Shinigamis et Shinas, la nouvelle histoire

Chapitre 25 : La bataille entre le clan Mizuchi et le clan Roka

Par gavroche

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Taro Sue, au pied du tumulus, debout devant les Yokai, fut le premier à les apercevoir. Il attrapa le bras du Shinigami remplaçant, à côté de lui.

-Ichigo, regarde !

Le rouquin tourna la tête et les vit à son tour, ces silhouettes sombres se découpant dans la lumière de la lune, qui avançaient sur eux. Il fronça les sourcils, fit quelques pas en avant en plissant les yeux pour essayer de mieux voir malgré l’obscurité. Puis il reconnut les deux Shinas et leurs démons. Aussitôt, il porte la main à la poignée de son Zanpakutô.

-Nous ne devons pas, non, les laisser approcher !

Le Shinigami rouquin se retourna vers le Shinigami de la deuxième division.

-Wamura ! Dites aux jeunes Shinas et aux Shinigamis de se regrouper. De se regrouper et de se préparer à se battre !

Wamura acquiesça lentement, regarda les hommes qui avançaient au milieu des longues lignes de pierres, puis il se retourna vers ses confrères et leur donna l’ordre de se préparer au combat.

-Shinas et Shinigamis ! cria-t-il. Nous allons devoir nous battre ! Pour les Yokai ! 


-Je t’avais dit, prince Roka, que je serais là... Je ne mens jamais.

-Oui. Je t’attendais, Mizuchi. Je t’attendais, être suprême... Bien sûr.

-Alors, ne m’attends plus, prince Roka, car je suis ici. Souviens-toi, je suis celui par qui tu vas périr. Cette nuit.

-Où est Rukia ?

-Tu ne la reverras jamais, prince Roka. Jamais. Puisque tu dois partir. Mais, en revanche, je peux te proposer un marché.

-Où est-elle ?

-Cela ne te servirait à rien de le savoir, puisque ce soir, quoi qu’il advienne, tu se seras plus de ce monde.

-Que me veux-tu, Mizuchi ? Pourquoi t’acharnes-tu ainsi ?

-Oh, je n’ai rien contre toi en particulier, mon enfant. Mais tu comprends, je dois prendre ta place. Je dois être le nouveau Grand Prêtre. Je ne peux donc pas faire autrement, je suis désolé... Ce soir, tu dois quitter ce monde. Mais Rukia, je peux lui laisser la vie sauve, si tu me facilites les choses...

-Pourquoi veux-tu prendre ma place, Mizuchi ? Crois-tu vraiment qu’elle soit si enviable ? 

-Parce que tu ne comprends pas ton rôle. Tu ignores tout de ton pouvoir. Et parce que je meurs, prince Roka, comme les Yokai. Et tu mourrais aussi, toi, de cette blessure que tu as au ventre, si tu n’étais le Prince of Darkness. Mais tu ignores tout. Tu es une erreur du pouvoir des Shinas. Le sang pur Shinas ne doit pas disparaître. Et je saurai, moi, le faire renaître. Toi, tu n’y comprends rien...

-Sang pur ? A quoi sert le sang pur ? Tu parles de choses qui ne concernent plus notre monde. De choses que mes parents ont combattus. Le monde change, nous devons l’accepter, Mizuchi, trouver notre place. Les Yokai s’en vont. C’est ainsi. Et c’est peut-être mieux. C’est ce que voulait mes parents, et je crois que je comprends pourquoi, maintenant. Le sang pur n’est pas forcément le meilleur, Mizuchi. Il les a séparés, il les a opposés.

-Pour le remplacer par quoi ?

-Rien. Les Shinas et les démons n’ont besoin de rien. C’est en eux qu’ils doivent trouver les réponses. C’est seuls qu’ils doivent construire leur route. Seuls, mais ensemble.

-Ha ! Tu récites bien ta petite leçon, prince Roka. Mais non, non... Tu ignores tant de choses ! Allons, accepte mon marché, et Rukia aura la vie sauve. Donne-moi la bague de la Reine des démons et rejoins les Yokai devant les portes menant à Wapix. Toi qui voulais tellement être auprès d’eux ! Prends la place de Yû. C’est tout ce que je te demande, prince Roka. Et c’est la solution la plus simple, pour toi. Si tu refuses, je te tuerai, je tuerai Rukia, et je viendrai prendre moi-même la bague autour de ton cou, de toute façon.

-Pourquoi veux-tu que je prenne la place de Yû ?

-Tu ne pourrais pas comprendre, prince Roka. J’ai besoin de lui et de ta bague. Et j’ai besoin que tu meures, ou au moins que tu entres dans le monde de Wapix. C’est à toi de choisir. Si tu veux mourir, c’est ta liberté. Si tu veux vivre, alors, entre dans le monde de Wapix. Car ici, c’est toi qui n’as plus ta place. Je suis le prochain Grand Prêtre.


