11 octobre, 20h40
Cabinet d'avocats Wright & Co.
Phoenix déglutit difficilement sous les baisers de Miles, son sexe déjà en érection dans ses vêtements. Inutile de poser la question, il saisissait déjà l'existence de cette tension entre eux depuis un long moment et il était temps de la laisser exploser.
— Miles... dit Phoenix en frippant ses vêtements. S'il te plaît, avant que je ne perde patience...
Son ton se voulait ferme mais aussi excité. Teinté d'une impatience qui lui était rare, Phoenix était vulnérable sous le poids de l'homme qui l'embrassait à pleine bouche. Miles n'hésita pas une seconde. Il se leva d'un bond, sa cravate déjà dénouée, après leur lutte amoureuse. Leurs regards se croisèrent tandis qu'ils commençaient à se déshabiller, jetant son veston rouge plus loin au sol. Ses doigts glissèrent lentement jusqu'au premier bouton de son gilet noir, sans jamais quitter l'homme des yeux. D'abord un, puis un deuxième, les boutons s'ouvrirent et le tissu bruissa contre la chemise blanche. Impatient, l'avocat se redressa sur ses coudes et retira son veston bleu. Lorsque ce fut fait, Miles lui mit les mains contre les épaules et le poussa de nouveau contre le bureau. Dans un halètement aigu, Phoenix s'agrippa aux poignets du procureur. L'homme au-dessus l'observa d'un regard sombre débordant d'envie.
Comme il avait attendu ce moment. Voir Phoenix sous lui, les joues en feu, en manque de souffle, excité... Tout ça que pour lui. Lui-même manquait de patience. Il jeta sa bouche contre la sienne, cherchant désespéremment sa langue pour un tango sensuel. Dans l'excitation du moment, les avocats cherchaient leur air mais boire l'autre leur semblait plus vital. Intoxiqués de l'odeur de l'autre, ils ne voulaient pas rompre leurs lèvres. Ils voulaient encore plus. Plus de Miles. Plus de Phoenix.
Le procureur s'attarda finalement à la chemise de Phoenix, lui arrachant les boutons à grande vitesse. Phoenix donna un coup de bassin vers le haut, en quête de friction et Miles fléchit légèrement au contact en échappant un grognement. Le grognement le plus sensuel qu'ait entendu Phoenix de toute sa vie. Voyant l'effet que le geste lui avait procuré, il répéta la mouvement et les gémissements de Miles se firent plus bruyants.
— Ah, Wright...
Son nom résonnait comme la plus douce mélodie à ses oreilles, au point où Phoenix se sentit fondre sous les doigts de l'homme, comme du beurre au soleil. Miles tira fougueusement Phoenix vers lui et entrouvrit sa chemise, révélant la musculature de son torse. Miles huma à la vision, comme s'il contemplait la huitième merveille du monde. Une merveille dont il était le seul à pouvoir observer en personne. Il effleura la peau du ventre du bout des doigts et ce geste arracha un frisson à Phoenix qui sentit une décharge électrique lui parcourir le corps. Miles retira les boutons de sa propre chemise et l'entrouvrit, exposant son torse large et sculpté sous la douce lueur de la lune qui filtrait au-travers des rideaux. C'était plus fort que lui, Phoenix déposa ses mains contre sa taille et sa bouche se remplit d'eau. Il résistait mais désirait passer sa langue sur toute la surface de son corps sans manquer le moindre centimètre. Les doigts de Phoenix massèrent les muscles, effleurant la ceinture du pantalon de l'homme devant lui.
— Je veux te voir, souffla-t-il.
Miles laissa échapper un petit rire grave et sombre.
— Alors, déshabille-moi.
Phoenix n'hésita pas. Il réduisit la distance qui les séparait, adoptant une position assise sur le bureau. Ses mains se dirigèrent vers la ceinture de Miles avec plus d'assurance. Le cliquetis métallique de la boucle résonna dans le bureau silencieux, le grincement de la fermeture éclair encore plus fort. L'homme respira plus vite, l'attente devenait insupportable. Phoenix observa la forme de l'érection. Le tissu du sous-vêtements était mouillé par le liquide pré-éjaculatoire. L'avocat se mordit les lèvres, alors que ses pouces s'emparèrent de l'élastique du dernier obstacle. Lorsque Phoenix libéra le sexe de Miles, il était épais, dur, et la vue de sa verge fit saliver Phoenix à un niveau qu'il ignorait. Il l'enveloppa de sa main et Miles frémit encore plus au toucher. Ses jambes le menacèrent de le lâcher, il se sentait mou comme un caramel sous cette prise divine. Phoenix appuya son pouce sur la tête du sexe, le massant doucement, pendant que le liquide enveloppait de plus en plus sa main.
