Le lendemain matin, Caitlyn prit grand soin pour se préparer. Elle s’habillait toujours bien, mais elle faisait beaucoup plus d’effort lorsqu’elle avait un rencard. Un rencard ? C’était ça, non ? Elle sortit de la douche et se regarda dans le miroir. Il lui semblait avoir grossi. Bizarre, elle avait pourtant fait attention. Elle se pesa et son visage se déforma légèrement. Cinq cent grammes. Cinq cent grammes. Ce n’était rien pour les autres, mais beaucoup trop pour elle. Alors oui, elle avait grossi. Elle évitera de manger pour aujourd’hui, sauf si Vi l’amenait au resto. Cela lui donna un reflux d’acide dans la bouche à cette idée, mais elle se reprit bien vite. Elle alla donc s’habiller.
Vi était devant trois tenues exposées sur son lit. Laquelle choisir, entre la classe, la décontracté et la rock? C’était un cruel dilemme. Même si Cait ne voulait que du cul, elle avait envie de se faire belle et… Se mettre en valeur tout simplement. Jinx qui passait devant la porte, avait vu sa grande sœur.
— Te prends pas la tête ! Reste décontract’, ton t-shirt noir avec ton baggy feront l’affaire. Les deux autres tenues seront pour les prochaines fois.
Vi pouffa d’une façon légèrement triste.
— S’il y en a d'autres…
— T’es sérieuse là ? Tu crois vraiment que Cait’ est comme ça ?
— J’la connais pas et toi non plus alors ne t’avance pas.
— Ok juste… Lui fais pas de mal, soupira Jinx.
— Qui en fera la première à l’autre, souffla Vi.
— Oh et puis merde !
Jinx alla s’enfermer dans sa chambre pour mettre de la musique à fond. Comparé à sa sœur, en réalité, elle en savait bien plus sur Cait. Elle avait eu un cours constitué de plusieurs pauses et pendant celle-ci elles avaient eu le temps de parler. Mais l’heure du rendez arriva bien vite et tout comme Vi, Caitlyn arriva pile à l’heure au café. Ne sachant comment la saluer, la bleue offrit un grand sourire à Vi ainsi qu’un geste de main avant de s’installer. À peine assises le serveur arriva.
— Salut Mathieu ! Un demi kiwi pour moi et toi, Vi ?
— Euh… Une bière !
— C’est comme si c’était fait !, sourit le serveur en partant.
— Tu viens souvent là ?, demanda Vi.
— Ouais, souvent après les cours des filles. Iris et Mel sont mes deux meilleures amies. Elles sont danseuses classiques.
— Oh… Pourquoi t’es pas avec elle ? Tu préfères le piano ?
— J’ai appris à aimer, répondit amèrement Caitlyn.
Vi haussa un sourcil et Cait bloqua.
— Comment ça ?
— J’ai fait de la danse classique, mais juste avant une compétition je me suis blessée.
Vi se gifla intérieurement et regarda la canne de l’autre jeune femme.
— Oui. C’est pour ça la canne.
Vi secoua la tête rapidement.
— Pa.. Pardon !
— C’est rien.
Les verres arrivèrent au bon moment et elles trinquèrent comme si de rien ne c’était passé. Elles parlèrent longuement jusqu’à finir leurs verres.
— Tu veux qu’on aille manger un truc ?
— Personnellement j’ai pas faim, j’ai déjà mangé, dit-elle légèrement dégoûtée.
Mensonge. Et ça, Vi le remarqua, mais elle ne pouvait rien dire ou faire quoi que ce soit.
— Alors allons-y ?
Cait sourit et se leva en posant l’argent sur la table. Elles partirent ensuite en direction d’un fast food bien connu de Piltover et se posèrent dans un parc pour que Vi mange tranquillement et pour qu’elles parlent plus posément. Lorsque Vi avala un morceau de son sandwich, Cait se décida à lui poser encore quelques questions.
— Je sais que tu es en branche de breakdance. Tu comptes faire quoi après tes études ? T’as quand même pas mal de muscles tu pourrais faire de la boxe.
Vi serra les dents. Elle s’était battue durant des années en étant adolescente, mais elle essayait d’oublier cette partie de sa vie, bien qu’on lui rappelait souvent à Zaun. Mais Cait étant une Piltie, Vi préféra taire cette partie de sa vie… Peut être une… Prochaine fois?
— Je voudrais être breakdanceuse pro, alors me faut aussi de la force dans les bras !
Elle sourit et montra ses biceps.
— Joli hein !
Cait ricana doucement.
— Très !
Le repas se finit et elles sortirent du parc.
— Tu veux faire quelque chose en particulier ? demanda Vi.
— On pourrait aller chez moi ?
Et voilà.
— Ouais sans problème !
Elle en sourit et elles commencèrent donc à aller à l’appartement de Cait. Un grand appartement où trônait un piano à queue en plein milieu du salon. Il y avait aussi quelques bibliothèques et un coin bar. Vi ouvrit grand les yeux devant cet appartement qui semblait faire deux fois le sien.