En bas de la plaine, les démons, les Shinas se mirent soudain à courir vers le carré de pierres. Le bruit sourd de leurs pas sur la terre s’éleva dans la nuit comme le roulement menaçant des tambours de guerre.

-Mado, reste ici ! Reste près des Yokai.

Taro donna une une dague à la jeune fille au cas où elle aurait besoin de se défendre, puis il se tourna vers Ichigo et Wamura.

-Allons-y ! Nous ne devons en laisser passer aucun !

Les trois amis descendirent côte à côte, suivis de près par la centaine de jeunes Shinas et Shinigamis. Ils marchèrent d’abord, puis accélérèrent le pas, et enfin, ils se mirent à courir, de plus en plus vite, fonçant droit sur l’ennemi, les armes en garde, le regard furieux.

Taro cria la phrase de libération de son pouvoir :

-Cri, Music of Despair !

Une flûte apparu dans sa main droite. Il entendit Ichigo, à côté d elui, pousser un cri de guerre.

Les deux armées se rapprochèrent rapidement, couvrant l’une vers l’autre, inexorablement, et se rencontrèrent enfin au milieu des alignements de granit. Le choc frontal fut d’une violence effroyable. Des dizaines de jeunes Shinas et Shinigamis et de nombreux démons moururent dans les tout premiers instants du combat, empalés sur les épées tendues, décapités ou démembrés. Les gerbes de sang scintillèrent sous les rayons de lune, et le combat sombra rapidement dans un chaos ignoble.

Les jeunes Shinas et les Shinigamis étaient beaucoup plus nombreux, plus du triple en vérité, mais ils étaient loin d’avoir l’expérience des démons.

Le combat s’annonçait difficile, d’un côté comme de l’autre.

Les Shinas membre du Conseil se battaient derrière leurs démons. Arata, se défendait avec une agilité étonnante malgré son grand âge. Il possédait un bâton qui fendait l’air avec force et vigueur, s’abattait sur le crâne de ses adversaires, fauchait leurs jambes, brisait leurs os. Au milieu de cette meute confuse, il se battait avec une rage folle, comme si c’était la dernière fois. Et ça l’était sans doute.

Les démons, eux aussi, mettaient toute leur furie dans la bataille. Ils avaient une revanche à prendre contre les jeunes Shinas de Roka, et ils savaient que c’était leur dernière chance de satisfaire leur maître, Mizuchi. Cette fois-ci, ils n’avaient pas le droit à l’erreur. Ils se jetaient sur les jeunes Shinas et les Shinigamis en hurlant, frappaient avec une violence terrifiante. En force, ils traversaient les lignes ennemis, décapitaient, empalaient, écrasaient, puis se retournaient pour repartir vers le cœur de la mêlée.

Mais les jeunes Shinas et les Shinigamis se défendaient avec courage et essayaient de repousser l’ennemi le plus loin possible du cœur de Naharama.


-Mizuchi, je ne te donnerai ni ma vie ni ma bague. Yû et tous les Yokai vont entrer dans le monde de Wapix. Tu ne peux plus nous en empêcher. Et je refuse de t’affronter. Rappelle tes démons. Rappelle les Shinas. Tout cela ne sert plus à rien. Ces hommes meurent pour rien. Je t’en prie, Mizuchi, nous ne devons pas nous affronter. Nous devons trouver une troisième voie.

-Il n’y a pas de troisième voie, prince Roka.

-Alors, construisons-la !

-Prince Roka, ne sois pas ridicule ! C’est écrit. Je serai le nouveau Grand Prêtre. Allons, tu as encore une chance de sauver Rukia. Donne-moi la bague et va prendre la place de Yu. Je t’offre la liberté d’entrer dans le monde de Wapix, prince Roka. Je t’offre l’éternité...

-Je n’ai que faire de l’éternité ! Ce que je veux, c’est que Rukia soit libre. Dis-moi où elle se trouve...

-Non. C’est ta dernière chance, prince Roka. Je te le demande pour la dernière fois.

Je le vois à présent. Je le vois devant moi, qui se retourne et me regarde. Nous sommes sur un désert de soufre et sous un ciel de sang. Comment oublier ce visage ? Terrifiant, et pourtant...

Pourtant, je n’ai pas peur. J’ai presque pitié de lui. Que se cache-t-il sous ces yeux ? Que se passe-t-il derrière ce regard de haine ? 

Je pourrais le tuer, sans doute. Mais je dois trouver une troisième voie. 


