14 octobre, 1h14
Résidence Edgeworth
La nuit enveloppait la chambre, éclairée seulement par la lumière douce d’une lampe posée sur la table de chevet. Un éclairage jaunâtre qui laissait place à une ambiance intime. La pièce respirait l'élégance et le soin méticuleux. Contre un mur, une grand bibliothèque remplie de livres dont le procureur en connaissait le contenu par cœur. Sur un autre, une grande toile illustrant un paysage, plus précisément un champ de tournesols, d'un artiste inconnu à l'avocat de la défense. Une fragrance subtile de cuir et de bois flottait dans l'air, une odeur qui n'étonnait pas Phoenix. Son amant avait toujours bien pris soin de son hygiène, il en était donc de soi que les lieux reflétaient ses habitudes personnelles.
Enfoncé contre les draps impeccables, le brun était torse nu et son regard se perdait dans celui de Miles. Sa chevelure en bataille lui donnait un air sauvage et masculin. Au-dessus de lui, Miles, aussi torse nu, immobile le temps de prendre conscience de la situation. Ils portaient encore leur pantalon, leur ceinture et leurs chaussettes. Les vestons, les chemises et les cravates, quant à eux, étaient tombés au pied du lit. L'air était chargé d'une tension électrisante. Le procureur tenait fermement les poignets de Phoenix de chaque côté de sa tête. Causée par sa nervosité, sa respiration était rapide et les deux hommes s'observaient en silence. Les franges de Miles tombaient de chaque côté de son visage et il avala sa salive. Il avait envie de dévorer celui couché dans son lit. L'homme dont il tenait les poignets. Il avait envie de céder à cette tension sexuelle et de lui faire plaisir comme les deux autres fois. Vibrant de cette tension, il baissa son regard aux lèvres de son ami. Il avait envie de les tracer avec sa langue et de les goûter. Phoenix ressentit le poids de son regard et lui aussi désirait aller plus loin.
— Miles...
Son regard monta à ses grands yeux foncés. La façon dont Phoenix le regardait l'excitait énormément. Son regard le séduisait et était chargé de désir. D'un coup lent de bassin, Phoenix vint faire collision entre les deux sexes toujours enfermés dans leurs vêtements. À cette sensation, Miles trembla légèrement. Leurs membres se trouvaient dans une prison de tissu et n'attendaient que la liberté de s'aimer. Un deuxième coup de bassin et Miles flanchit. Il se laissa légèrement tomber contre Phoenix et leurs torses se frôlèrent. Le contact était léger mais il ne suffisait que de ça pour qu'un grand frisson parcoure leurs corps. Le visage contre sa clavicule, le procureur mordilla gentiment l'un des pectoraux de Phoenix qui grogna à la sensation. Il leva ensuite sa tête pour retrouver le regard de l'avocat. Doucement, il tira sa langue et s'approcha du cou de son amant. Il lècha lentement la zone. Le brun tira sa tête vers l'arrière pour mieux exposer son cou. Miles lècha la pomme d'Adam et s'attarda là où Phoenix frémit le plus. Il continua son chemin jusqu'à sa mâchoire carrée. Sa langue se glissa vers le menton puis les lèvres. Il mit une douce pression contre ces dernières pour s'y infiltrer. Phoenix entrouvit la bouche et la langue de son amant s'invita à l'intérieur. Ils mélangèrent salive et saveur dans ce baiser langoureux. Entre deux souffles, des vocalisations sensuelles qui amplifiaient leurs désirs déjà élevés. Ils prenaient le temps de se découvrir. Ils exploraient la bouche de chacun, comme s'ils s'étudiaient mutuellement. Ils tentaient de mémoriser chaque sensation et chaque réaction de l'autre. Les mèches grises chatouillèrent les joues de l'avocat qui prenait plaisir à respirer l'odeur de son shampoing. Après ce long baiser, le procureur recula son visage pour créer un espace entre les deux. Un mince filament de salive reliait encore leurs bouches.
— Phoenix... Pourquoi est-ce que ça arrive encore ?
Le brun lui fit un sourire narquois et se redressa, se libérant enfin de l'emprise de son amant. Il entoura le corps de Miles qui était assis sur lui. Il déposa son menton contre son torse et l'observa.
— Parce qu'on en a visiblement envie, Miles...
Miles déposa ses mains contre les épaules carrées de Phoenix. Ce dernier déposa un baiser sur son torse et prit une grande respiration avec son nez, avant de le regarder avec envie.
— J'adore ton odeur...
Gêné par ce commentaire, le procureur serra ses doigts contre les épaules jusqu'à en laisser l'empreinte de ses ongles.
