Épisode 6 : Blood and snow
Par Juliabakura
Pendant ce temps-là, William, seul, resta avec la survivante trouvée au bord de la plage et essaya d'aider ses amis à trouver la surface. Il avait vu sous ses yeux le sol s'effondrer et ses amis disparaître de la surface. Les carcasses de véhicules s'étaient affalées les unes sur les autres et il avait entendu un dernier cri, celui de Kumiko, avant de disparaître dans le néant. Le sol avait été aspiré à quelques pas de lui et il était encore sous le choc. À côté de lui, Nathanaëlle ne savait plus quoi penser de la situation.
— Vous n'avez pas de chance quand même.
William ne prêta pas plus d'attention et se mit à les appeler.
— Jessica ! Kumiko ! Canigou !
Il regarda autour de lui à la recherche du moindre mouvement, du moindre son. Mais rien. Il faisait aussi attention aux ombres qui sortaient de l'eau, de plus en plus proches. Poussé par l'adrénaline, William s'occupa de Nathanaëlle pour se mettre en sécurité loin de la plage. Une silhouette bougeait dans le tas de détritus, comme si elle semblait être coincée. La brume les rattrapait. Avec l'effondrement, les carcasses ne pouvaient plus servir d'appui pour s'agripper, mais, via la gauche, il pourrait trouver un autre chemin.
Avant de commencer à bouger, William se rappela d'une information que Jensen avait lancée avant de disparaître avec les autres. Il se trouvait dans un endroit où ils étaient déjà allés. En réfléchissant bien, ils avaient même déjà été confinés sur l'île. La responsabilité de la communauté était entre les mains de la faction Alpha. Cette dernière prenait tout en charge : les allées et retours sur le continent, quand il fallait prendre le navire. Ils géraient tout. Au début, il y avait une certaine réticence de certains, en particulier de leur camarade militaire, Jessica, une femme d'action et qui avait rongé son frein quand l'escouade Alpha avait pris les devants et abordé le continent. Mais elle avait fini par prendre faction sur l'île. Tout était parti du fait que l'escouade Alpha leur rapportait tous les faits et gestes. Ils leur avaient offert une confiance aveugle.
William se rappelait que Jensen avait aussi parlé d'une grange. Poussé par l'espoir, ou par un coup de folie, William se mit à hurler :
— Je ne sais pas si vous m'entendez ou si vous êtes encore là, mais essayez de monter sur les hauteurs et de trouver la grange !
William chercha un chemin qui serait plus facile pour accéder aux hauteurs. Il n'avait pas l'habitude des efforts physiques, en plus d'une blessée avec lui qu'il devait soutenir. Il fallait un chemin sûr et facile d'accès. Il trouva un chemin avec des branches pour grimper plus haut, mais la route était compliquée. Tous deux avaient déjà atteint leur limite physique.
Quand tout à coup, ils entendirent aboyer, ainsi que la voix de Jessica de sous la terre, dans un interstice de roche.
— WILL !
— Canigou ! Jessica ! Vous êtes où ? s'écria William.
— On est dans une grotte poreuse ! répondit Jessica, alors que Canigou semblait continuer d'aboyer, comme pour laisser un message qu'ils étaient en bas.
— Ksssa... murmura Kumiko.
— Vous pouvez remonter ? questionna William.
Ils essayaient de grimper, en passant par un chemin exigu pour remonter vers la surface. Jessica avait prévu d'aider Kumiko à monter, au vu de la blessure de cette dernière. La jeune nipponne espérait que la blessure ne serait pas aggravée par une de ses manipulations. Ils utilisèrent leur équipement afin de pouvoir dégager du mieux le chemin. Canigou avait pu leur indiquer le meilleur chemin pour se diriger vers la sortie. Jessica porta Kumiko sur ses épaules. Sans aucun problème, elles se retrouvèrent toutes deux à la surface, avant de remarquer qu'elles avaient oublié un compagnon de voyage. Canigou continuait d'aboyer sous le sol. Dans la panique, l'animal aurait trop creusé et peut être s'était-il enterré au lieu de sortir. Jessica soupira. Elle devrait retourner sous terre pour aller chercher l'animal, une fois qu'elle aurait déposé Kumiko à la surface. Heureusement pour elle, il n'y avait pas de risque de trouver des créatures toutes proches, ou qu'un effondrement se produise à nouveau. Jessica retourna dans les sous-sols, attrapa le canidé sur ses épaules et remonta à la surface au niveau de William, rassuré. Du moins, jusqu'à ce qu'il vit la plaie horrible sur la jambe de Kumiko, qui allait probablement l'empêcher de bouger.