Au milieu de la bataille confuse qui avait envahi la plaine de Naharama, Taro se jeta soudain sur Arata, le chef du Conseil. Le Shinas albinos avait transformé sa flûte en un grand sabre, long et blanc. Il le maniait avec une agilité étonnante, malgré sa grandeur. Portant son arme des deux mains, il frappait fort et visait juste. Mais son adversaire, en Shinas aguerri, esquivait chaque coup avec une grâce surprenante. Il tenait son bâton d’une seule main, le faisant siffler dans l’air à chacun de ses gestes, et dans l’autre il tenait une longue dague. Taro arrêta un instant l’enchaînement de ses coups et se mit en garde pour reprendre son souffle. Le chef du Conseil des Shinas en profita pour abattre son bâton vers l’épaule gauche de l’albinos. Celui-ci l’évita de justesse et riposta aussitôt en donnant un coup de sabre de travers, du tranchant de son arme. Arata tourna sur lui-même et se retrouva derrière lui. Il asséna un coup dans les jambes du jeune homme et le fit tomber au sol.

Taro vit arriver le bâton du chef du Conseil au dernier instant et pencha la tête sur le côté juste avant l’impact. Le bois s’enfonça dans la terre juste à côté de son oreille. Taro le saisit aussitôt de la main gauche et tira dessus violemment. Le vieux Shinas fut entraîna vers l’avant mais se ressaisit quelques pas plus loin. Le bras droit se releva aussitôt et se remit en garde.

Vous ne passerez pas.

C’est alors qu’Arata activa sa première transformation :

-Hurle, Cry of Pain !

Connaissant le pouvoir du chef du Conseil, Taro faisait tournoyer son sabre autour de lui afin d’envoyer des vibrations de son pour se protéger du pouvoir du vieil homme. Ce pouvoir était bien connu des Shinas. C’est lui-même qui faisait les interrogatoires au sein d’Erèbe. Cry of Pain lui permettait d’un simple contact, d’envoyer des décharges nerveuses à son adversaire. Plusieurs prisonniers étaient morts dans d’atroces souffrances. 

L’albinos arma son épée derrière lui, fit un pas en avant, feinta et, au lieu de frapper son adversaire, donna un violent cou de taille dans le bâton du chef du Conseil. Le bois se coupa en deux. Taro enchaîna en frappant de la pointe de l’épée. Arata repoussa la lame encore une fois. Le bras du droit du prince des Shinas tourna aussitôt sur lui-même pour envoyer un coup horizontal puissant. Le vieux Shinas essaya de parer, mais son bâton était trop court et l’arme de l’albinos l’atteignit en pleine hanche. Le vieil homme se plia en deux, hurlant de douleur. Mais en se relevant, ayant gardé sa dague dans la main gauche, il parvint à porter un coup à son adversaire. Taro esquiva en rompant sur sa gauche, puis frappa à nouveau, plus haut et plus fort cette fois. La lame du Shinas atteignit le chef du Conseil en pleine gorge et s’enfonça dans la chair. Arata lâcha ses armes, les yeux écarquillés. Il porta les mains à son cou ensanglanté, poussa un grognement rauque, puis s’écroula, sans vie.

Pour les Shinas d’Erèbe, pensa le jeune homme, bouleversé, pour les Shinas !

Le Shinas adressa un dernier regard au corps du vieil homme, puis il se retourna vers la mêlée. Le combat devenait de plus en plus violent. Ichigo, juste devant lui, s’était précipité sur le démon du chef du Conseil... Il se battait avec une telle rage que Taro se demanda s’il ne réglait pas avec le démon une histoire ancienne... Une vieille vengeance.

Taro tourna la tête et vit à quelques pas de lui un jeune Shinas tomber au sol, les entrailles grandes ouvertes. Il se rua aussitôt sur le démon qui se tenait debout devant le corps inerte, la hache pointée vers le bas au bout de ses deux bras tendus. Taro arma son sabre derrière sa nuque et envoya un puissant moulinet horizontal. Le démon releva sa hache à temps et arrêta la lame devant lui. Puis, abaissant son arme, il eut le réflexe de ne pas résister et, au contraire, plia le poignet pour échapper à la prise crochue de la hache. Il dégagea son épée, fit un pas en arrière, remonta la pointe et avança d’un seul coup vers son ennemi. La lame s’enfonça dans la poitrine dénudée du démon.

-Taro ! Derrière toi !

Le Shinas se baissa juste à temps, grâce à l’avertissement d’Ichigo. Il entendit siffler au-dessus de lui la lame épaisse d’une épée. Il fit volte-face en se redressant, et para aussitôt un deuxième coup violent. Le démon devant lui était d’un rang supérieur. Il y en avait peu sur le champ de bataille, mais à eux seuls ils faisaient plus de morts que trois ou quatre jeunes Shinas réunis. Taro ne se laissa pas impressionner et riposta rapidement, frappant de taille et d’estoc. Les deux épées se heurtèrent avec bruit, et progressivement, alors qu’il avait frappé le premier, les coups de l’albinos cessèrent d’être des attaques pour se transformer en défenses. Le démon était plus rapide, beaucoup plus rapide, et Taro commença à reculer sous les coups incessants de son adversaire.

-Ichigo ! appela-t-il, au secours !

Le Shinigami remplaçant était à côté de lui, mais il était encore aux prises avec un autre démon supérieur.