— Mais... il y a quelque chose d'autre que j'adore chez toi...
Il prononça cette phrase en aggripant le pantalon rouge de Miles. Pouce contre la ceinture, deux doigts pénétrèrent légèrement les vêtements pour toucher le poil pubien. Le procureur se raidit à ce contact.
— Supplie-moi, Miles, murmura-t-il.
Il serra les dents, embarrassé par cette phrase. Malgré l'environnement sérein, il n'arrivait pas à contrôler ses pensées agitées. Miles se sentait hypnotisé par les caresses et les mots de Phoenix.
— Supplie-moi. Montre-moi que tu le veux vraiment.
Phoenix plongea sa main dans le pantalon de l'avocat qui étouffa un cri entre ses dents. La grande main de Phoenix toucha la verge excitée du perfectionniste. Il lui était difficile de résister.
— Je veux t'entendre.
De son autre main, il aggripa le fessier de Miles, sentant toute sa tension sous ses doigts. Le procureur tenta de garder le contrôle mais en vain. Il en avait trop envie.
— Supplie-moi.
— Ph-Phoenix...
Les deux hommes débordaient de désir et leurs corps bouillonnaient de chaleur. Ils ne demandaient qu'à fusionner et à s'aimer. Chacun voulait briser la barrière de l'autre.
4 octobre, 10h10
Tribunal fédéral
Salle d'audience n° 2
La salle d'audience plongeait dans un silence. Phoenix et Miles, debout côte à côte, suivaient attentivement les mouvements de la procureure Franziska von Karma. C'était à son tour de prendre la parole pour faire sa déclaration à la cour. Elle s'avança, fouet en mains, et tira sur la corde d'un geste sec, tout en expliquant le raisonnement derrière l'enquête de la police.
— La victime, monsieur Otto Luck, expliqua-t-elle d'une voix tranchante, est un journaliste venu rédiger un article sur les pratiques spirituelles du village de Kurain. Après avoir rédigé un article défavorable concernant l'accusée, cette dernière lui aurait donné rendez-vous pendant la nuit pour se venger. Suite à l'autopsie effectuée sur le corps, il a été révélé que monsieur Luck a été assassiné par une arme tranchante ayant perforé son coeur entre 1h et 3h du matin. Seules les empreintes de l'accusée ont été retrouvées sur l'arme. À côté du corps, une lettre rédigée par l'accusée à tonalité agressive et son collier. Voilà ma déduction parfaite de mon enquête parfaite.
Elle termina sa phrase en s'inclinant, tel un geste de noblesse. Phoenix sentait la sueur perler sur son front, tandis que Miles gardait les bras croisés.
— Très bien, merci pour votre déclaration Mme von Karma, dit le juge. La cour accepte ces preuves. Maintenant, si vous voulez bien inviter le premier témoin à prendre la parole.
— Avec plaisir, Votre Honneur.
Pendant que le témoin s’avançait, un huissier tendit à Phoenix une copie de l’autopsie. Il la parcourut rapidement, tandis que Miles jetait un coup d'œil par-dessus son épaule.
Un homme à la carrure imposante s'avança à la barre. C'était le détective Gumshoe. Par son expression faciale, Phoenix et son nouvel assisstant pouvaient en déduire qu'il n'était pas heureux de témoigner contre Maya.
— Vos nom et profession, demanda Franziska.
— Je suis vraiment désolée, mon gars...
Un coup de fouet fendit l'air en direction du détective qui sursauta.
— Ah ! s'écria le détective.
La procureure tena son fouet à deux mains et lança un regard glacial au détective.
— Nom et profession. Maintenant.
— D-Dick Gumshoe ! Inspecteur de police.
— Expliquez à la cour le raisonnement derrière l'enquête, inspecteur, ordonna-t-elle.
— Oui, madame...
Avec un soupir résigné, il prit la parole.
— La victime est un journaliste dont le corps a été retrouvé tôt ce matin par une femme de ménage, vers 6h. À côté de lui, un couteau couvert de sang.
— Hold it! s’exclama Phoenix. Ce sang… à qui appartient-il ?
— Les tests en laboratoire confirment qu’il s’agit de celui de la victime.
— Hmph. Phoenix Wright, commença Franziska d’un ton énervé, crois-tu vraiment que je n’ai pas vérifié ça ?
L'avocat s'affaissa à la remarque. De nouvelles gouttes de sueur coulaient sur son visage.
— E-Eh bien...
— Wright, murmura Miles, garde ton sang-froid.
— Qu’est-ce que je disais ? reprit l’inspecteur. Ah oui… Les empreintes de l’accusée sont les seules retrouvées sur l’arme du crime.
