’épée de vent, Nambo essaya d’aider le prince avec son pouvoir. Ses barrettes runiques brillèrent d’une lueur azurée et des racines d’une densité absolue jaillirent du sol pavé, s’enroulant délicatement mais fermement autour des jambes de la souveraine pour entraver ses mouvements sans la blesser.
L’effet de surprise fut total. Et avec l’entraide de tout le monde, chacun bloquant une source de vent ou retenant un garde résiduel, une brèche parfaite s’ouvrit. Ichigo projeta une impulsion d’énergie pour dévier un dernier courant d’air tranchant, permettant à Roka de bondit avec une agilité irréelle.
Glissant entre les lianes de Nambo, Roka finit par faire boire la potion à sa grand-mère en lui versant délicatement le liquide magique entre les lèvres. Au même instant, ses magnifiques yeux émeraude s’illuminèrent et, d’une voix résonnante et pleine d’autorité royale, il récita les écrits dans l’ancienne langue Shinas.
Les mots ancestraux vibrèrent dans les appartements, créant une onde de choc lumineuse qui balaya instantanément la brume noire logée dans les yeux de la prêtresse. L’épée de vent se dissipa dans un doux murmure, et les veines sombres qui marquaient son visage s’évanouirent, signalant la fin de l’emprise d’Arata.
Petit à petit, la grande prêtresse retrouve ses esprits, la lueur noire de ses yeux s’effaçant pour laisser place à un bleu d’une pureté. En reprenant totalement conscience, elle chancela légèrement, mais Roka la rattrape fermement dans ses bras. N’ayant pas une seconde à perdre, Roka lui fait rapidement un résumé de ce qu’il s’est passé : la trahison d’Arata, sa fuite avec la clé, la libération d’Emi et l’alliance inattendue nouée avec les faucheurs d’âmes.
La souveraine posa un regard chargé d’une immense dignité et d’une profonde émotion sur l’assemblée. Se tournant vers Ichigo et les autres, la grande prêtresse remercie humblement les Shinigamis qui sont venus aider son petit-fils.
-Votre présence honore la mémoire de Sei et Hachiro, murmura-t-elle d’une voix faible mais solennelle. La Soul Society a prouvé aujourd’hui que notre ancienne alliance n’était pas morte.
Son visage se durcit soudainement lorsqu’elle se tourna vers la grande verrière du palais, d’où l’on pouvait voir les piliers de lumière des portails dimensionnels s’activer au loin.
-Et maintenant, c’est au Shinas d’aider les Shinigamis, car Arata s’apprête à passer le portail pour la Soul Society. Nous devons écraser cette rébellion avant qu’il ne souille votre monde.
Reprenant pleinement le contrôle de sa magie d’air, elle fit résonner sa voix à travers toute la structure du palais. Profitant du fait qu’Ichigo et Taro avaient nettoyé les sous-sols, la grande prêtresse réunit tous les maîtres de régiment jusque-là enfermés dans les prisons souterraines par l’usurpateur. En quelques instants, les plus puissants sorciers, libérés de leurs chaînes, montèrent au palais pour prêter allégeance à leur prêtresse et à leur prince.
Une véritable armée de Shinas, menée par Roka, Taro, Joben et Nambo, s’apprêtait désormais à charger aux côtés d’Ichigo et des Shinigamis pour intercepter Arata devant le portail interdimensionnel.
Devant l’immense portail interdimensionnel qui crépitait d’une énergie instable, Arata est très surpris lorsque la grande prêtresse et les Shinas l’encerclent, brisant net ses plans d’invasion.
Entouré de ses sbires, le chef du conseil recula d’un pas, son visage se décomposant en réalisant que son emprise mentale avait été brisée et que la famille Mori était libre.
-Impossible..., grogna Arata, serrant les dents. Comment avez-vous pu rompre mon sort ?
-Ta trahison s’arrête ici, Arata ! résonna la voix puissante du prince Roka.
Commence alors una bataille totale entre les Shinas de la grande prêtresse et ceux ayant porté allégeance à Arata. Le parvis de cristal du portail se transforma en un chaos de sorcellerie pure. Des vagues de magie d’air soulevaient les pavés, tandis que des éclairs de catalyseurs ennemis fusaient dans toutes les directions. Les Shinigamis, menés par Ichigo et le capitaine Hitsugaya, faisaient bloc pour protéger les flancs, mais le véritable affrontement se jouait entre les sorciers.
Au cœur de la mêlée, Nambo est rejoint par son ancien maître Shin Ban afin de donner une correction à ces traîtres. Le duo de la famille Ban offrit un spectacle d’une élégance rare et mortelle : les barrettes runiques de Nambo faisaient jaillir des lianes épineuses qui immobilisaient les rebelles, tandis que la cape de velours bleu nuit de Shin Ban canalisait des vagues d’énergie argentée, scellant définitivement les pouvoirs des assaillants d’un simple geste de la main.
De l’autre côté du champ de bataille, la température grimpa en flèche. Joben retrouve son maître de régiment, Manzo Watanabe, et sa puissante magie de feu. Manzo, un vétéran balafré aux bras massifs, arborait de lourds gantelets de bronze incandescents. Côte à côte, le maître et l’élève firent parler la poudre. Joben, libéré de ses bracelets, projetait des torrents de lave magique pendant que Manzo Watanabe déclenchait des tempêtes de flammes blanches d’une chaleur si phénoménale qu’elles réduisaient en cendres les barrières magiques des partisans d’Arata.
Acculé, privé de ses troupes d’élite et harcelé par la puissance combinée des régiments, Arata se retrouvait désormais isolé au centre de la place, face au prince Roka et à Ichigo.