— ENCORE ! s'exclama l'ancien.
— Gomene ! Gomenesai !
Kumiko se confondait en excuses. Si elle avait pu, elle se serait prosternée face contre terre aux pieds de William.
— Je ne suis pas magicien, hein ! bougonna le scientifique.
Une pensée furtive passa dans sa tête, peut-être l'amputation était mieux que de la laisser sur ses deux jambes. Cependant, la question n'était pas la plus importante dans leur situation actuelle.
— Bon, dès qu'on sera dans une situation un peu plus sécurisée, j'essaierai de faire un diagnostic.
— Itaï !! Itaï Sama... pleurnichait Kumiko.
— Will, soupira Jessica. William ! Kumiko s'est blessée, elle s'est déchirée à la jambe vite ! Ramenez la trousse de secours !
— Je l'ai avec moi, répondit l'ancien d'un air las.
William vit au loin les créatures qui avaient rejoint le rivage. Elles n'étaient plus ralenties par l'eau. Heureusement, depuis qu'ils s'étaient regroupés, ils avaient pu s'aider les uns et les autres pour accéder au palier supérieur. William était à bout de souffle, aidant du mieux qu'il le pouvait Nathanaëlle. Kumiko était blessée. En réalité, Jessica était le pilier du groupe en termes d'action physique.
Au plateau supérieur, nos survivants pouvaient, un peu plus au nord, se détacher la brume dans l'horizon. Pas loin, ils y aperçurent un début de maison ou de grange. De la neige s'était accumulée sur les sapins. Kumiko, un peu rêveuse, imaginait que vu du ciel que cela devait ressembler à une rose.
La jeune Japonaise vit que le scientifique se concentrait désormais sur ses blessures. William avait déjà utilisé une partie de sa trousse de secours sur la jambe de Kumiko plus tôt. Mais cette fois, ce n'était pas gagné. Il savait qu'il allait devoir entretenir la jambe pour ne pas que la blessure s'aggrave. Le mollet, la cuisse étaient touchés... Fallait-il l'amputer ? Non, dans un premier temps, il devait recoudre la blessure si cela était possible. Canigou regardait d'un œil distrait la jambe de la Japonaise qui crisait envers lui. Comme si elle avait imaginé que ce dernier voulait l'amputer de son membre blessé.
— TU NE VAS PAS COUPER MA JAMBE ! Si tu continues de me regarder comme ça, je te mange. JE TE MANGE ! hurla-t-elle en japoglais.
Canigou baissa légèrement les yeux, un peu du genre de vouloir dire : « Kumiko, enfin. Franchement. » Le chien laissa la jeune humaine à sa souffrance, se reconcentrant vers les environs comme le fit Jessica. Leur attention fut attirée vers l'est. Ils entendaient juste une petite voix portée.
— Ils bougent... Ils bougent trop vite... ils bougent trop vite ! Venez la, saletés de créatures ! Venez ! Osez venir !
La personne devait hurler, mais elle n'était pas proche, probablement au milieu de la brume un peu plus loin. Le chien et la militaire eurent un bref échange de regard. Les oreilles de Canigou avaient bougé, signe qu'il avait perçu la même chose. L'animal se mit à pointer comme un chien de chasse en direction des cris. Ils devaient décider de s'ils continuaient leur route vers la grange ou pour aller rencontrer cette personne.
— Écoutez, j'ai entendu quelqu'un qui criait à l'est pas très loin. On va faire un crochet par-là, ordonna Jessica. Vous allez nous suivre, je vais aller voir.
Canigou n'attendit pas les ordres et commença à avancer vers la source des cris.
— Il va avoir quand même y avoir un petit souci ! s'exclama William à bout de forces. Je ne peux pas porter et Nathanaëlle et Kumiko.
— Je vais aider Kumiko à se lever. Je vais avancer avec elle. Tu nous suis tranquillement et discrètement.
Alors qu'ils s'orientaient vers les brumes et vers les appels un peu suspects captés par Jessica, Nathanaëlle, d'un seul coup, se réveilla. Elle reprenait conscience de la situation et saisit brusquement William.