Taro para encore un coup, puis un autre. Le démon frappait de plus en plus fort. Et soudain, le Shinas manqua une parade basse et reçut un coup d’épée en plein genou.

Il entendit l’os se briser et sentit aussitôt après une douleur insupportable. Il leva légèrement la jambe et se mit sur la pointe du pied pour ne plus être en appui sur son genou. Abasourdi, il fallit perdre l’équilibre. Le démon en profita pour élever son épée derrière sa tête et abattre un coup encore plus puissant vers le Shinas. Mais avant que la lame ne puisse atteindre Taro, le démon guerrier reçut un grand coup de pied sur le tibia, si fort que sa jambe céda sous lui et qu’il s’écroula de tout son poids sur le sol. Ichigo, qui venait de sauver la vie du Shinas, sauta sur le corps du démon et lui enfonça son zanpakutô dans le cou.

-Et de deux ! s’exclama le rouquin fièrement.

Taro adressa un signe de tête reconnaissant au Shinigami remplaçant, et s’apprêta à parer les coups d’un démon qui déjà, avançait sur lui.


Mizuchi avance sur moi. Ses yeux sont emplis de haine. Ses yeux ont la couleur de la mort. C’est ce qu’il est venu chercher, et rien d’autre. Il n’a pas d’autre issue. Mourir ou me tuer. Me tuer pour devenir le Grand Prêtre.

Mais non. Je ne pourrai pas, et je ne le tuerai pas. Nous trouverons une autre issue. Je dois trouver une autre issue.

Il est là à quelques pas à peine maintenant. Et je sais que je ne peux pas lui parler. Il ne m’entendrait pas. Son bâton se dresse lentement au-dessus de sa tête et s’abat sur moi. Je dois esquvier. Le bout de bois frôle mon épaule.

Je dévisage Mizuchi. Sait-il vraiment ce qu’il fait ? S’il était si sûr de me battre, pourquoi m’a-t-il d’abord proposé un marché ? Pourquoi avoir enlevé Rukia ? Il n’y a qu’une seule explication.

Il a peur de moi. Mizuchi a peur de moi.

Je pourrais faire apparaître mes dagues dans mes mains et me défendre. Le terrasser. Il suffit que j’y pense. Mais je ne veux pas.

Je refuse de me battre.

Mizuchi, pourtant, s’avance vers moi. Son corps semble flotter dans le ciel carmin.

Le bâton de l’être suprême se soulève encore au-dessus de moi. Il s’abat, plus vite cette fois. C’est comme si Mizuchi s’habituait à moi. À mes mouvements. A ma façon de bouger. Je ne dois pas le laisser prendre le contrôle et prévoir mes mouvements. Je dois être maître de moi-même.

Je lève les yeux. La canne semble me tomber dessus mille fois, à l’infini, toujours plus vite. Mais j’esquive ses coups. De justesse encore. La prochaine fois, pourrai-je encore l’éviter ? Peut-être pas.

Si Mizuchi me fait tomber ici, s’en est finit. Et cela, je ne peux pas me le permettre. Pas maintenant. Pas devant les portes de Wapix. Car les Yokai comptent sur moi. Les jeunes Shinas et Shinigami comptent sur moi. Mado, Ichigo, Taro, Wamura...

Ils m’attendent. Ils savent que je compte, moi, sur eux. Je ne peux pas les décevoir.

Je dois me battre, oui, mai pas comme il l’entend.

-Je dois changer. Faire autrement.

-Il y a toujours une troisième voie, Mizuchi.

Il ne répond plus. Il ne m’entend peut-être même pas ! Il se jette sur moi, mais son bâton, cette fois, m’attaque de revers.

Je dois répondre autrement. Ne pas esquiver. Trouver une autre parade.

Trop tard, le bâton me touche en pleine épaule.


Roka s’écroula par terre en hurlant de douleur. Du haut tu tumulus, personne ne pouvait l’entendre. La plaine tout entière était emplie des bruits de la bataille que se livraient Shinas, Shinigamis et démons. Le chaos grandissait à quelques pas de là, et il ne pouvait rien faire. Il avait un autre combat à mener. Chacun avait le sien, et personne de devait perdre.

Ensemble. Nous devons y arriver, ensemble. Pour les Yokai.

Le jeune homme grimaça. Il avait l’épaule brisée, à n’en pas douter. Il se redressa lentement en se tenant le haut du bras, et il essaya de se concentrer.

Soudain, au pied du tumulus, il vit la haute stèle se draper de lumière. Les Yokai, tout autour, s’écartèrent, effarouchés. Le monolithe irradiait avec une intensité grandissante, devenait plus rouge encore que la braise, et quelques Yokai s’apprêtèrent à sortir de l’enceinte de pierres.

Non ! Restez là ! Restez devant les portes de Wapix !

Roka se mit à genoux, la tête haute.

Mado ! Mado ! Empêche-les de partir ! Rassure-les, Mado !