— Wr-Wright !
Surstimulé, l'homme pencha son corps vers l'avant, ses mains appuyées sur le bois du bureau pour le supporter. Son front se déposa contre l'épaule de Phoenix et il respira dans le creux de son cou, humidifiant la zone juste avec son air. Phoenix se mit à le masturber lentement de haut en bas.
De haut. Et en bas.
Miles gémit, fiévreux de cette sensation délicieuse. Son corps ne put s'empêcher de pousser vers l'avant, frottant contre la main de l'homme pour profiter de la totalité des sensations. À son tour, Miles mit ses mains contre la ceinture de l'avocat pour lui débarasser de cette dernière.
— Ah... Edgeworth...
Prisonnier de sa prison de tissu, Miles ne perdit pas de temps et libéra son sexe chaud et trempé. Avec sa main, il copia les gestes de Phoenix qui bascula sa tête vers l'arrière en crachant tout l'air de ses poumons.
— Oh God, Miles ! Je meurs, c'est certain !
Le procureur rit légèrement au commentaire. Il continua de masturber Phoenix en cherchant son regard mais tout ce qu'il trouva était le cou exposé de l'homme. D'un geste féral, il jeta sa bouche à son cou, lui arrachant un cri de plaisir. Il mordit la peau sensible, lui laissant une douce marque de dents. Miles lui traça une rivière de baisers de long de son cou, de sa clavicule puis de son torse. De sa main libre, il pinça un mamelon avant le lècher. Il accéléra la cadence de sa main, au même moment, et la respiration de Phoenix s'accentua.
— Fuck, fuck, Miles !
Sans le quitter des yeux, le procureur descendit lentement, continuant d'embrasser chaque milimètre de la peau brûlante de l'avocat. Curieux, Phoenix l'observa et se sentit ramolir à la vue. Miles qui descendait sensuellement avec toute la patience du monde était une vue étourdissante pour Phoenix. La position causa Phoenix à rompre le contact et Miles entrouvrit la bouche, laissant l'air chaud de sa bouche envelopper le gland. Il déposa ses lèvres, puis ouvrit sa bouche. Les jambes de Phoenix tremblèrent à la nouvelle sensation. Miles étira sa bouche et enroba la verge entre ses lèvres. Doucement, il descendit, le pénis de Phoenix se contracta et glissa le long de sa langue. Son goût était enivrant : musqué, salé, viril à l'état pur. Miles creusa ses joues, aspirant avec force tout en travaillant la verge de Phoenix avec sa langue, ses lèvres, sa gorge. Les hanches de Phoenix se soulevèrent d'un coup et ne put s'empêcher de prendre les cheveux gris dans ses mains.
— God, Miles, grogna-t-il, la voix rauque de désir. Tu vas me faire jouir trop vite si tu continues comme ça.
Miles se retira avec un bruit mouillé, lui souriant.
— Tu te plains ?
Miles le tira à son niveau. Le fessier de Phoenix glissa sur le meublre et les deux hommes se retrouvèrent maintenant à genoux au sol. Leurs bouches s'écrasèrent l'une contre l'autre dans un baiser brutal. Leurs langues s'entremêlèrent, leurs dents s'entrechoquèrent, leurs souffles se mélangèrent. Le dos de Phoenix heurta le bureau avec un bruit sourd, le corps de Miles le plaquant contre ce dernier, son sexe frottant contre la cuisse de Phoenix.
— J'ai besoin de toi, grogna Miles contre les lèvres de Phoenix. Maintenant.
Phoenix ne protesta pas. Il écarta les jambes, son propre sexe suintant tandis que Miles se positionnait pour le reprendre dans sa bouche de nouveau. Les hanches de Phoenix se projeta en avant, le remplissant d'un seul mouvement brusque. Phoenix poussa un cri, ses doigts serrant les cheveux de l'homme, tandis que Miles imposait un rythme effréné, chaque va-et-vient le prenant plus profondément, plus fort.
— Ah... tu es si bon, gémit Phoenix, son souffle chaud. Si parfait. Tout à moi.