— J'ai entendu une voix. J'ai entendu les militaires. J'ai entendu l'escouade parler de créatures qui se déplaçaient beaucoup plus vite. Comme si elles avaient des spasmes que... il faut faire attention. Il faut faire attention. Ils sont revenus une fois, complètement flippé les militaires. Et... Ça me fait penser... Tout à l'heure, quand il y avait Jensen qui disait que le monde avait changé... Ce n'est pas bon, la brume. Ce n'est pas bon. Je refuse de venir avec vous ! Non ! Non ! Il est hors de question que j'aille avec vous dans la brume ! NON !
La jeune femme se débattit pour faire marche arrière.
— Calmez-vous Nathanaëlle, murmura Jessica, inquiète qu'elle attire des zombies.
— NON ! LAISSEZ-MOI !
Malgré son état complètement pitoyable, elle boîta du mieux qu'elle le pouvait pour se mettre à l'abri.
— Je vais me mettre à l'abri, faites ce que vous voulez !
— Justement, on va essayer de chercher un abri, tenta de la raisonner William. Est-ce que l'on peut faire le tour de la brume plutôt ? proposa-t-il.
— Nathanaëlle ! Si vous ne vous calmez pas, je vous enfonce le nez dans votre crâne. Donc, calmez-vous ! ordonna Jessica.
La sueur perla malgré elle sur le front de Nathanaëlle, suite à la négociation qu'avait engagée la militaire pour l'appel au calme.
— Voilà, sourit la militaire.
— Je... je... Je ne veux pas entrer dans la brume. Ne me forcez pas... répéta Nathanaëlle, suppliante.
— J'ai dit que tout le monde reste calme, clama d'une voix calme Jessica. Et on s'en sortira. Nathanaëlle, restez-là. Asseyez-vous sur ce tronc-là et attendez-nous.
— Très bien.
— Kumiko, vous ne voulez pas vous asseoir vous aussi ?
— Ïe ! acquiesça-t-elle avant de s'installer aux côtés de sa camarade de blessure.
En progressant, le flair de Canigou lui permit de détecter quelque chose de pourri dans les environs. Cependant, son instinct lui indiquait un danger qui se déplaçait bien trop rapidement pour n'être qu'un danger comme il en rencontrait habituellement. Il se mit en défensif, apeuré, aboyant pour alerter à Jessica.
— William, reprit Jessica avant de continuer sa route. Vous ne pouvez pas trouver dans votre trousse de secours, comme un antidouleur ou quoi que ce soit qui puisse shooter suffisamment Kumiko pour qu'elle puisse avoir assez de force pour pouvoir marcher, sans avoir besoin de moi ?
La demande était surprenante. L'aîné se mit à répéter, exaspéré :
— Ce n'est pas une trousse de magicien. C'est une trousse de secours !
— Bah, on ne peut pas lui injecter quatre doses de morphine pour qu'elle oublie la douleur ?
— Je ne suis pas convaincu qu'il y ait de la morphine.
William décida de continuer les soins et donner le peu d'antidouleur qu'il avait pendant que Jessica et Canigou continuaient d'inspecter les environs.
Les deux éclaireurs purent voir des silhouettes qui se détachaient de la brume : un zombie, une créature trop lente pour les saisir, bien loin du groupe immonde qui avait envahi le navire. Ils leur suffirent juste de faire quelque pas de côté et de ne pas se faire remarquer. Canigou n'avait pas les mêmes réflexes que les humains. Il préférait aboyer comme à son habitude, davantage pour faire fuir ses ennemis. Il ne pouvait par conséquent pas être discret. Jessica comprenait qu'elle devait de suite sortir son flingue. Elle avait eu envie d'emprunter le sabre de Kumiko, mais la jeune nipponne ne semblait pas être prête à ce genre de sacrifice. Heureusement, Jessica avait une pelle avec elle, trouvée plus tôt. Elle allait se battre à l'occidentale. Jessica essaya tout de même un petit sifflement d'oiseau, comme pour voir s'il y avait d'autres mouvements dans la brume ou un son de retour à son sifflement. Canigou, qui ne comprenait pas la démarche de sa maîtresse, continua d'aboyer sur la créature en face d'eux.