Il attendit, se concentra sur la jeune fille. Empêche-les de partir, et rassure-les !

Alors, comme si elle avait entendu son appel, la petite voleuse de Rowenta tourna la tête vers lui. Debout devant le carré des Yokai, les yeux écarquillés, elle avait l’air terrorisé. Son visage était éclairé par la lumière de la haute stèle.

Elle regarda Roka et haussa les épaules, d’un air impuissant. Le jeune homme lui fit signe de rester près des Yokai. De ne pas les laisser partir. La jeune fille comprit, hocha la tête et essaya, tant bien que mal, de calmer les créatures terrorisées par la lumière. Les bras tendus, elle essayait de les empêcher de quitter l’enclos des portes de Wapix.

A quelques pas du grand carré de pierres, le combat des jeunes Shinas, des Shinigamis et des démons, quant à lui, semblait de plus en plus acharné. De nombreux corps étaient déjà étendus par terre.

Ce n’est pas la troisième voie...

Il se hissa sur la pointe des pieds pour mieux voir dans la plaine. Rassuré, il aperçut Ichigo et Taro qui se battaient, côte à côte. A eux aussi, il devait faire confiance. Il n’avait pas le choix.

Ensemble. Nous devons y arriver, ensemble. Pour les Yokai.

Alors, il tourna la tête un peu plus, vers le bout de la plaine, et il vit l’être suprême. Il approchait, traversant les lignes de pierres en s’appuyant sur son grand bâton. Et il se dirigeait droit vers les Yokai. Vers Yû.

Non, Mizuchi. Je ne peux pas te laisser l’atteindre. Les Yokai ont mérité leur liberté, maintenant. Laissons-les rejoindre Wapix.

L’être suprême continuait de marcher vers le monolithe. Roka ferma les yeux et se laissa tomber par terre.


-Je ne suis pas mort, Mizuchi. Je suis toujours là, et je ne te laisserai pas devenir le Grand Prêtre. Cela ne sert à rien que tu ailles vers les Yokai. Affronte-moi d’abord, puisque c’est moi que tu veux.

Un silence absolu envahit l’atmosphère. Je l’attends. Je l’appelle à moi. Comme il m’attirait jadis. Mais à présent, c’est moi qui veux le voir. C’est moi qui dois le contrôler.

Sa silhouette apparaît soudain.

-La bague, prince Roka. Donne-moi la bague ! Tu n’en comprends même pas le sens !

-Non, Mizuchi. Tu ne seras pas le Grand Prêtre...

-Je le dois, prince Roka. Pour la dernière fois, donne-moi cette bague...

-Non.

Il avance à nouveau sur moi. Je suis à genoux. Je plonge mes mains dans la terre.

Le bâton s’élève au-dessus du visage de Mizuchi. Cette fois-ci, je ne pourrai pas l’esquiver. Pas comme ça.

Le monde de mon âme est le jeu de mon esprit. Je dois comprendre. Pourquoi nous sommes là. Comment nous sommes là. Comment j’ai pu amener Mizuchi moi-même.

Le bâton s’abat lentement sur moi.

Je dois comprendre.

Il y a sûrement une autre voie.

Je vois les yeux de Mizuchi derrière son arme. Je vois le bois qui va me briser le crâne. J’entends les pensées de l’être suprême. Sa haine. Sa peur. Je les ressens. Comme si elles étaient miennes.

Je dois comprendre.

Une troisième voie, Mizuchi. Toujours. Il y a toujours une troisième voie.

Le bâton tombe sur moi comme une dernière sentence. Je ne peux pas l’éviter, mais si je ne l’évite pas, je meurs.

J’entends toujours les pensées de Mizuchi. C’est comme si c’était moi qui abattais cette arme. Comme si j’allais me tuer moi-même. Je suis mon pire ennemi.

Je dois comprendre. Ce que je ressens. Ce que lui ressent. Ensemble. Nous sommes ensemble.

Oui, je comprends. Tout est un, tout est en moi.

Ici, je suis Roka et je suis Mizuchi. Je suis l’esprit qui frappe et l’esprit qui reçoit. Je suis le crâne qui se brise et je suis le bâton qui s’abat. Tu ne peux pas m’utiliser contre moi-même. Nous sommes un.


Taro, ne pouvant presque plus marcher, se mit en garde basse face au guerrier démoniaque. Quand celui-ci arma sa hache par-dessus son épaule, le Shinas comprit que ce n’était pas un démon comme les autres. C’était leur chef et sans doute le plus dangereux d’entre tous. Des runes rouges étaient peintes sur son torse et sur ses bras. Ses muscles étaient plus saillants encore que ceux des autres démons. Et il avait au fond des yeux une certitude inquiétante. La certitude de tuer.

La lumière colorée, étrange, qui semblait venir de la porte de Wapix et qui englobait petit à petit le champ de bataille rendait le démon encore plus terrifiant.