— Wow. J’avais oublié que t’étais une Piltie…
Cait se crispa.
— Ça veut dire quoi ça ?
Vi se frotta la nuque.
— Désolée ! C’est juste que c’est super grand chez toi.
— Tu veux un truc à boire ? demanda Cait, laissant passer ce que venait de dire Vi.
— J’veux bien. T’as quoi ?
— J’ai du whisky si tu veux.
— Je croyais que t’aimais pas, s’étonna Vi.
— Je fais souvent la fête.
Dit-elle en ricanant, ce qui eut le don de faire rire Vi aussi. Elle servit donc deux verres: un de whisky et un d’absinthe à 75°. Plus la soirée passait, plus les verres s’enchainaient, pourtant, elles ne parlèrent pas de choses sérieuses comme l’anorexie ou la blessure encore vive de l’arrêt de la danse de Cait. Elles ne parlèrent pas non plus des combats dans les arènes de Vi lorsqu’elle avait cru mourir à cause de la mort de son premier amour. Non, les vraies histoires restaient au placard. Pour un temps ? Pour toujours ? Vi pensait clairement qu’avec Cait il n’y avait pas d’issue autre que le coup d'un soir. Cait pensait pareil. Elle avait parlé à Iris et Mel de la réputation qu’avait Vi envers les filles. D’après ses meilleures amies, Vi ne voulait aucun sérieux et enchaînait les coups d’un soir. Et ça Caitlyn y repensa, ce qui lui fit perdre le fil de la conversation.
— Cait ?
— Euh ouais ?
— Tu pensais à quoi ? questionna Vi.
— Je… À rien !
Vi fronça les sourcils et voyant la tête de la rouge, Cait écarquilla les yeux. Si elle enchaînait les coups d’un soir c’est qu’elle en était un elle aussi.
— Embrasse-moi !
— Hein ?
— Embrasse-moi ! J’ai envie de toi. T’es là pour ça non ?
Cait en avait l’habitude elle aussi, c’est pour cela qu’elle avait chuchoté sa dernière phrase. Phrase qui ne sembla pas être entendue par Vi qui l’embrassa passionnément. Comme toujours. Plus les baisers s’enchaînaient, plus le désir s’embrasait. L’air était devenu brûlant lorsqu’elles arrivèrent dans la chambre en se déshabillant mutuellement. La jeune femme porta la bleue jusquau lit et prit ses aises en allongeant Cait sur le lit, l’ayant trouvé assez légère d’ailleurs. Embrassant et mordant à présent son cou, elle alla ensuite lécher ses clavicules pour descendre sur son sein gauche, mordillant son tétons durci par le plaisir. Sa main droite, elle, alla empoigner l’autre sein de Cait qui gémit sous le coup du plaisir. Vi aimant entendre ce genre de bruit continua, relâchant le sein de la bleue pour descendre sa main au niveau de l’entre jambe de Cait. Posant sa main par-dessus le sous-vêtement qui lui restait, elle le touchait légèrement avant de passer sa main en dessous et mettant son majeur sur son pubis pour le titiller. Cait gémit un peu plus fort et Vi arrêta ce qu’elle faisait plus haut pour voler un baiser à son amante.
— Ça va Cait ?
— Hm… Ouais !
Vi lui mordilla la mâchoire tandis que sa main s’activait au niveau de l’intimité de l’autre jeune femme. Une fois qu’elle fut bien mouillée, la rousse approcha sa bouche de son oreille.
— J’ai faim…, murmura-t-elle en lui mordillant le lobe.
— Alors… Mange moi…
Vi eut un petit sourire en coin, descendant le long de son corps en le parsemant de baisers. Elle est mince. Arrivée à son antre, elle se lécha les lèvres, caressant ses cuisses puis déposant un baiser sur sa fleur. Cait soupira de bien être, écartant un peu plus les jambes. Vi prit ça pour une invitation, et à juste titre étant donné que l’autre se tendit dès lors qu’elle passa un coup de langue délicat sur son clitoris. Et plus la jeune femme gémissait plus Vi prenait du plaisir à lui en donner. Il était vrai que la rouge avait une certaine expérience suite à ses nombreuses aventures, mais celle qu’elle n’oubliera jamais… Celle qui n’était pas réellement une aventure… elle ne pourrait plus jamais retrouver quelqu’un qui lui arriverait à la cheville. Cependant ce n’était pas sa défunte petite amie qu’elle avait sous la langue et qui était proche de l’orgasme. Alors elle se démena un peu plus, reprenant ses esprits. Lorsque Cait craqua en se cambrant dangereusement, Vi sut qu’elle devait arrêter, lui donnant quelques derniers coups de langue légers avant de remonter au niveau du visage de son amante qui haletait. Après que Cait ait repris son souffle, Vi la regarda.
— Ça va Cupcake ?
— Ou… Ouais… Cupcake ?