— Hold it! Est-ce vraiment l’arme du crime ?
Le détective soupira à la question car il savait que la réponse n'allait pas être dans le sens de Maya.
— La plaie et la lame correspondent parfaitement...
(Il ne fait donc aucun doute qu'il s'agit vraiment de l'arme du crime.) pensa Phoenix en appuyant ses doigts contre son menton. L'inspecteur continua son témoignage.
— Le collier de l’accusée a été retrouvé à côté du corps, ainsi qu’une lettre, écrite par elle, en possession de la victime.
— Hold it! Cette lettre, a-t-elle vraiment été écrite par ma cliente ?
— Euh… oui… je crois ?
Un nouveau coup de fouet fit sursauter le témoin.
— Il n’y a aucun doute que la lettre a été écrite par l’accusée, rétorqua Franziska.
Phoenix frappa le bureau des deux mains.
— Une analyse graphologique a-t-elle été effectuée ?
Franziska, silencieuse, jouait nerveusement avec son fouet.
— … Non, finit-elle par avouer.
— Votre Honneur ! s’écria Phoenix en pointant le doigt. Nous demandons qu’un test soit réalisé immédiatement !
— Bien joué, Wright, murmura Miles.
Phoenix lui adressa un bref sourire. Franziska, de l’autre côté, serrait les dents et le fouet, visiblement irritée.
— Très bien, Phoenix Wright. L'accusation ne voit pas d'inconvénient à ce qu'un test soit fait. Après tout, je tiens à une victoire parfaite.
Il hocha la tête en signe de remerciement et se tourna vers son assistant improvisé. Miles, lui, observait sa sœur.
— Voilà l’ouverture dont nous avions besoin, dit Phoenix.
— Hmph. Ce n’est que le début, répondit Miles.
— La cour sera suspendue 15 minutes, le temps de l’analyse graphologique.
Le juge frappa son maillet contre le bureau.
4 octobre, 10h55
Tribunal fédéral
Salle des accusés n° 2
Dans la pièce, les deux avocats et Maya attendaient le signal pour retourner dans la salle d'audience.
— Bien vu pour la lettre, Nick ! Je ne l’ai jamais écrite ! s’exclama Maya.
— Je n’en doute pas, Maya. Le ton est beaucoup trop agressif pour être toi.
— Alors pourquoi quelqu’un aurait-il écrit ça en se faisant passer pour moi ?
Maya fixa le plafond, pensive. Phoenix connaissait trop bien ce sentiment : quelqu’un tentait de lui faire porter le blâme. Mais il devait découvrir qui et pourquoi.
— Wright.
Il se tourna vers son ami.
— Si Maya n’a pas écrit cette lettre, le test jouera en notre faveur. Cela nous permettra d’étendre l’enquête pour découvrir le vrai coupable.
Phoenix hocha la tête, toujours pensif.
— L’audience va reprendre, annonça un huissier.
Les trois retournèrent à l'intérieur.
4 octobre, 11h10
Tribunal fédéral
Salle d'audience n° 2
Les deux avocats prirent place au bureau, prêts à continuer. Le juge frappa son maillet et prit la parole.
— Nous avons les résultats de l'analyse. Il en a été déterminé que l'écriture n'est pas celle de l'accusée Maya Fey.
(OK, je m'y attendais. L'ouverture dont j'avais de besoin.) Du côté de l’accusation, Franziska serrait les manches en gardant les yeux fermés. Ce résultat venait de ternir son enquête parfaite.
— Votre Honneur, commença Phoenix, puisque la lettre n’a pas été écrite par ma cliente, il est probable qu’une autre personne, le véritable meurtrier, ait tenté de faire porter le blâme à Mme Maya Fey.
Le juge hocha la tête en approbation.
— La défense a raison : nous ne pouvons pas écarter cette possibilité.
Franziska ouvrit soudainement les yeux et fixa les deux hommes d'un air déterminé.
— Je concède qu’une autre personne a pu intervenir dans ce meurtre. Cependant, j’appellerai un second témoin pour poursuivre l’accusation contre Mme Fey.
(Il va falloir plus qu’une lettre falsifiée pour convaincre Franziska. Je dois trouver des contradictions dans ce prochain témoignage.)
— Wright.
— Hm ? demanda-t-il à Miles.
— N’oublie pas que notre objectif est de prolonger l’enquête. Ne cherche pas à trouver le coupable tout de suite.
Phoenix acquiesça. (Il a raison. Pour l’instant, il faut juste écarter l’idée que Maya est coupable. Ensuite, on s’occupera du reste.)