Le démon envoya un puissant coup de hache vers la tête du Shinas. Taro releva son sabre et para du fort de la lame, mais le coup était si violent que le sabre céda et ne fit que dévier la course de la hache. Le tranchant de celle-ci effleura le front de Taro. L’albinos fit un pas en arrière, les yeux écarquillés. Son genou le faisait souffrir atrocement. Il ne pourrait résister longtemps face à un adversaire de cette envergure, de cette force.

Mais il n’eut pas le temps de chercher de l’aide, car le démon marcha vers lui en soulevant à nouveau sa hache, de l’autre côté cette fois, puis il frappa encore. Taro leva sa garde en serrant la poignée plus fermement. Mais le coup, plus puissant encore, ne put être arrêté par l’arme du Shinas, et celui-ci évita de peu de se faire trancher la gorge. Ses poignets lui faisaient mal, tant les chocs étaient brutaux. La force du démon était celle d’un titan. Sa rage décuplée par le sang de ses frères qui, partout, abreuvait la terre de Naharama.

Taro eut à peine le temps de relever son arme que déjà le démon frappait à nouveau. Et encore, et encore. Chaque fois, Taro mettait plus temps à se remettre en garde, en équilibre sur une seule jambe, et ses mains le faisaient de plus en plus souffrir. Le coup suivant fut si fort que Taro lâcha son arme. L’épée s’envola et partit se planter dans la terre, loin sur sa gauche. Le démon fonça sur Taro sans hésiter, la hache prête à lui fracasser le crâne. Mais au dernier instant, alors que Taro se voyait déjà mort, Wamura surgit de derrière le Shinas, s’interposa et para le coup à sa place, le Zanpakutô tendue à l’horizontale au-dessus de la tête.

La lame du Shinigami, toutefois, ne résista pas à la violence du choc et se brisa en deux, si bien que la hache continua sa course et se planta violemment dans la tête de Wamura, dans un bruit sourd et terrifiant.

Le Shinigami de la deuxième division, le crâne fendu en deux, la cervelle écrasée, mourut sur le coup et s’écroula devant Taro comme un pantin.

Taro ferma les yeux, résigné, et se laissa tomber sur le genou qu’il n’avait pas brisé, gardant l’autre jambe fléchie sur le côté. Il n’y avait plus rien à faire. Il était désarmé, et Wamura, de la deuxième division, était tombé.

Quand il rouvrit les yeux, Taro vit sans surprise la hache du chef des démons se dresser à nouveau devant lui.


Mizuchi frappa. La bâton passe à travers moi. Non : il devient moi. Il disparaît des mains de Mizuchi et s’intègre à mon corps dans mon âme. Tu ne peux pas me tuer ici, être suprême. Je suis ton arme. Je suis le bois.

Tu te tais. Je sais reconnaître ton silence, Mizuchi.

L’arbre ou tu vis. Elle est là-bas, n’est-ce pas ? Tu n’as plus besoin de me parler, être suprême. Ici, je suis toi. je sais ce que tu sais. Je vois ce que tu vois. J’entends ce que tu entends.

Ainsi, Rukia est là-bas ? Tu vois, je l’ai trouvée. Parce que je peux lire toutes tes pensées ici. Je suis tes pensées. Tu crois que j’ignore tout de mon pouvoir ? Tu te trompes. Je suis le fils de Sei et d’Hachiro, et je sais ce que je représente.

J’ai compris, être suprême. Compris ce qui te fait peur. Je suis mon âme. Et je peux t’enfermer ici. Te bannir.

Voilà. Tu as perdu, Mizuchi. Non. N’essaie pas de sortir. Tu ne pourras pas. Je suis la porte de mon âme, tu ne pourras plus sortir sans moi.

Ton corps erra, stupide, dans le monde des vivants.

Longtemps.

Aussi longtemps que tu me résisteras.

Tant que tu n’auras pas trouvé la troisième voie, ton esprit restera enfermé dans mon âme.

Tu vois ? Je ne voulais pas te battre, Mizuchi. Je te laisse la vie sauve.

Te tuer, ce serait me tuer aussi.

Médite cela, être suprême : je suis mon pire ennemi.

Médite cela, et pars loin. Voyage jusqu’au fond de mon âme. Fais le tour de mon âme, Mizuchi. Plusieurs fois qu’il le faut. Mais ne reviens pas tant que tu n’auras pas trouvé la troisième voie.


-Prince Roka ! Réveille-toi !

Le prince des Shinas ouvrit lentement les yeux et découvrit le visage de Mado au-dessus de lui.

-Prince Roka, ça va ?

-Oui, je crois. Et les Yokai ?

-Ils... Ils sont en train d’entrer dans le monde de Wapix, prince Roka.

Le prince des Shinas tourna la tête. Oui. Il les voyait. Juste en bas, comme aspirés par la lumière.

-Allons-y ! souffla-t-il.