Elle voulut donner un coup dans la tête de la créature, mais la loupa. La pelle s'abattit sur son épaule, pour le déséquilibrer. Elle s'acharna ensuite sur son genou, le chien aboya pour l'encourager. C'était comme une scène de boucherie. Une fois le combat bien entamé, Canigou cessa son appel sonore, fit quelques pas en arrière, en regardant Jessica, qui s'acharnait sur la créature. Elle avait besoin de temps pour la maîtriser complètement. Ils continuèrent par la suite leur route en entendant les cris plus distinctement.
— Allez viens là, viens là ! Ose t'approcher !
Jessica et Canigou, dissimulés dans la brume, virent une clairière qui se dessinait devant eux. Là, un homme, un autre survivant qu'ils pouvaient reconnaître était trempé jusqu'aux os, du sang plus ou moins pourri autour de lui qui avait déjà imbibé le sol. Il était armé d'une sorte de faux et regardait autour de lui. Il avait aussi du sang sur lui. Jessica n'arrivait pas à distinguer s'il était blessé ou pas. Canigou était totalement en panique. Il y a quelque chose autour qui bougeait très vite.
Jessica vit le changement d'attitude du canidé. Son instinct de militaire entraînée lui permit de percevoir le danger qui allait bondir à leur passage. Elle pouvait ignorer ainsi l'embuscade que la créature allait provoquer. À peine le bout du nez de la créature s'approcha, que la militaire usa du tranchant de sa pelle. Elle était fière de ne pas user de son arme et de garder ses munitions.
L'alchimie entre les intuitions de Canigou et l'entraînement poussif de Jessica leur permirent d'apercevoir une silhouette mortifère, une créature telle qu'ils n'en avaient jamais croisé jusqu'à maintenant, pourrie des pieds jusqu'à la tête, à la différence qu'elle avançait à une vitesse affolante. Elle n'avait jamais vu ça. La créature semblait avancer grâce à des spasmes musculaires, comme si elle avait des choses toxiques dans le corps. Elle avançait extrêmement vite vers le flanc du survivant qui ne l'avait pas remarqué.
Jessica n'avait plus de choix. Elle devait user de son pistolet. Canigou se mit à aboyer pour essayer de le prévenir.
— Quoi ? dit-il avant de voir une balle de pistolet être tirée non loin de lui, avant de se planter dans le corps de la créature.
La créature s'effondra tout en continuant de spasmer, avant de disparaître entre les feuillages. Jessica savait qu'elle ne l'avait pas fini. La balle n'avait pas traversé la tête, car elle n'avait pas eu le temps de viser. Elle avait tiré par réflexe. Mais elle lui avait surement bloqué la course. Le survivant se retourna vers Jessica.
— Vous êtes ... Je vous ai déjà vu ! Je vous ai déjà vu ! C'était quoi ça ? C'était quoi ? Il y en a plusieurs !
— Écoutez-moi ! Fermez là, ramenez-vous ! ordonna toujours poliment Jessica.
— Ok... O... Ok ! répondit le survivant sans émettre le moindre commentaire.
Canigou avait son instinct qui lui indiquait que quelque chose bougeait à nouveau. Il savait qu'ils allaient au-devant du danger. Il hésitait entre montrer la direction à ses maîtres ou se défendre. Mais l'animal avait confiance en eux. Jessica aperçut l'attitude de l'animal. Elle se mit à reculer pour essayer d'être face à la créature et prête à tirer sur sa tête cette fois. Dans sa course folle engendrée par des spasmes musculaires, la cervelle de la créature explosa. Canigou avait pointé la bonne direction.
Ils rebroussèrent le chemin avec ce survivant complètement en panique qui regardait ses sauveteurs. Jessica resta à l'affut des instincts de l'animal afin de les guider dans la brume et d'éviter les nouveaux dangers.
Pendant ce temps, William était sentinelle avec les deux autres. Il était le seul à être valide. Même si Kumiko était entrainée, elle ne pouvait rien faire avec sa jambe blessée. Quand tout à coup, alors que ses deux autres s'étaient éloignés, il entendit un tir d'arme à feu. William chercha au loin une silhouette, une forme qui pouvait permettre de savoir s'il y avait une trace de vie. Hélas, la brume était épaisse au possible. Opaque. Il ne voyait personne. Il entendit un aboiement, un gémissement, puis un deuxième coup de feu.
— JESSICA ! CANIGOU ! QU'EST-CE QUI VOUS ARRIVE ? hurla le scientifique, inquiet.