Phoenix gémit, sa main se refermant plus fort dans les cheveux argentés, le caressant au rythme des mouvements de Miles. La pièce s'emplissait de leurs respirations haletantes et des bruits mouillés. Les coups de reins de l'avocat devenaient erratiques, demandant plus, le raprochant de l'extase. Excité, Miles se prit en main et se masturba, tout en complétant sa fellation. La vue érotique sous les yeux de Phoenix le fit chavirer encore plus. Miles retira sa bouche, le temps de lui prononcer une demande.
— Viens pour moi, Wright, ordonna Miles d'une voix rauque. Je veux te faire perdre le contrôle.
Phoenix n'eut pas besoin de se le faire dire deux fois. Un cri lui échappa, et il jouit violemment, son sexe palpitant tandis que des jets de sperme coulaient dans la bouche de l'homme. Cette sensation fit basculer Miles dans l'extase, son propre orgasme le submergeant tandis qu'il s'alignait vers Phoenix, son sexe frémissant au moment où il se vidait sur lui. Le procureur avala le liquide, grimaçant légèrement au passage mais la situation l'excitait beaucoup plus que le dégoûtait. Il retira sa bouche et un filament de salive se rompit.
Essoufflés, ils s'effondrèrent chacun au sol, la poitrine haletante, le corps luisant de sueur.
— Huff-huff...
— Huff...
Le silence de la pièce n’était brisé que par leurs respirations irrégulières. À moitié nus, ils étaient assis l’un en face de l’autre. Phoenix et Miles reprenaient leur souffle, encore étourdis par ce qui venait de se passer sur le sol qui avait servi de lit pour leurs ébats amoureux. Miles, ayant repris son souffle, se lècha le coin des lèvres pour avaler ce que Phoenix lui avait laissé au visage. D'une main, il essuya le sperme de sur ses joues pour ne pas qu'il sèche et de l'autre il la passa sur son front pour retirer la sueur. D'un coup, une vague d'inquiétude s'empara de son être violemment. Il pensa à sa relation avec Phoenix qui venait de toucher un point de non retour. Intérieurement, la panique l'enveloppa. Phoenix n'était pas n'importe qui, après tout. Il était un collègue de travail, en quelque sorte. Un avocat. Ils se croisaient régulièrement au tribunal et maintenant... Maintenant, quoi ? Qu'allaient être les conséquences de leurs impulsions ?
Phoenix leva les yeux vers Miles. Ce dernier, un peu en retrait mais proche, était décidé à rompre le silence.
— Wright... murmura Miles, la voix presque étranglée.
Miles se rapprocha. Il agrippa la cravate de Phoenix et le tira vers lui. Surpris, ce dernier rapprocha sa tête de son nouvel amant qui le regardait profondément dans les yeux. D'une voix sèche et imposante, il lui dit :
— Si tu parles de ça à qui que ce soit, je te le ferai payer par la viciocité d'un Von Karma. Est-ce clair ?
Sans mots, Phoenix écarquilla les yeux. Il y a quelques minutes à peine, son interlocuteur lui faisait plaisir avec sa bouche jusqu'à éjaculation. Maintenant, il le menaçait. Pour détendre l'atmosphère devenue soudainement lourde, Phoenix fit apparaître un sourire en coin avant de lui répondre :
— Tu n'es pas un Von Karma, Edgeworth.
Il fronça les sourcils et tira encore plus la cravate pour le soumettre. Phoenix mit ses mains à son cou pour ne pas mourir par asphyxie. Le procureur le lâcha après un bref moment et Phoenix se mit à tousser.
— J'ai été élevé par un. Du moins, une partie de ma vie.
— Je blaguais, Edgeworth, dit-il en se grattant derrière la tête.
Miles l'observa un instant. Son sourire niais et innoncent lui réchauffait le coeur. Il tourna sa tête pour cacher le sien mais l'avocat l'avait remarqué. Il avait bien vu ses lèvres s'étirer légèrement sur son visage. Il se leva et ferma son pantalon bleu. Miles leva son regard vers lui. Il voyait son torse luisant de son propre liquide. Phoenix lui tendit la main et il la prit pour se relever. Il ferma aussi son pantalon et l'avocat aux cheveux en pointes déposa sa main gauche dans le bas du dos de son rival qui sursauta au contact.
— Wright... il tourna le regard.