Le jeune homme se redressa en essayant de ne pas trop bouger son épaule cassée. Il se leva, titubant. Mado lui tendit le bras et le guida vers le bas du tumulus. Roka jeta un rapide coup d’oeil vers la gauche. Le combat n’était pas fini, les jeunes Shinas, les Shinigamis, toutefois, semblaient parvenir à contenir les démons. Et l’être suprême, quant à lui, avait bien disparu. Enfermé dans mon âme.

Mais ce qu’il se passait à droite, au bout des alignements, plus que tout, dépassait l’entendement ! La lumière, au centre du grand carré de pierres, était de plus en plus vive. Elle projetait des rayons rouge et violet tout autour du site et formait de grands cercles mouvants qui semblaient glisser le long de la plaine. Le monolithe s’était soulevé du sol et flottait au-dessus de l’enclos. Et, en contrebas, on distinguait à peine les Yokai, dont les silhouettes étaient comme absorbée par la lueur éclatante.

Les uns après les autres, ils entraient dans la colonne éblouissante en dessous de la stèle et disparaissaient soudainement. Vers ce monde que les hommes ne pouvaient voir. Le monde de Wapix.

Roka et Mado s’avancèrent lentement vers le carré de pierres.


Le corps massif du chef des démons était entouré d’un halo violet. Les deux mains levées au-dessus de la tête, il tenait sa hache fermement, et ses yeux fixaient Taro.

Le Shinas albinos était tétanisé. Le reste du monde semblait avoir disparu autour d’eux ; il ne restait que le buste imposant du démon et la lame étincelante de sa hache, suspendue dans le ciel. C’était comme si tout s’était figé soudain, et que le temps se fût arrêté, offrant à Taro un dernier sursis.

Les images alors se succédèrent dans sa tête. Erèbe. Le prince Roka et la Shinigami Rukia. La Soul Society. Yû. La forêt Céleste. Puis Rewantis. La réception de Roka chez les jeunes Shinas. Tôshirôr Hitsugaya. La nuit de l’enlèvement de Rukia. Et Wamura Piko, qui venait de mourir à ses pieds... Tous ces souvenirs se confondaient, se mélangeaient dans sa tête, se superposaient avec l’image du démon qui allait le tuer.

Un sourire apparut au coin de la bouche de l’être démoniaque.

Le démon inspira un grand coup et abattit sa hache.

Taro ferma les yeux. Il était prêt à mourir. Mourir pour Roka et pour les Yokai.

Il espérait seulement que ceux-ci seraient enfin sauvés.

Qu’il ne serait pas mort en vain.

Puis plus rien.


-Adieux, prince Roka, adieu ! Nous entrons dans les portes de Wapix ! Nous quittons ce monde à jamais ! Merci, prince des Shinas ! 


Roka se laissa tomber sur les genoux, à côté de Mado. Les yeux grands ouverts, il regardait les Yokai entrer dans le grand halo de lumière et disparaître sous le monolithe rayonnant. Ses yeux pleuraient à chaudes larmes et son cœur battait à tout rompre.

Il aurait tellement voulu pouvoir les sauver ici. Leur permettre de rester dans ce monde pour les voir encore toute sa vie. Oui, les sauver tous, vraiment. Ou en sauver un au moins.

En sauver un au moins.

Soudain, il posa la main sur sa poitrine. Et il sourit.

Le Shinas se redressa d’un bond et s’avança jusqu’au bord de la rangée de pierres.


Il y eut un bruit sourd et violent.

Puis un silence absolu. Un silence de mort.

Taro ouvrit lentement un œil, puis l’autre.

Je suis mort. Je suis au royaume des morts.

Il baissa la tête. Le corps du démon était étendu à ses pieds, immobile, le regard vide. Avios, le chef des démons, n’était plus.

Et devant lui, Ichigo, le visage couvert de sang, se tenait immobile, le regard hébété, son zanpakutô à la main.

Non. Je suis vivant.

Le Shinas regarda autour de lui. Les derniers démons avaient fui. Étendus par terre, il vit les corps des deux Shinas du Conseil, ainsi que ceux de nombreux démons et probablement de deux fois plus de jeunes Shinas et de Shinigamis. Une cinquantaine, peut-être, avaient trouvé la mort pour défendre les Yokai. Mais ils avaient réussi.

Les jeunes Shinas et les Shinigamis avaient réussi.

Taro, encore sur le genou, s’avança vers le rouquin et le serra dans ses bras de toutes ses forces.

-Ichigo ! Merci !

-Attention, Taro ! Ne me serre pas trop fort, j’ai des blessures partout ! Là, ici, là, et là.

Taro ne put s’empêcher de rire.

-Merci, Ichigo ! répéta-t-il en se reculant un peu.

-J’ai vu assez de mes amis mourir sous mes yeux. Assez pour toute une vie ! Allons, rejoignons le prince Roka !