Kumiko dégaina légèrement son épée, en attendant quelque chose. Les deux détonations lui faisaient craindre le pire. Elle savait que la première n'avait pas suffi. William se mit devant les autres et essaya de percevoir quelque chose dans la brume, tout en voulant protéger de son corps ses autres camarades. Il entendit des échos parvenir, mais ne pouvait les identifier correctement, ni d'où ils venaient.
— On va attendre un peu. Et s'ils ne reviennent pas, va falloir qu'on bouge, murmura William.
— Je vous l'avais dit. Je vous l'avais dit ! répéta Nathanaëlle.
— Chut. Iko neru, murmura la Japonaise en sortant le sabre, prête à l'action en position stable, sur sa jambe qui n'était pas blessée.
Jessica déboula de la brume avec le survivant et Canigou, qui fermait la marche. La militaire n'était pas en panique, toujours en vigilance de son environnement. Elle vit avec l'aide de Canigou, un zombie qui était proche de Kumiko. La jeune fille était tellement concentrée sur les soins qu'on lui avait prodigués qu'elle n'avait pas vu cette dernière arriver. Mais Jessica avait tous ses sens en éveil. Elle pointa son flingue en direction du zombie en lâchant un :
— Kumiko !
Alertée par le danger, elle se prépara doucement, stable (du moins demi-stable, car il fallait qu'elle s'appuie sur la jambe non douloureuse), elle se prépara à une attaque tel un swing de golf. Elle finit par fendre le crâne de la créature en deux. Devant les yeux abasourdis du nouveau survivant qui vit l'action. Kumiko aurait voulu rester silencieuse. Mais les réflexes avaient la peau dure. Elle émit un léger cri en même temps que son coup qui put s'entendre à des mètres de là.
— Écoutez ! Je ne sais pas qui vous êtes, mais on cherche une grange. Est-ce que vous savez où elle est ? demanda Jessica au nouveau venu.
— J'en ai vu une par... Par là ! dit-il en montrant vers le nord. Je n'ai pas osé approcher, parce que j'ai entendu d'autres créatures s'approchaient, d'autres marcheurs. Du coup, je... J'ai un peu fouillé dans l'endroit. J'ai trouvé cette arme. Et au... Au début je me suis défendu contre certaines d'entre elles. Mais il y en a qui se sont déplacées tellement vite. Je ne sais pas à quoi c'est dû. Qu'est-ce qui s'est passé entre temps ? Bordel ! C'est... Oh... Ils ne sont pas tous comme ça, dites-moi ?
— C'est quoi votre nom ? interrogea la militaire.
— Adrian.
— Adrian. Adrian, aidez Nathanaëlle à marcher.
William observa le nouveau venu et s'aperçut qu'il était lui aussi blessé. Mais ce n'était pas le type d'une blessure sur un caillou. Il vit une morsure sur le côté. L'homme essayait de la dissimuler bien comme il le faut. Très nerveux, il resserra son arme comme s'il s'apprêtait à se défendre lui aussi contre d'autres. En l'occurrence, leur groupe. Il s'approche de Nathanaëlle. William était le seul à remarquer cela, car son attention n'était portée uniquement que sur ce survivant. Adrian prit Nathanaël, voulant le décharger d'un poids, avant que le scientifique ne change de position face à son observation.
— Non, non. Laissez, on peut avoir besoin de vous et de votre arme ! Je vais continuer d'aider Nathanaël. En plus, je suis un peu médecin. Donc, si elle a besoin d'aide, ce sera mieux. Donc, protégez-nous, et voilà.
— Ok, murmura Adrian.
— Jessica ! Vous pouvez voir quelque chose un instant, s'il vous plaît ! continua William.
— Oui j'arrive, enchaîna Jessica, consciente du changement d'attitude de William.
Kumiko essaya de discuter avec Adrian, tandis que William et Jessica continuèrent leur discussion en marchant vers la grange. Canigou étant en tête de file, suivi de Kumiko et Adrian, William, Nathanaël et Jessica fermant la marche. Alors qu'ils se dirigeaient vers la grange providentielle, pointée par Jensen, probablement leur salut, William dit à Jessica :
— Ça s'est bien passé là-bas ? Tout s'est bien passé ? J'ai entendu un coup de feu.
Puis, à voix plus basse, le scientifique murmura :
— Le gars, il s'est fait mordre. Le gars, il s'est fait mordre !