— Ouais, dis Vi en se léchant les lèvres, t’es douce.. Comme un Cupcake.
Cait ricana.
— Clope ?
— Clope. ET whisky.
Caitlyn pouffa et se leva difficilement, Vi l’attrapa par la hanche pour la soutenir.
— Merci, t’es vachement douée !
— Merci, merci. Et toi t’as de sacrés vocalises.
— Shhhhhhhhhhhhhh !
Une fois arrivées au salon elles se servirent deux verres puis s’allumèrent une cigarette chacune. Le silence se fit dans la pièce, mais pas un silence pesant, non. Juste un silence paisible. Lorsqu’elles eurent fini elles allèrent se coucher, l’une contre l’autre.
Aux premiers rayons du soleil. Vi ouvrit les yeux et tourna la tête vers Caitlyn, encore endormie. Son cœur se serra. Pendant quelques secondes, elle envisagea de rester. Puis elle repoussa les couvertures avec précaution pour ne pas réveiller la belle. Partir lui semblait difficile, mais rester encore plus, sachant qu’elle n’était qu’un plan d’un soir. Sans un bruit, elle se rhabilla, voyant dans un placard ouvert des chaussons de danse accrochés à un porte manteau avec une tenue. Vestige d’un passé détruit du peu qu’elle en avait entendu parler. Elle aurait voulu mieux connaître Cait, mais… Non. Elle sortit de la chambre avec un soupir et un dernier regard avant de quitter l'appartement. Derrière elle, la porte se referma doucement avec les souvenirs d’une soirée magnifique. Quelques heures plus tard, Caitlyn se retourna pour prendre Vi dans ses bras, mais elle se rendit compte que son amante avait disparu. Évidemment. Elle soupira et alla se faire un cappuccino, assise sur le tabouret de sa cuisine, le coude sur le comptoir regardant son portable. Devait-elle lui envoyer un sms ? NON ! Hors de question !
— Toi et Mel aviez raison… Elle voulait que du cul. Elle a quitté mon appartement sans me réveiller…
— Putain la salope ! Je viens te voir de suite, je préviens Mel. On t’apporte à manger ?
— Non.
— Cait… Faut que tu manges !
La jeune femme réfléchit et finit par répondre à contre coeur.
— Ok.
Du côté de Vi, elle était rentrée assez tôt le matin. Ce qu’elle ne savait pas c’est que Jinx l’attendait, et de pied ferme. Dans la cuisine on pouvait sentir l’odeur du café fraîchement moulu et chaud. Sans mauvais jeux de mots, Vi savait que ça puait pour elle. En passant devant la cuisine, mains dans les poches et capuche sur la tête, elle se fit stopper par une voix ferme.
— Où tu vas comme ça ? J’ai fait du café.
— Pas envie, j’vais dormir.
— Non, non, tu as envie et besoin d’un café.
Hé merde ! se disait-elle intérieurement. Ça allait chauffer pour elle. Jinx avait toujours été un support pour elle, protectrice malgré sa petite taille et butée tout comme elle. Et quand Jinx avait décidé de mettre les choses au clair avec sa sœur, bien que parfois elle n’y arrivait pas.. Là ça allait être très facile de plier pour Vi. Elle tapota la chaise à côté d’elle avec un sourire, un sourire sévère.
— Viens.
Elle servit deux mugs de café, brûlant.
— C’est chaud… Fais attention.
Elle inclina la tête sur le côté toujours en souriant. Vi s’assit, prête à se faire incendier.
— Bon.. Tu veux m’engueuler ? Fais le, mais j’ai vraiment pas envie que tu parles pendant des heures et encore moins que tu hurles.
— Pardon ? ! s’offusqua Jinx.
— Fais vite c’est tout.
— J’suis pas n’importe qui Vi ! J’suis ta ptite sœur ! Et tant que je veux te parler tu m'écoutes.
Vi baissa les yeux, regardant son café. Elle n’osait pas regarder Jinx, elle savait qu’elle était fautive… Fautive ?
— J’suis autant fautive qu’elle si tu veux tout savoir ! Elle m’a demandé de l’embrasser en première !
— Allé ça va jouer à qui a fait ça en premier ? !
— Mais c’est vrai putain !
Cette fois, elle avait relevé le visage.
— Vi ! T’as pas vu comment elle te regardait à la soirée ? ! T’es si aveugle que ça depuis la mort d’Alice ?
Elle serra les poings.
— Je t’interdis de parler d’elle, ok !
C’est à ce moment-là que Vander débarqua dans la cuisine, visiblement de mauvais poil. Son expression était tendue par la nervosité.
— C’est pourquoi cette engueulade encore ! ?
— Vi a couché avec ma prof de piano ! Un coup d’un soir alors que cette fille veut du sérieux !
— Vi… Tu ne changeras donc jamais ?
— Putain, mais ! C’est elle qui fait le premier pas, Jinx me parle d’Alice et je devrais pas m’énerver ? ! J’me casse !