Taro se releva péniblement, le genou en charpie, mais il était si heureux d’être vivant, simplement vivant, qu’il n’y prêta même pas attention. Il s’appuya sur l’épaule du Shinigami remplaçant, et ils se mirent en route tous deux vers Roka et Mado, de l’autre côté de la plaine. La lumière étrange qu’ils avaient vue dans le grand carré de pierres s’était éteinte brusquement. Et les Yokai avaient disparu. Du moins, il n’en restait plus un seul au milieu de l’enceinte. La stèle avait repris sa place. Et devant elle, Roka et Mado leur tournait la dos, immobiles.

Ichigo et Taro, en s’approchant, aperçurent alors deux Yoki qui s’éloignaient en trottant vers la forêt. Ils se jetèrent un regard perplexe, puis accélérèrent le pas tant bien que mal.

Le Shinigami remplaçant et le Shinas albinos arrivèrent derrière leurs amis... Quelques jeunes Shinas et Shinigamis suivirent, épuisés.

-Que... Que s’est-il passé ?

Roka se retourna. Il avait les yeux encore embués de larmes, mais il souriait.

-Les Yokai sont entrés dans le monde de Wapix, Ichigo. Nous avons réussi ! Ils sont sauvés !

-Oui, ça, j’ai vu, mais... Ces deux là ?

Roka aussa les épaules.

-Je leur ai donné la plante...

-Pardon ?

-Je les ai sauvés, avec la fleur que Uarahara m’avait offerte.

-Quoi ? Mais, et Rukia ? s’offusqua le Shinigami remplaçant. Je croyais que tu voulais la garder pour Rukia ? Tu m’avais fait promettre !

Roka posa une main chaleureuse sur l’épaule du rouquin.

-Rassure-toi, Ichigo, elle n’en a pas besoin. Je sais où elle est. Nous allons pouvoir aller la chercher. Elle n’a plus rien à craindre, l’être suprême ne peut plus lui faire aucun mal.

-Il est mort ? 

-Non. Disons qu’il est... en sursis.

Ichigo fronça les sourcils. Il n’était pas sûr de comprendre. Mais il commençait à avoir l’habitude.

-Et pourquoi, as-tu donné la fleur à ces deux Yokai, prince Roka ?

Le Shinas se releva et se tourna vers la forêt.

-Je me suis dit que le monde ne pouvait pas vivre sans le souvenir des Yokai... Alors voilà. Nous ne pouvions pas les sauver tous, mais ceux-là au moins.

Roka ferma les yeux, le visage radieux.

-Les Yokai, à jamais, seront là pour nous rappeler que sur cette terre, jadis, vivaient des créatures extraordinaires qu’on appelait les «Yokai».


Je voyage à l’intérieur de moi-même.

Mon âme est encore mystérieuse pour moi. Il y a tant de choses que je dois comprendre. Des souvenirs dont je n’ai même pas conscience.

Je sais qu’il est là, maintenant. Qu’il a peur de moi. Il se cache, se terre, fuit. Mais un jour il trouvera. J’en suis sûr. L’être suprême trouvera la troisième voie. Il comprendra ce que nous devons faire. Et ce jour-là, je comprendrai aussi.

Ensemble. Nous devons y arriver, ensemble.

Je peux redessiner mon âme à chaque fois.

-Prince Roka ?

-Oui.

-Dragons Obscurs !

Zenkichi Yû se trouve devant moi. Ses yeux sont deux lunes de mercure.

-Nous sommes dans le monde de Wapix !

-Oui, Yû. Nous avons réussi.

-Oui. Vous avez réussi. Merci. Mais tu as encore beaucoup à faire, n’est-ce pas ?

-Oui. Et je ne sais pas par où commencer...

-Le plus important, prince Roka, c’est d’abord de comprendre le sens de ce que vous a dit la Grande Prêtresse.

-Comment savez-vous ce qu’elle m’a dit ?

-Je vous ai entendus, prince Roka. Tu es dans ton âme, mais tu ne connais encore mon réel pouvoir.

-Oui, je commence à comprendre, Yû. J’essaie d’ouvrir les yeux.

-Alors, as-tu réfléchi au sens de ce que t’a appris la Grande Prêtresse ?

-Oui. Et je crois que j’ai compris, Yû.

-Tu as compris ?

Il le sait, lui aussi. Il l’a toujours su. Pourquoi ne m’a-t-il pas prévenu ?

-Oui, Yû. Je crois que j’ai compris pourquoi aucun enfant ne naît. Les hommes...

-Oui ?

-Les hommes sont comme les Yokai. N’est-ce pas ?

-Et vous mourez, prince Roka. Vous mourez comme nous. Vous n’avez donc pas fini votre travail, mon prince.

-Je sais.

-Mais nous avons confiance en vous. Alors, allez retrouver la Shinigami et continuez votre œuvre. Vous êtes le futur Grand Prêtre, prince Roka. Bon courage. Nous reviendrons vous voir.




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