Dans quelques heures, la nuit allait laisser sa place au jour.
Haki n'avait pas vraiment dormit, son corps restant à l'écoute du moindre chagement dans la pièce voisine.
Elle n'avait pas besoin d'un miroir pour deviner les cernes qui commençait à teinter son visage. Qu'importe... ce n'était pas la première fois.
Le bruissement de draps agités la fit se lever.
Cela faisait plus de 3 heures qu'elle s'etait occupée de Vi, et la boisson apaisante avait terminée de promulguer ses effets.
En revenant dans la pièce, Caithlyn dormait à poing fermés. Beaucoup de choses à digérer pour une Pilto de bonne famille, pensa t-elle.
Même les plaintes du lit pourtant proche, n'arrivaient pas à l'extirper de son sommeil.
Vi haletait, sa respiration rapide et les crispations sur son visage laissaient deviner l'inconfort dans lequel elle se trouvait.
La fièvre s'amplifiait et Haki se doutait bien que la blessure fraîchement refermée prenait largement sa place dans le feu qui mettait le corps de la rouge à rude épreuve.
Attrapant le linge humide, elle entreprit de réveiller Vi, en humidifiant d'abord son front, sa mâchoire, son cou et les parties visibles de son décolleté. Tout en faisant cela, elle lâcha quelques mots pour la ramener à la conscience.
***************************************************************************************************************************************************************************
Ses idées n'arrivaient pas à s'organiser dans sa tête. Elle sentait son corps se tendre, tout en étant incapable de le contrôler. Cette chaleur interne irradiant son corps avec un point culminant brûlant son côté droit. Les palpitations de son cœur resonnaient dans sa tête, lui interdisant de trouver le repos. Pourtant qu'est ce qu' elle aurait aimé, se sentir apaiser et se plonger dans les bras de Morphée. Elle était épuisée et maudissait cette douleur inatteignable.
Puis soudain, un soupçon de fraîcheur parcouru sa peau.
Subtilement mais bien là, le flux du sang frais coula du haut vers le bas de son visage, libérant même sa poitrine de cette vague oppressante de chaleur.
"... lles - toi "
Quelqu'un parlait, lui parlait. Mais il lui était très confus de savoir qui, et ce qu'il voulait.
"VI ! Ecou.. moi... ou... l... yeux "
Le contact froid qui allait et venait, la ramenait petit à petit. Elle distinguait de plus en plus les mots, et entendit clairement les suivants.
" Vi, Réveilles toi ! Regarde moi ! "
Sa réaction ne fût pas immédiate, mais elle réussit à ouvrir les yeux.
Tout était flou... elle remerciait cependant la faiblesse de la lumière qui permit ce passage de l'ombre à la conscience moins brutal.
Sa vue s'ajustait peu à peu, elle n'était plus sur cette table de soin, mais sur un lit qu'elle jugea assez confortable comparé à ceux qu'elle avait pu connaitre auparavant, pensa t-elle.
" ho, pas trop dur d'émerger ?
Elle inclina la tête, cherchant de vue cette voie familière, qu'elle trouva à son côté, un linge à la main.
Se cambrant légèrement, elle chercha à se relever par reflexe. Plus facile à dire qu'à faire, ses muscles endoloris peinaient à répondre. Et lorsqu'elle parvint à se redresser, son côté droit lui rappela beaucoup trop franchement les dernières heures.
Elle serra les dents, et essaya de calmer sa respiration face à cette protestation.
" Sinon rester allongée, c'était bien aussi "
" Oui, c'est ce que j'étais entrain de me dire " avoua t-elle, entre 2 inspirations. La douleur s'apaisait quelques peu.
" Mais je note l'effort " répondit la médecin d'un ton détaché. Blague à part, elle était heureuse de voir que la jeune femme avait encore de l'énergie à revendre.
Elle avait préparé un verre d'eau, que l'autre descendit à une vitesse éclair.
L'eau fraîche lui sembla tellement salvateur, finissant de calmer la fièvre, qui depuis son réveil reculait doucement.
Un frisson parcouru son dos.
" Ton haut est trempé, je vais aller t'en chercher un autre. Je vais t'aider à enlever celui la".
Vi n'avait jusqu'à présent pas remarquer, mais en effet la fièvre avait fait réagir son corps au point d'en humidier complètement le cache cœur.
Elle réussit tant bien que mal à le retirer, et sa peau moite frissonna de nouveau au contact de l'air.
Avant même de l'avoir pensé, Haki lui présenta de quoi s'éponger, l'aidant tout de même pour sécher son dos, de base difficilement atteignable mais avec le pansement et les sutures tirant sa peau cela devenait mission impossible.
En retirant la transpiration, Vi eu l'impression d'enlever un peu le poids que son corps portait depuis le début de cette interminable nuit.
Voulant passer le nouveau haut que la médecin lui avait amené, ne lui laissant pas le temps de l'aider, elle mobilisa son bras un peu haut et le regretta amèrement. La tension sur les chaires engendra une explosion de douleur qu'elle ne pu dissimuler, ravalant un cri mais serrant les dents et se recroquevillant sur elle même le corps parcouru de légers spasmes.
La médecin regarda son amie, laissant le malaise passé, avant d'inviter le corps crispé à se rallonger.
Vi sentit des mains se poser sur elle, l'une sur son dos, l'autre sur le pansement. Elle se laissa faire face à la pression douce qui l'amenait contre la surface du matelas. La plaie ainsi soutenue, lui évita une étincelle cinglante lors du changement de position.
" Je vais te remettre du baume, ça calmera le feu de la blessure".
Tout en parlant elle avait commencer à décoller le pansement, mettant à jour la future cicatrice.
Vi ne voulait pas bouger, elle était bien dans cette position et basculant sa tête sur le côté, elle remarqua enfin que le lit d'à côté était occupé.
Caith... elle semblait si paisible entrain de dormir, que cela lui apporta un nouveau souffle d'apaisement.
" Elle s'inquiétait beaucoup pour toi, Ekko a dut la plaquer au sol pour l'empêcher d'entrer "
Vi sourit, imaginant la scène, mais fût touchée par la volonté de ce petit cupcake d'ordinaire si doux.
Aussi délicatement que possible, Haki effleurait les bords de la plaie, ce qui par reflexe fit frissonner le corps de Vi. L'air s'embaumait d'une odeur de plante, qui relâcha son corps, petit à petit la sensation de brulure s'engourdissait. Sans lâcher la brune des yeux et sans s'en rendre compte, vi partit dans un sommeil qui cette fois semblait profond et réparateur.
Elle refit le pansement à la hâte, de toute façon il faudrait recommencer dans quelques heures.
La voyant bien plus apaisée, elle même se décida à aller s'allonger, même si les lumières du matin arriveraient bien trop vite...