— Il est trop tard, Edgeworth… répondit Phoenix calmement. On ne peut plus le nier.
Leurs regards se croisèrent, chargés de tout ce qu’ils avaient toujours tu : rivalité, admiration, et maintenant quelque chose de plus. Phoenix approcha sa main libre et effleura doucement la joue brûlante de son rival, tout en déplaçant l'une des mèches de cheveux grises pour mieux voir son visage. Miles détourna légèrement le regard, les doigts serrant ses bras qu'il venait de croiser, comme pour retenir ce qu’il ressentait. Cette tension palpable. Silence. Miles gardait le silence. Phoenix voyait bien qu'il était perturbé par ce qu'il venait de se passer et il le comprenait. C'était tout de même une révélation langoureuse et choquante à la fois pour les deux. Miles devait penser rapidement à une solution. Comment ne pas mettre leur profession en danger. Comment conserver l'amitié parfaite qu'ils avaient. D'un coup, le procureur retira délicatement la main que Phoenix avait déposée sur sa joue. Il recula légèrement pour que l'autre main ne soit plus en contact avec son corps. Le regard vers le bas, il lui dit :
— Demain… dit-il enfin. Demain, on prouvera que Maya est innocente, et… tout redeviendra normal. Nos vies reprendront leur cours normal.
— Normal… répéta Phoenix avec une pointe de déception dans sa voix.
Phoenix garda son sérieux avec les sourcils froncés. Miles attacha les boutons de sa chemise et attrapa son veston rouge pour fouiller dans l'une des poches. Il y sortit un cadeaux et il se retourna vers le bureau où travaillait d'habitude Phoenix. Il déposa l'objet d'un emballage à l'effigie du Samourai Rouge. Un personnage d'une série bien fétiche aux deux hommes.
— J'étais venu simplement te porter ce cadeau, fit remarquer Miles, mais les choses ont dérapées.
Il baissa le regard de nouveau et recroisa les bras en les serrant avec ses mains.
— On n'est pas obligés de rester dans déni éternellement ! lui cria Phoenix.
L'homme leva son regard, surpris du ton de voix de son amant qui ne s'énervait jamais.
— Miles, je-
— Ne dis rien ! lui coupa-t-il la parole. Ne... dis pas ce que tu allais dire...
Phoenix se tut à sa demande.
— Ce n'est pas réciproque, dit-il sèchement.
Phoenix n'était pas dupe. Il avait toutes les preuves qui démontraient que cette attirance et ce désir n'étaient pas que physique. Et puis, Miles lui avait avoué. Il ne prit même pas la peine de prendre son magatama, il savait que c'était un mensonge. Malgré cette réflexion, cette phrase directe lui faisait quand même mal à la poitrine. D'un air confiant, il s'avança vers Miles avec un sourire.
— Je vais attendre… murmura-t-il, sûr de lui.
Phoenix prit la main gauche de Miles et la monta au niveau de ses lèvres. Il y déposa un baiser doux, réconfortant. Un baiser qui fit s'énerver les papillons coincés dans une cage dans le ventre de Miles. Ils n'attendaient qu'une chose : qu'on leur ouvre la porte pour s'envoler. Miles retint ses larmes en laissant échapper un petit rire nerveux. Il secoua la tête, il connaissait bien Phoenix après toutes ces années. Il savait bien comment il était têtu.
Les émotions étaient encore là, mais pour la première fois depuis longtemps, ils pouvaient juste se regarder et accepter ce lien qu’ils ne pouvaient plus nier. Lentement et doucement.
— Wright... Bon anniversaire.
Ils échangèrent un regard chargé d’une intensité brûlante, où la passion se devinait sans détour. Le silence s’alourdit, tandis que Phoenix inclinait légèrement la tête. Du bout des doigts, il effleura à nouveau la joue de Miles. Celui-ci vacilla sous le contact, ses traits se crispant. Son front vint se poser contre l’épaule de Phoenix qui sentit aussitôt tout son corps trembler contre le sien.
— … Qu’est-ce qu’on va faire ? souffla-t-il enfin, la voix à peine audible.
Avec une infinie douceur, Phoenix lui caressa le dos, geste lent et rassurant.
— Je te promets que tout se passera bien, Miles.
Puis, délicatement, il déposa un baiser près de son oreille et le serra dans ses bras. Miles répondit à l’étreinte, s’accrochant à lui, et ils restèrent ainsi, enlacés.